La France, leader de la RT sur l’existant, bonne nouvelle mais ne pas s’en contenter pour autant !

Une étude pour le Grenelle de l’Environnement place la France en tête de la réglementation thermique sur l’existant. De quoi nuancer le soi-disant retard de la France sur ses partenaires scandinaves et allemands…

Le Grenelle de l’Environnement veut s’inspirer des expériences étrangères…

reglementations thermiques europeennes

Rien de mieux qu’une comparaison européenne pour savoir où en est la France dans la réglementation thermique. C’est l’une des méthodes choisies par le groupe de travail « Explorer l’obligation de la rénovation énergétique dans le résidentiel » du Plan Bâtiment Durable. « L’expérience s’articulera autour de l’analyse des expériences déjà mises en place en France et à l’étranger. » peut-on lire sur le blog des participants.

C’est sur ce blog que le groupe de travail piloté par Jacques Chanut (Chanut Entreprise) et Raphaël Claustre (CLER) a publié le 27 mai dernier un benchmark des RT sur l’existant de 12 pays de l’Union Européenne.

L’étude compare les éléments suivants pour chaque pays :

  • Les dates d’application des RT sur l’existant
  • Le choix des usages réglementés : chauffage, eau chaude sanitaire, éclairage, refroidissement et auxiliaires (systèmes utilisés)
  • Le choix d’une RT/élément ou d’une RT/globale
  • Les valeurs des résistances thermiques des éléments réglementés du bâti : murs extérieurs, toitures, planchers bas et baies vitrées.

… mais c’est la France qui donne l’exemple…

Sans surprise, on observe sur les 5 dernières années une convergence des réglementations suite au « Paquet Climat » adopté par les pays membres en mars 2007 qui table sur un accroissement de l’efficacité énergétique de 20% d’ici 2020. La directive cadre efficacité énergétique votée en 2012 par le Conseil de l’Union Européenne a finalement concrétisé cet accord et donné un an aux pays membres pour transposer la directive dans leurs droits nationaux.

Malgré tout, la France ne s’est pas faite attendre en instaurant la première une RT par élément rénové sur l’existant dès 2007, encore en application aujourd’hui. Dès 2008, la réglementation est complétée par une RT globale pour les grosses rénovations qui oblige le maître d’ouvrage à ne pas dépasser un certain seuil de consommation d’énergie primaire selon la zone géographique et l’énergie utilisée.

la France RT élement en 2007, RT globale en 2008

Par ailleurs, nous sommes les seuls à exiger des performances thermiques minimales sur la totalité des 5 postes d’économie d’énergie comparés dans l’étude quand la Suisse et le Luxembourg ne prennent en compte que le chauffage et l’ECS. Enfin, les valeurs exigées des résistances thermiques sur les éléments du bâti français sont dans la moyenne des valeurs européennes mais ce critère n’est pas très pertinent étant donné la diversité climatique en Europe.

benchmark européeen CEP RT existant

De manière générale, la France fait ici figure de bonne élève et semble avoir compris la mesure du gisement d’économies d’énergie que peut engendrer une réglementation thermique ambitieuse. De quoi relativiser son retard antérieur sur la transition énergétique allemande et les bonnes pratiques scandinaves.

… ne pas s’en contenter pour autant !

La RT sur l’existant reste néanmoins une réglementation thermique très limitée, notamment en comparaison avec la réglementation thermique en vigueur pour la construction neuve (RT 2012) qui généralise la construction « basse consommation » pour tout bâtiment neuf.

Si vous mettez en œuvre chez vous des gros travaux de rénovation, n’hésitez pas à adopter la nouvelle RT2012. Se contenter d’être conforme à la RT sur l’existant aujourd’hui en vigueur est un mauvais calcul économique sur le long-terme :

  • votre bâtiment sera très vite dépassé par les prochaines réglementations thermiques dans l’existant ;
  • votre confort thermique, notamment en hiver, sera relativement médiocre ;
  • la hausse des coûts de l’énergie pèsera chaque année un peu plus sur votre pouvoir d’achat
  • au moment de revendre ou de louer, votre patrimoine sera bien moins attractif aux yeux des acquéreurs qui devront prévoir des investissements conséquents pour améliorer la performance énergétique du bien.

Pour faire les bons choix d’investissement, il est souvent pertinent de se faire conseiller par un expert indépendant capable d’apporter une vision globale à votre projet dans cette maison. Il saura vous aiguiller sur la meilleure manière de valoriser votre patrimoine à l’occasion de vos travaux en orientant au mieux les investissements de performance énergétique.

