Yann, thermicien chez Sénova : « Le coût de l’étude est rentabilisé par les économies d’énergies futures réalisées et les résultats en termes de confort et de valorisation du bien sont bien là ! »

Yann MetzgerYann est thermicien chez Sénova depuis trois ans et s’occupe d’accompagner les particuliers dans leurs travaux de rénovation énergétique afin de réduire leur facture énergétique, valoriser leur bien et améliorer leur confort de vie. Il nous décrit le quotidien d’un thermicien chez Sénova et pourquoi ce métier est selon lui voué à se développer dans les 50 prochaines années.

Peux-tu nous présenter ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Tout a commencé après le baccalauréat quand je me suis orienté vers un IUT en « mesures physiques ». Je me suis ensuite spécialisé dans le secteur des énergies renouvelables en entrant en licence professionnelle dite « VERTE » (Valorisation des Energies Renouvelables et Technique Energétique). Je suis entré juste après chez Sénova en janvier 2011 en tant que premier chargé de mission thermicien.

Que signifie être « chargé de mission – thermicien » chez Sénova ?

Etre thermicien chez Sénova, cela veut dire accompagner le particulier qui se lance dans des travaux de rénovation pour qu’il embarque la performance énergétique à cette occasion et donc qu’il :

  • Améliore son confort de vie en hiver comme en été ;
  • Valorise son patrimoine pour une future revente ;
  • Fasse des économies sur sa facture énergétique et réduise son impact environnemental ;
  • Respecte les normes environnementales en vigueur : dans le cas de la rénovation c’est la réglementation thermique sur l’existant (RT Existant) qui s’applique.

Cela se concrétise par la réalisation d’une étude thermique pour identifier les marges de progrès énergétiques que peut apporter le projet de rénovation. Cela fait appel à une multitude de compétences : connaître parfaitement les principes physiques de la thermique appliquée au bâtiment, connaître les réglementations, les différentes solutions techniques (systèmes et matériaux) utilisables, savoir réaliser une modélisation thermique sur logiciel et en comprendre les calculs et les arcanes, avoir une vision globale et économique du projet et bien d’autres exigences.

Il faut aussi disposer d’une écoute très attentive pour donner les solutions au client en fonction de ses besoins, de son budget et ses sensibilités personnelles. Il y a donc une grande part de pédagogie pour expliquer le sujet complexe de la thermique du bâtiment à des particuliers non initiés.

Mais concrètement, à quoi ressemble les différentes prestations que tu peux fournir pour un projet de rénovation ?

pack_savoir-quoi-faireCela dépend du besoin du client qui conditionne le choix d’une des trois principales prestations  que nous lui proposons :

  • L’Audit Eco-Habitat : Généralement, un client nous contacte parce qu’il ressent un certain inconfort thermique dans son habitat dû à une sensation de froid ou d’humidité. Nous allons alors sur place procéder à un audit énergétique qui consiste à observer et analyser les déperditions thermiques dans la maison à l’aide d’une caméra thermique. Quand nous avons trouvé les sources de l’inconfort, nous écrivons un rapport avec nos préconisations pour remédier à cette situation.
  • La Réno-Conseil : Nous prescrivons un accompagnement plus global quand le client veut faire un état des lieux complet de son bien d’un point de vue thermique et qu’il a un projet de rénovation en tête. Ce type de prestation permet au client de savoir quels investissements prioriser et quels seront les impacts énergétiques et économiques de différents scénarios proposés pour améliorer son confort et embarquer la performance énergétique à l’occasion de ses travaux.
  • La Réno-Intégrale : Nous poussons l’accompagnement encore plus loin en associant à la Réno-Conseil des cahiers des charges techniques adaptés à la maison individuelle. Cela permet au particulier et/ou son architecte de consulter les entreprises sur des bases clairement définies, fiables avec des détails techniques précisant notamment des points de mises en œuvre (étanchéité à l’air). Ils ont ainsi des discours d’égal à égal avec les entreprises et peuvent mieux négocier et comparer les offres.

Mais pourquoi font-ils appel à toi alors que ce n’est pas obligatoire ?

Parce que le coût de l’étude est rentabilisé par les économies d’énergies futures réalisées et les résultats en termes de confort et de valorisation du bien sont bien là ! Se faire accompagner par Sénova, c’est l’opportunité de se poser les bonnes questions : ne vaut-il pas mieux commencer par améliorer la performance de l’enveloppe avant de changer le système de chauffage ? N’est-il pas plus rentable d’isoler de 20 cm tout de suite plutôt que 10cm aujourd’hui et 10cm demain ? Notre expertise permet au client de s’assurer qu’il va dans la bonne voie et qu’il fera le maximum d’économies d’énergie pour ne pas « tuer le gisement » d’économies comme on dit dans le jargon.

