Qu’est-ce que l’ « effacement » des consommations électriques ? Bienfaits et limites d’un dispositif controversé

A l’heure de la transition énergétique et de l’augmentation de la facture d’électricité, les vertus économiques et écologiques de l’effacement électrique font de plus en plus consensus. Déjà connu des industriels, les nouvelles législations encore en élaboration devraient populariser cet outil auprès du grand public. Pour le plus grand bonheur des fournisseurs d’énergie, des opérateurs d’effacement ou des consommateurs ?

L'effacement electrique

Pourquoi l’effacement électrique ?

L’effacement électrique repose sur un principe très simple : en cas d’augmentation imprévue des besoins en électricité, le gestionnaire du réseau électrique (RTE en France) peut réduire la consommation de certains sites industriels ou de logements volontaires grâce à un pilotage externe de leur « compteur électrique communiquant » plutôt que d’augmenter l’offre de production.

C’est ainsi, dans le cas d’une augmentation soudaine des besoins énergétiques, un substitut optimal à l’installation de nouveaux moyens de production et une réponse à la difficulté de stocker l’électricité. En effet, l’électricité ne se stocke pas, ce qui signifie qu’en cas de surconsommation inhabituelle, les fournisseurs sont obligés d’augmenter l’offre en temps réel afin d’éviter le fameux black-out électrique, que connaissent régulièrement la Bretagne et la Région PACA, et qui pourrait devenir un problème plus récurrent en Europe selon les gestionnaires de réseau électriques européens.

Pic de consommationLa crainte du black-out n’est cependant que le revers médiatique d’enjeux plus larges. Un pic de consommation nécessite en effet de produire l’électricité supplémentaire par les centrales d’appoint à la disposition des fournisseurs, le nucléaire et l’hydraulique, principale source de l’électricité en France ne produisant pas en quantité suffisante ou n’étant pas adaptées aux fluctuations de consommation. Or, les kilowattheures produits par les centrales d’appoint sont aussi les plus chères et les plus énergivores : premièrement, sont enclenchées les centrales à charbon et à gaz, puis viennent les centrales à fioul au kWh très calorique en hydrocarbures et donc en émission de gaz à effet de serre. Double sentence pour l’environnement et pour le consommateur qui verra sa facture augmenter a posteriori contre le double avantage de l’effacement qui agit tant sur la sobriété énergétique en réduisant la consommation que sur l’efficacité énergétique en évitant la consommation d’énergies carbonées.

Un autre avantage de l’effacement est qu’il permettra de piloter les futures intermittences liées la montée en puissance des énergies renouvelables dans le mix énergétique français (objectifs de 23% d’ici 2020). Raison de plus, c’est justement en période de pointe hivernale, plus promptes aux pics de consommation, que les énergies solaires et éoliennes ont le plus mauvais rendement.

Des industriels aux consommateurs

Malgré ses avantages, l’effacement électrique reste aujourd’hui encore peu connu du grand public car il s’est initialement ouvert aux seuls sites industriels dont le gisement d’effacement à court-terme est beaucoup plus important. C’est d’autant plus facile pour RTE car les gros sites sont directement connectés au réseau de transport alors que les logements sont couramment connectés au réseau de distribution (géré par ErDF).

Or, les 2GWH d’électricité consommée en période de pointe qui s’ajoutent chaque année ont poussé le législateur à ouvrir l’effacement aux particuliers dans le cadre de la loi « Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité » (« NOME ») de 2010 qui assigne à RTE d’assurer l’équilibre en temps réel de la production et de créer un marché de capacité d’effacement diffus aux consommations résidentielles. A ce jour, seule la société Voltalis a été certifiée comme acteur d’ajustement diffus. Le dispositif est simple : l’opérateur (Voltalis) installe au domicile du ménage un boîtier annexe au compteur gratuitement qui se connecte exclusivement au chauffage électrique et au système d’eau chaude et sanitaire (ECS) du logement. Voltalis peut dès lors couper le chauffage et le système d’ECS à tout moment grâce au pilotage externe du nouveau boitier. Le ménage fait des économies d’énergie, le fournisseur (EDF) évite d’enclencher les centrales d’appoint et RTE rémunère d’une prime l’opérateur pour l’électricité effacée. Tout le monde devrait en théorie y trouver son compte.

