Tout comprendre sur les certificats d’économie d’énergie (CEE) !

L’origine : Une relance des économies d’énergie

A la suite de l’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005 (loi fixant les grandes orientations énergétiques de la France), l’Etat décide qu’une relance des économies d’énergie est nécessaire notamment pour les secteurs tels que le logement, les bureaux, les commerces et les transports. En effet, ces secteurs possèdent d’importants gisements d’économie d’énergie. Il faut alors trouver un moyen efficace de sensibiliser et de modifier le comportement des particuliers en matière d’économie d’énergie.  Aussi incongrue que cela puisse paraitre, l’état a demandé aux vendeurs d’énergie eux-mêmes de faire des économies d’énergie ! L’idée de certificat d’économie d’énergie, obligeant les vendeurs d’énergie à réaliser un « quota » d’économies pendant une période donnée, émerge alors.

Comment ça marchait jusqu’à présent ?

Le principe général du certificat d’économie d’énergie est simple, il oblige les producteurs et distributeurs d’énergie, appelés les « obligés », à réaliser des économies d’énergie, et d’encourager les autres acteurs, les « non obligés », à en faire de même par l’obtention d’un certificat.

Plus précisément, les obligés ont quatre solutions :

  • ils peuvent inciter leurs clients à réaliser des économies d’énergie en leur apportant des informations et des « aides » financières (aides aux travaux, prime pour l’achat d’équipement etc). Après avoir fait certifier ces investissements auprès de l’autorité publique, les obligés reçoivent des certificats distribués en fonction d’un forfait calculé en kWh.
  • ils peuvent réaliser des économies d’énergie dans leurs propres bâtiments si ceux-ci ne sont pas déjà soumis à la réglementation sur les émissions de gaz à effet de serre.
  • ils ont aussi la possibilité d’acheter ces certificats à d’autres entreprises lorsque cela s’avère plus rentable.
  • Enfin, ils peuvent préférer payer une pénalité (2 centimes d’euro/kWh) au trésor public plutôt que de réaliser ces économies.

Les résultats « positifs » de la première période ?

Le dispositif CEE a été assez efficace si l’on considère les chiffres. En effet, les vendeurs d’énergie ont fait économiser 65 Twh cumac (cumulé actualisé) à leurs clients en trois ans alors que l’objectif initial était de 54 Twh cumac. La création d’un marché de CEE a permis de réaliser des actions écologiques au moindre coût pour les vendeurs d’énergie, pour les consommateurs et pour l’Etat. Alors qu’à grande échelle, il est difficile de faire adopter un comportement « ecofriendly » aux particuliers, les vendeurs d’énergie ont utilisé efficacement leur relation privilégiée avec leurs clients afin de les convaincre d’agir de façon plus écologique grâce notamment à des incitations financières.

Qu’est-ce qui a changé avec le Grenelle II ?

La première période de CEE s’achevant en juin 2009, de nouveaux objectifs et de nouveaux principes ont été définis par le Grenelle 2. L’Etat a mis la barre bien plus haute que pour la première période : les économies d’énergie doivent s’élever à 345 Twh pour les trois ans à venir.

Des limites au système des CEE avec des modifications bien critiquées …

Au-delà d’un objectif beaucoup plus ambitieux, plusieurs changements interviennent :

  • Le nombre de revendeurs de certificats a été réduit. Avant toute personne morale pouvait émettre une demande de CEE dès lors qu’elle réalisait une économie d’énergie ou qu’elle remplaçait une source d’énergie non-renouvelable par une source d’énergie renouvelable. Dorénavant, seuls les obligés, les collectivités, les bailleurs sociaux et l’Anah (Agence Nationale de l’Habitat) pourront prétendre aux CEE. C’est dont un coup dur pour les propriétaires particuliers qui ne pourront plus revendre ces CEE aux obligés dont EDF ! EDF (via Bleu Ciel) récupérera le bénéfice directement pour leur compte…
  • Enfin, les CEE ont été élargis aux distributeurs de carburants.
    Cette mesure semble perdre le sens initial des CEE. En effet, les distributeurs  de carburants ne disposent d’aucun levier qui leur permettraient d’influencer le comportement des automobilistes. Ce qui est plus grave, c’est que les vendeurs de carburants préfèreront alors payer les pénalités au Trésor Public plutôt que de respecter les objectifs définis en terme d’économies d’énergie, ce qui aura évidemment des répercussions sur le prix du carburant et donc sur les ménages…

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Taxe Carbone: ce sera 17€ la tonne. Et combien pour mon chauffage?

Nicolas Sarkozy vient de confirmer aujoud’hui le prix initial de la tonne de carbone, taxe qui sera mise en place dès 2010.

Il a été décidé que ce sera 17€.

Combien les habitants vont-ils payer en plus?

Pour une maison de 130m² dans la moyenne française en matière de performance énergétique (275 kwh/m²/an), et se chauffant au fioul la facture supplémentaire sera de 164€ en 2010!

Si le montant de la taxe carbone evolue bien comme prévu avec le temps, la facture se montera à 530€ en 2020 et de 970€ en 2030.

Il est grand temps de faire des économies d’énergie et donc de taxe carbone!

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L’importance de la rénovation

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas l’industrie qui a la place d’honneur en matière de pollution mais le bâtiment. Les immeubles d’habitation, bureaux, lycées, hôpitaux… consomment à eux seuls plus de 42% de l’énergie utilisée en France et produisent près d’un quart des gaz à effet de serre.

La faible part du neuf dans le bâtiment

De plus, au regard de l’ensemble des logements présents en France, la part du neuf est somme toute relativement faible, puisqu’elle représente 1 % du parc total avec 300 000 à 400 000 logements construits chaque année. Certaines projections cependant estiment qu’en 2050, les logements produits depuis 2000, représenteront plus du tiers du parc de logements. S’il demeure donc primordial d’agir sur l’efficacité énergétique des logements neufs, le gisement d’économies principal se situe en rénovation.

Un parc vieillissant

A l’heure actuelle, 64 % des logements français datent d’avant 1975, et présentent à ce titre des performances énergétiques catastrophiques car à l’époque de leur construction, aucune réglementation thermique n’existait. Parmi ces 19 millions de logements très énergivores, 7,3 millions furent construits entre 1954 et 1975 et représentent de véritables épaves thermiques, dont l’amélioration doit constituer une priorité pour les acteurs du bâtiment, dans l’optique du respect des engagements internationaux de la France en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

Les objectifs du Grenelle de l’environnement

Le Grenelle de l’environnement a donc fixé des objectifs extrêmement ambitieux au secteur du bâtiment. Concernant le parc existant, l’objectif est de réduire les consommations énergétiques d’au moins 38% d’ici 2020. Mais le chemin est encore long puisqu’en 2008, le niveau moyen de consommation des logements existant avoisine les 250 kWh/m²/an

Des technologies au point pour rénover le parc existant

Grâce aux technologies actuelles, si des travaux appropriés étaient réalisés, notamment des travaux d’isolation ou de changement de vitrages, cela permettrait d’atteindre les 80 kWh/m²/an.

Encore faut-il faire les bons choix en matière de rénovation car des travaux mal réalisés ou bien peu adaptés (ce qui est trop souvent le cas) n’apportent pas le gain espéré. Or les propriétaires ne sont que très rarement enclins à multiplier les travaux chez eux. D’où l’importance de rénover mais surtout de rénover sans se tromper…

Découvrez comment rénover sans vous tromper.

Sources:

www. ademe.fr

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