En outre, nous garantissons au client qu’il embarque intelligemment la performance énergétique dans son projet sans surinvestir inutilement mais sans passer à côté de l’opportunité de bien le faire. Nous avons coutume de préconiser d’aller au delà de la réglementation actuelle en visant dès aujourd’hui les standards de demain. L’avantage de Sénova, c’est qu’on est sûr de s’engager vers un bâti de qualité et pérenne dans le long-terme.

Quel est le profil type des clients que tu accompagnes dans leur projet de rénovation ?

Nous travaillons pour tout types de clients mais l’expérience montre que nous retrouvons certains profils récurrents : ce sont souvent de jeunes propriétaires qui viennent d’acquérir un nouveau bien et qui profitent de l’occasion pour lancer des travaux de rénovation : c’est une période clé car le logement est vide et cela permet d’intégrer le coût de la rénovation au montage financier de la vente. Ils sont souvent sensibilisés à l’écologie sans en être pour autant des ayatollahs !

Il y a aussi souvent des propriétaires qui viennent au moment de travaux d’entretien pour embarquer la rénovation énergétique et faire une pierre deux coups, ce qui est en soit un choix très intelligent.

Je constate aussi de plus en plus de personnes plus âgées habitant dans des passoires énergétiques venir à nous pour réduire leur facture d’énergie avant la retraite et la perte de revenus qui s’en suit.

Peux-tu nous décrire une journée type de thermicien chez Sénova ?

Il n’y a pas vraiment de journée-type chez Sénova. On peut passer des journées entièrement consacrées à un client ou avoir des projets internes à l’entreprise comme la formation d’un nouvel arrivant ou des réunions de réflexion et de partage de solutions techniques innovantes.

Pourquoi avoir choisi de faire ce métier ? Comment cela t’es venu ?

Cela m’est venu assez tardivement au cours de mes études quand je me suis décidé à travailler dans la maîtrise de l’énergie. J’ai été particulièrement attiré par l’orientation de mon métier vers des secteurs importants de la vie et proches des inquiétudes de la population : le logement et l’environnement.

Pourquoi avoir choisi Sénova comme employeur ? Qu’est-ce qui t’a enthousiasmé ?

Logo senovaCe qui m’a enthousiasmé, c’est l’esprit « start-up » d’une entreprise qui croit en son avenir. Ce n’était à l’époque qu’une équipe de deux jeunes ingénieurs dynamiques qui apportaient un regard neuf aux questions de l’énergie. Nous sommes désormais une vingtaine de salariés motivés autour de cette problématique !

Aujourd’hui quelles sont tes joies et tes peines en tant que thermicien chez Sénova ? Quels sont les aspects que tu apprécies le plus dans ton métier et ceux que tu trouves plus difficiles ?

Ce que j’apprécie au jour le jour chez Sénova, c’est enrichir la vision d’ensemble que j’ai de l’énergie dans le bâtiment. On sait jouer avec l’isolation et le chauffage, on mixe tout ça, et ça fait des projets innovants ! Et il faut dire que l’actualité du bâtiment durable bouge sans cesse avec les réglementations qui s’enchaînent et qui impactent notre façon de travailler.

Le plus difficile à encaisser, c’est éventuellement le manque de sensibilité des particuliers aux enjeux de la thermique du bâtiment et parfois le manque de compréhension de notre travail.

terre-330x220_0Je regrette aussi le double message qui est porté à l’oreille du consommateur. D’un côté on lui dit qu’il faut mettre en mouvement la transition énergétique qui implique souvent des travaux lourds qui « gagnent en intérêt » avec la hausse du prix de l’énergie (phénomène inéluctable au vu de l’appauvrissement des stocks de gaz, pétrole…). D’un autre côté il y a un message politique qui lui fait croire que tout est fait tout pour que l’énergie soit disponible à bas prix, et il y a même des publicités qui vont jusqu’à garantir le prix de l’énergie sur plusieurs années… Cela ne fait que retarder les prises de décisions… C’est un peu le serpent qui se mord la queue et du coup le consommateur se retrouve perdu et le réchauffement climatique avance.

Comment présenterais-tu Sénova à tes proches ou à tes amis ? Qu’est-ce qui en fait ses caractéristiques propres selon toi ?