Vous retrouverez le benchmark pour le Plan Bâtiment Durable sur le blog du groupe de travail : Explorer l’obligation de rénovation énergétique dans le secteur résidentiel.

logo du groupe de travail plan batiment durable

 

Le partage de la connaissance & des bonnes pratiques en matière de rénovation énergétique et de travaux d’économie d’énergie est en bonne route ! Profitez-en vous aussi…

Le Grenelle de l’Environnement publie chaque mois un nouveau guide technique à destination des professionnels sur les bonnes pratiques de la rénovation énergétique des bâtiments en adéquation avec les recommandations du Grenelle. Lancé en 2010 et né d’un partenariat entre l’Etat, EDF et les professionnels de la construction, ce programme d’accompagnement a pour vocation de définir les normes officielles DTU et les référentiels de formation initiale et continue.

règles de l'art grenelle de l'environnement logo

Un grand chantier collectif de recherche et synthèse des connaissances

Le programme est né de la volonté de l’Etat de :

  • Rendre compatible les normes techniques des travaux dans le bâtiment et les recommandations du Grenelle de l’Environnement.
  • Harmoniser et enrichir les bonnes pratiques de l’eco-construction

C’est pourquoi le Ministère de l’Ecologie qui table sur une réduction de 38% de la consommation d’énergie dans le Bâtiment Existent et la généralisation de la construction « basse consommation » a décidé de se doter d’une instance de concertation technique.

Dès 2010, le plan quadriennal « Règles de l’Art Grenelle Environnement 2012 » (RAGE 2012) est lancé avec à sa tête le polytechnicien Alain Maugard, aussi Président de Qualibat, et réunit autour de la table les experts de l’éco-construction.

Deux instances de gouvernance ont été créées, le Comité d’orientation qui fixe les grandes orientations et le Comité de pilotage au rôle plus opérationnel. Ce dernier se compose des acteurs à l’initiative du programme :

  • l’AQC (Agence pour la Qualité de la Construction), en charge de la coordination du programme
  • la CAPEB, le FFB et le COPREC, représentants des entreprises
  • le CSTB, expert de l’ingénierie technique
  • les fournisseurs d’énergie EDF et GDF-Suez
  • le Plan Bâtiment Grenelle et la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages

Le programme est financé par les « certificats d’économie d’énergie » assurés par EDF et GDF-Suez à la hauteur de 20 millions d’euros.

Elaborer de nouvelles normes DTU et référentiels de la formation initiale et continue

 

règles de l'art système photovoltaiques sur toit savoir faire

Le programme qui s’étend sur quatre années se concrétise par différents documents d’accompagnement à destination des professionnels du bâtiment. Les documents devraient permettre de définir les avantages, inconvénients et risques de chaque technique de construction et adopter un référentiel commun notamment dans la réhabilitation, secteur encore peu normalisé. Ces recommandations professionnelles serviront ensuite à l’élaboration des nouvelles normes DTU.

Le programme développe en outre des outils et méthodes d’auto-évaluation pour ses chantiers, par exemple pour calculer la production de gaz à effet de serre de sa construction. Des études spéciales devraient également inspirer les recommandations professionnelles. Une étude en cours enquête sur les dysfonctionnements des Bâtiments Basse Consommation à travers des retours d’expériences sur plus de trente maisons BBC.

Attentif à la réception du programme par les professionnels, le Ministère souhaite en outre que les règles de l’art intègrent les référentiels de formation initiale et continue en développant l’ingénierie de formation. Un outil de recherche a été élaboré pour caractériser les « compétences requises » pour une bonne mise en œuvre des solutions techniques « RAGE 2012 ».

Quatre types de documents d’accompagnement pour le public

  • Les Recommandations Professionnelles « RAGE 2012 » : Ces documents techniques préfigurent les futures normes NF DTU, une bonne manière d’anticiper la future réglementation. Dès leur approbation, les assureurs devront les prendre en compte.
  • Les Guides « RAGE 2012 » : Les Guides sont des documents techniques précisant les « règles de l’art » et bonnes pratiques à suivre pour la conception, la mise en œuvre et la maintenance de la solution technique traitée.
  • Les Rapports « RAGE 2012 » : Les rapports sont les résultats d’études spéciales réalisés dans le cadre du programme pour aider à la rédaction des « Recommandations Professionnelles ». Ils ont pour but d’identifier les techniques les plus performantes.
  • Les Calepins du chantier « RAGE 2012 » : Ces documents précisent les bonnes pratiques d’exécution de la construction pour les personnels de chantier.

Vous retrouverez tous ces documents en ligne sur le site : les Règles de l’Art Grenelle Environnement 2012.

Pour bénéficier d’un conseil personnalisé de façon à faire les meilleurs choix de travaux d’économie d’énergie, n’hésitez pas à faire appel aux services d’un cabinet de conseil fiable et indépendant.