Ce développement de l’effacement électrique n’est d’ailleurs sûrement pas étranger à l’avis de l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) publié le 8 octobre 2012 qui, en s’appuyant sur l’étude qu’elle a menée conjointement avec le CSTB et la société Voltalis, soutient que l’effacement de 20 minutes par heure de consommation du chauffage électrique en période hivernale peut réduire jusqu’à 13.2% de la consommation électrique d’un ménage ! Le chauffage représentant en moyenne de 68% de la consommation d’énergie, les gains rapportés à la consommation journalière totale s’élèvent à entre 6.8 et 8.3% d’économies d’énergie.

Ces résultats sont en réalité discutables : les sociétés coupent le chauffage beaucoup plus rarement que 20 minutes par heure pour ne pas altérer le confort du ménage. Certains énergéticiens pointent également le problème de l’ « effet report » : le ménage a tendance à pousser à la hausse son chauffage pour récupérer la chaleur perdue liée à la coupure du courant. Voltalis soutient que cet effet report est plus faible que les gains d’économies d’énergie. Par ailleurs, les mises en route et en veille répétées d’un système électrique peuvent-elles engendrer des surconsommations et altérer la durabilité des équipements effacés ? Il semblerait que la relative fréquence de l’effacement n’altère pas les systèmes et Voltalis assure n’effacer que des équipements pour lesquels il n’y a aucun risque de dégradation. Le manque de retour d’expérience et d’études d’impact précises font encore défaut pour répondre clairement à ces interrogations.

Un dispositif en construction législative et réglementaire

La généralisation du compteur communicant Linky pourrait également changer la donne et encourager indirectement le principe de l’effacement. Annoncé par le Premier Ministre le 10 juillet dernier, le boîtier qui devait initialement servir la seule modernisation du réseau s’est vu assigner une fonction de comptage et d’information en temps réel à destination du consommateur grâce à un affichage déporté. De quoi mieux se rendre compte de ses gaspillages pendants ses absences ou dans certaines pièces de la maison chauffées inutilement et de quoi encourager une consommation électrique plus vertueuse.

François Brottes, Président de la Commission des Affaires Economiques à l'Assemblée Nationale et le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault

Les parlementaires se sont aussi emparé du sujet et font avancer le dispositif. La loi Brottes récemment adoptée le 14 avril 2013 a avancé de nouvelles orientations sur le mode opérationnel et le mode de rémunération de l’effacement des fournisseurs, opérateurs et consommateurs. Les décrets d’application ne sont pas sortis et il faudra encore attendre la consultation du Conseil Supérieur de l’Energie. La loi prévoit ainsi que RTE rémunère toujours l’opérateur pour lui avoir évité un pic de consommation mais deux nouveautés :  L’opérateur versera une prime au fournisseur pour compenser l’énergie non consommée qu’il a injecté sur le réseau et le consommateur versera également une nouvelle prime à l’opérateur par le biais de la « Contribution au Service Public de l’Electricité ». Ce qui ne plaît pas à tout le monde : « Je crains que le consommateur se voie reprendre d’une main, via la CSPE, les bénéfices réalisés en faisant l’effort d’effacer ses consommations » s’insurge Françoise Thiébault, représentante des consommateurs au Conseil Supérieur de l’Energie qui compte bien avoir son mot à dire lors de la consultation du conseil sur les décrets d’application de la loi Brottes fin 2013. Ce à quoi répond François Brottes : « C’est tout à fait normal de rémunérer les opérateurs d’effacement pour les externalités positives qu’ils produisent pour l’environnement. Il existe bien des tarifs de rachat pour les énergies renouvelables, or, selon moi, l’énergie la plus renouvelable est celle que l’on ne consomme pas ».

Malgré les controverses, les vertus de l’effacement semblent accréditées par tous sur le principe. Plus qu’une option, cet outil deviendra, selon ses pourfendeurs, de plus en plus indispensable pour lisser l’augmentation de la demande énergétique, gérer les intermittences des énergies renouvelables et rendre optimal la création d’un réseau fluide et décentralisé en France. Beaucoup de questions restent cependant en suspens sur les modes opérationnels d’un dispositif encore trop technique et peu audible et si les gains d’économie d’énergie attendus seront bel et bien au rendez-vous. Le cadre législatif embryonnaire et l’absence de retours d’expérience fiables ne nous permettent pas à l’heure qu’il est d’en tirer des conclusions probantes.