Je présenterais Sénova comme une entreprise jeune et dynamique et en même temps sérieuse et très pointilleuse dans la réalisation de ses études thermiques. On ne s’arrête pas au cadre réglementaire et nous essayons de faire un grand effort de pédagogie.

Comment fais-tu pour faire progresser sans cesse ton niveau d’expertise et de savoir-faire et ainsi garantir que Sénova est et restera véritablement une entreprise experte sur le domaine de la thermique du bâtiment ?

Par la veille documentaire, que ce soit la presse, la communication avec les autres thermiciens. Il faut une certaine curiosité personnelle et aller plus toujours plus loin en consultant les professionnels du secteur et les industriels pour être à la pointe du sujet et ne pas rester dans son carcan d’ingénieur.

Conseillerais-tu aux jeunes et lycéens de s’orienter vers le métier de thermicien et si oui pour quelle raisons ?

Evidemment, j’invite tous les lycéens et étudiants intéressés par la science et les techniques à s’intéresser au secteur dynamique du bâtiment. C’est aussi une très bonne porte d’entrée pour intégrer le mille-feuille complexe que représentent les acteurs de l’énergie aujourd’hui. C’est un métier d’avenir où les opportunités vont fleurir d’ici 2020 et 2050, dates clés choisis par les pouvoirs publics pour atteindre l’objectif ambitieux de généraliser les bâtiments à énergie positive et de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre.

Peux-tu nous partager une ou deux anecdotes marquantes de ton expérience chez Sénova ?

Je me souviens d’un audit Eco-Habitat auquel j’ai participé avec mon supérieur Pierre-Manuel Patry. Des particuliers nous ont contactés parce qu’ils en avaient marre d’avoir froid au pied dans leur salon. En fait, au bout d’un moment, alors que nous ne trouvions pas la source de l’inconfort avec notre caméra thermique, nous avons eu l’idée de déplacer un fauteuil. Bingo ! Nous avons constaté que les franges de tissu tombant sur le sol des extrémités avaient une action isolante sur la masse d’air en dessous du fauteuil et laissaient filtrer de l’air froid au sol… Nous avons alors préconisé d’isoler le fauteuil, ce qui est plutôt atypique ! Les clients, qui avaient tout essayé avant de faire appel à nos services nous ont envoyé un mail de remerciement très touchant après quelques semaines qui confirmait la réussite des préconisations.

fauteuil

Préconisation illustrée de l’isolation du fauteuil

Quel conseil donnerais-tu à un particulier qui se lance dans un projet de rénovation ?

Je lui dirais de se faire accompagner par de bons professionnels et de se mettre en relation avec eux le plus tôt possible pour faire en sorte que la conception soit le résultat d’échanges constructifs entre architecte, bureau d’étude thermique et artisans. Mais c’est surtout à nous les professionnels d’apprendre à communiquer entre nous : le thermicien doit proposer des solutions faisables par l’artisan et l’artisan doit en retour respecter les préconisations du thermicien. Cela est très important car cela évite les surprises en cours de chantier qui nuisent à tous et in fine aux particulier propriétaire !

Enfin, il est important d’être conscient qu’il n’existe pas une seule solution standard et c’est tout l’intérêt de contacter son bureau d’étude thermique pour avoir les meilleures solutions qui correspondent à chaque projet. Une maison en ossature bois orientée au Nord nécessitera une configuration très différente d’une maison en parpaing orientée au Sud. Si on habite un quartier où l’immobilier est extrêmement cher, pourquoi ne pas penser à mettre un isolant sous-vide très mince, certes cher mais qui évite de perdre un m² ? Pourquoi ne pas installer un panneau solaire photovoltaïque dans une région très ensoleillée pour avoir un taux de consommation d’énergie primaire maximum moins restrictif ? C’est ça qui fait la force d’un bureau d’étude thermique : connaître le fonctionnement de l’énergie dans le bâtiment et s’adapter à chaque projet et à chaque client en apportant un conseil totalement personnalisé.

CTA : N’hésitez pas à faire appel à Sénova si vous avez un projet de rénovation et que vous souhaitez en profiter pour embarquer intelligemment la performance énergétique dans ce projet. Nos thermiciens se feront un plaisir de vous accompagner dès l’étape de conception de votre projet jusqu’à la fin du chantier.

La RT 2012 est-elle applicable à mon projet ?