Valentin Martinez

C’est pourquoi, face aux incertitudes, il est utile de faire appel à un bureau d’étude thermique expérimenté et réactif. Il saura vous conseiller avec transparence sur les meilleures solutions techniques pour améliorer la performance énergétique de votre logement en fonction de votre budget et de vos sensibilités personnelles.

François Brottes : « Nous devons trouver un nouveau modèle de financement qui encourage le particulier à investir dans des projets de rénovation énergétique »

François Brottes est député de l’Isère et Président de la Commission des Affaires Economiques à l’Assemblée Nationale. Reconnu comme l’un des parlementaires les plus investis dans les débats techniques, il a donné son nom à la première loi du gouvernement Ayrault sur l’énergie et donne toute sa faveur à la transition énergétique souhaitée par le Président de la République. Il partage avec nous ses réflexions sur la rénovation du parc de logements existants et son récent combat pour instaurer une tarification progressive de l’énergie.

François Brottes

Quelles sont à ce jour les avancées du débat national sur la transition énergétique sur les thèmes du bâtiment durable qui devrait inspirer la grande loi de programmation ?

Le Débat National sur la Transition Energétique a mobilisé un très grand nombre d’acteurs, notamment en région, contrairement au Grenelle de l’Environnement qui s’apparentait plus à un cercle d’initiés débattant entre eux. En dépit de plusieurs désaccords, il me semble que la rénovation du parc existant de logements est le point qui a fait le plus consensus. Ce qui est très important, car face à ce constat commun, il devrait s’en suivre l’élaboration de nouvelles mesures dans la loi de programmation sur la transition énergétique et la pérennité de celles déjà amorcées.

Mais les solutions sont encore incertaines : Comment on s’y prend ? Quels financements ?

Premièrement, nous assistons actuellement à des difficultés dans la mise en œuvre et le pilotage des chantiers de rénovation. Les entreprises de construction ou installateurs d’énergies renouvelables n’installent que ce qu’ils savent prescrire et ces acteurs ont du mal à coordonner leurs prestations sur le terrain. D’où la proposition de loi que j’avais formulée il y a quelques années déjà, pour que les formations professionnelles liées à l’énergie adoptent une approche transverse, afin qu’on ne se retrouve pas, par exemple, avec une maison neuve et des matériaux très performants et une mauvaise étanchéité à l’air. De même, les installateurs de panneaux solaires ne devraient pas pouvoir faire l’économie de certaines connaissances géographiques. Nous devons aller plus loin dans l’accompagnement des professionnels aux nouvelles pratiques de l’eco-construction.

Deuxièmement, nous devons trouver un nouveau modèle de financement qui encourage le particulier à investir dans des projets de rénovation énergétique amortissables sur 20 ans, comme des dispositifs de tiers-financement. L’idée, c’est qu’un opérateur public ou privé avance le coût de la rénovation du logement et se rémunère sur les économies d’énergies liées au projet. Il faut que ce prêt soit attaché au logement et non à la personne. Car une personne n’est en moyenne, propriétaire d’un logement qu’ entre 7 et 8 ans. Les économies d’énergies liées aux travaux seraient ainsi prises en compte par le marché immobilier lors de la mutation du bien. Le dispositif est actuellement en phase d’expérimentation avec un rôle potentiel de la Caisse des Dépôts en tant qu’opérateur clé des premières mesures prévues pour 2015, selon les annonces du gouvernement.

Enfin, l’abaissement du taux de TVA à 5% sur les travaux de rénovation énergétique a été annoncé ce week-end par le Président de la République. J’y étais favorable, même pour les travaux d’entretien. Cela représentera un soutien fort à la première entreprise de France, l’artisanat, et cela renforcera les tissus d’emplois non-délocalisables.

Êtes-vous également favorable à une obligation de rénovation ?

La notion d’obligation est satisfaisante sur le plan intellectuel mais je suis plutôt réservé sur les conséquences réelles que pourrait engendrer ce type de mesure sur le marché immobilier. Je pense qu’à ce stade, l’obligation de diagnostic de performance énergétique est suffisant car il permet au marché immobilier de prendre en compte la valeur verte du logement. Si vous vendez une « passoire » énergétique aujourd’hui, son prix va s’orienter de plus en plus à la baisse, même si cela est moins vrai dans les zones tendues où il y a une asymétrie de marché entre une offre rare et une demande saturée.

Vous savez, c’est un peu comme le surinvestissement en performance énergétique sur certains logements peu consommateurs en énergie. En tant qu’élu, je suis constamment confronté à l’exigence d’arbitrages entre plusieurs décisions difficiles à prendre, car j’ai un budget à tenir. Or, il est absurde de constater qu’il faut parfois débourser la moitié du prix de la rénovation globale pour gagner quelques euros en économies d’énergie. De même, obliger la rénovation de certains logements pourra coûter très cher à certains particuliers et cela risque de neutraliser le marché immobilier pour à peine 3 kWh d’économies enregistrées…

Il serait bien plus rationnel sur le plan économique comme pour le contribuable, de concentrer les aides sur les bâtiments les plus énergivores, là où les gains d’économies sont les plus rapides et donc obtiennent le meilleur impact environnemental.

Pouvez-vous nous présenter la loi Brottes qui devait instaurer une tarification progressive des prix de l’énergie ?

La loi TPL que j’ai défendu au Parlement présentait un certain nombre d’avancées :

  • la suppression de plusieurs freins réglementaires pour favoriser le développement de l’énergie éolienne, énergie renouvelable la plus mature en France à mon sens avec l’hydroélectricité ;

  • L’élargissement des tarifs sociaux de l’énergie à plus de 4,2 ménages, soit 8 millions de personnes et de la trêve hivernale aux ménages les plus modestes ;

  • Des mesures en faveur de l’effacement électrique.

S’ajoutait à cela l’instauration d’une tarification progressive des prix de l’énergie qui figurait dans le programme du Président de la République et instaurait un bonus-malus sur les consommations d’énergies. L’idée, c’était de bonifier les tarifs des ménages les plus exemplaires et de sanctionner le gaspillage des moins vertueux, qui sont d’ailleurs ceux qui ont les moyens de sur-consommer. Ce qui au passage ne devait donc pas pénaliser les ménages les plus fragiles. L’idée, c’était de se baser non plus sur des moyennes mais sur les consommations individuelles en fonction de la taille de la famille et du climat afin de responsabiliser le consommateur et de favoriser la vertu écologique.

Cependant, cette partie de la loi a été retoquée à ma grande surprise par le Conseil Constitutionnel. Il ne remet pas en cause le principe du bonus-malus mais l’inégalité que cette loi crée entre les ménages et les entreprises! Or, j »avais pourtant bien fait savoir, lors de mon audition, que la consommation d’énergie d’un ménage et d’une entreprise, n’ont rien à voir ! Ils ont également pointé le problème de mise en œuvre du texte pour les ménages disposant d’un chauffage collectif.

Le gouvernement a-t-il enterré la réforme ou compte-t-il la représenter sous un nouveau jour dans la loi de programmation sur la transition énergétique ?

C’est incertain pour le moment. Je n’en ai pas encore parlé avec Philippe Martin. Avec Delphine Batho cependant, nous avions convenu de ne pas représenter la tarification progressive dans la loi sur la transition énergétique mais d’y intégrer l’idée d’un calcul de la consommation par individu en fonction de plusieurs variantes : taille de la famille et climat notamment.

Cette information-clé permettra en plus à terme de diriger les ménages qui vivent dans des passoires énergétiques vers les futurs Guichets Uniques de la Rénovation Energétique, pour qu’ils bénéficient de subventions de l’ANAH ou montent leur projet de rénovation avec un conseiller Info-Energie qui qui les aide à choisir les bons devis.

Qu’est-ce que l’effacement électrique que vous avez encouragé dans votre loi ?

L’effacement électrique est la possibilité pour des ménages volontaires de réduire leur consommation d’énergie grâce au pilotage de leur compteur d’électricité par un « opérateur d’effacement ». La loi Brottes vient compléter la loi NOME qui avait créé un marché de capacité, c’est-à-dire un mécanisme qui demandait aux fournisseurs d’énergie de sécuriser l’approvisionnement de la production en temps réel en fonction de la demande. Désormais, en cas de pointe de consommation, plutôt que d’augmenter les capacités de production, la loi Brottes encourage la réduction de cette demande.

Nous avons réussi à trouver un business model qui ne lèse aucune des trois parties : le fournisseur d’énergie a un meilleur rendement en évitant de faire tourner les centrales à gaz ou à fuel et reçoit une prime de l’opérateur, le consommateur voit sa facture baisser grâce à l’effacement de sa consommation et l’opérateur sera rémunéré par le contrat d’effacement et une prime pour les services qu’il rend pour l’environnement financée par la CSPE. Comme je l’ai toujours dit, l’économie la plus renouvelable est celle qu’on ne consomme pas.

Que pensez-vous de la hausse des tarifs d’électricité arbitrés par le gouvernement suite aux recommandations de la Commission de Régulation de l’Energie ?

C’est dans la logique même de la loi NOME : les tarifs doivent couvrir les coûts de production et de commercialisation de l’électricité. Le gouvernement a choisi de lisser l’augmentation dans le temps (Ndlr : 5% en 2013 et 2014) à des niveaux un peu plus bas sur les trois ans à venir que les recommandations de la CRE (Ndlr : 14% dès l’été 2013) pour plusieurs raisons : la fiabilité de l’étude est discutable, et d’ailleurs la CRE elle-même admet que certains chiffres mériteraient des analyses plus approfondies ; et le gouvernement ne voulait pas non plus de hausses de tarifs trop punitives pour les classes modestes qui subissent déjà la précarité énergétique.

N’y a-t-il pas une contradiction à vouloir limiter l’augmentation des prix de l’énergie et en même temps se lancer dans la transition énergétique ?

Je ne fais pas partie de ceux qui disent que l’énergie doit coûter de plus en plus cher et pour tout le monde. L’énergie, selon moi, est un « bien premier » qui doit rester accessible aux citoyens les plus fragiles. Tout le monde devrait pouvoir se chauffer sans que cela pèse trop lourdement sur son pouvoir d’achat.

C’est d’ailleurs pour cela que je suis attaché à la tarification progressive de l’énergie. Aujourd’hui on se base sur des moyennes. Alors qu’il serait préférable de soulager les plus modestes et de sanctionner ceux qui gaspillent l’énergie ! Dans le même d’ordre d’idée, je constate la contradiction de la politique énergétique européenne qui, d’un côté, dans des directives sectorielles, fait confiance aux marchés, et de l’autre impose des directives environnementales de maîtrise de la consommation et sur les énergies renouvelables qui appellent des mesures de régulation et d’incitation publique.

Je pense qu’il faut laisser une marge au pouvoir législatif et réglementaire pour adopter des politiques cohérentes. C’est dans cet esprit là que j’ai lancé une étude au sein de ma Commission, à l’Assemblée, pour mesurer les impacts du gaz de schiste notamment, ce qui ne veut pas dire que j’y suis favorable…

Dernière question : qu’est-ce qu’un parlementaire donnerait comme conseil à un particulier qui veut rénover sa maison ?

Il y a beaucoup de choses à dire ! A vrai dire, je ne pense pas qu’il y ait de solutions uniques, cela dépend de son budget et de son logement. De nouvelles techniques se développent sur le marché français comme l’isolation par l’extérieur et la filière sèche comme le bois. En tant que maire, j’ai pu constater à quel point certains établissement publics énergivores pesaient sur le budget de ma mairie. Il ne faut donc pas hésiter à se lancer dans les travaux de performance énergétique car la réduction de facture se ressent très vite. Par expérience, j’aurais tendance à commencer par l’isolation de la toiture et ce qui est lié à l’enveloppe du bâti. Le plus important, c’est de se faire conseiller par des professionnels du bâtiment qui connaissent bien leur métier.

Propos recueillis par Valentin Martinez