Depuis l’entrée en vigueur de la RT 2012, il y a de quoi se perdre dans les réglementations applicables. Certains cas ne sont d’ailleurs toujours pas tranchés. Voici une clarification de la réglementation applicable dans chaque cas.

Les bâtiments soumis à la RT2012

La RT 2012 est applicable à tous les bâtiments ou parties de bâtiments neufs chauffés ou refroidis afin de garantir le confort des occupants.

Sont spécifiquement cités dans la loi : bureaux, bâtiments à usage d’habitation (maisons individuelles ou accolées, logements collectifs, cités universitaires et foyers de jeunes travailleurs si leurs chambres possèdent une cuisine), enseignement, accueil de la petite enfance, bâtiments universitaires d’enseignement et de recherche, hôtels, restaurants, commerces, gymnases et salles de sport y compris les vestiaires, établissements de santé, EHPA, EHPAD, aérogares, tribunaux et palais de justice, bâtiments à usage industriel et artisanal.

Ne sont pas concernés par la RT2012 les bâtiments ou parties de bâtiment :

  • Dont la température normale d’utilisation est inférieure ou égale à 12 °C
  • Destinés à rester ouverts sur l’extérieur en fonctionnement habituel
  • Qui, en raison de contraintes spécifiques liées à leur usage, doivent garantir des conditions particulières de température, d’hygrométrie ou de qualité de l’air (Frigos, piscine,…)
  • Chauffés ou refroidis pour un usage dédié à un procédé industriel
  • Agricoles ou d’élevage
  • Servant de lieux de culte et utilisés pour des activités religieuses
  • Situés dans les départements d’outre-mer.

Ne sont également pas concernées les constructions provisoires prévues pour une durée d’utilisation de moins de deux ans

Permis de construire ne veut pas forcément dire RT2012

Le fait de déposer un PC ne signifie pas forcément que le bâtiment est soumis à la RT 2012. Inversement, un bâtiment peut être soumis à la RT 2012 et ne pas être soumis à un permis de construire. Du coup, savoir si on est soumis ou non à la RT 2012 peut s’avérer être un vrai casse-tête.

Voici quelques lignes qui permettent de s’y retrouver. Il existe sans doute des cas spécifiques que nous ne traitons pas ici. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaires, nous y répondrons dans la mesure du possible.

Les cas simples

Le cas général le plus simple est la construction neuve classique lorsque l’on part d’un terrain vierge. Dans ce cas, pas de doute, la RT2012 s’applique.

A l’opposé, lorsque l’on est dans de la rénovation pure, sans ajout de surface, c’est la RT existant qui s’applique. Ceci, même s’il y a un changement d’usage (une vieille grange convertie en habitation par exemple) comme le souligne le ministère dans le mail ci-après.

Le cas des surélévations et extensions est simple dans le cas où il n’y a pas de travaux lourds sur l’existant. Vous pouvez consulter notre article à ce sujet. En substance, si l’addition de SHONRT est inférieure à 30% de l’existant et à 150 m², alors seules les exigences de la RT existant éléments par éléments s’appliquent. Pour tous les autres cas (plus de 30% d’ajout ou plus de 150 m²), la RT2012 s’applique.

Les cas plus complexes

Dans le cas où on réalise des travaux lourds sur l’existant et que l’on ajoute également de la surface, c’est plus complexe et il y a un flou important.

Nous vous copions ici deux mails de David Delaune, chef de projet Réglementation Thermique au ministère (METL / MEDDE – DGALN/DHUP/QC/QC1). C’est à lui que remonte vos questions sur la RT 2012 lorsqu’elles suivent la voie classique (Mairie -> DDT -> DHUP) :

Le premier mail qui nous a été envoyé directement :

« Bonsoir,

En substance :
Un bâtiment existant, même partiellement démoli, est soumis à la RT existant tant qu’il reste une partie existante.
Les changements de destination ne sont pas soumis à la RT 2012 (ce sont des bâtiments existants).
Nous prévoyons effectivement une fiche d’application sur ce point.
Bien cordialement
David Delaune »

Le second nous a été transféré par Eymeric Trouchon, Architecte DPLG:

« Bonjour,

En terme de réglementation de construction, s’agissant d’un bâtiment existant qui fait l’objet d’une rénovation, dont notamment les murs restent ceux du bâtiment existant, la réglementation thermique à appliquer est celle des bâtiments existants avec l’attestation à fournir à l’achèvement des travaux correspondante (décret n°2012-490 du 13 avril 2012).
Bien cordialement,
David Delaune »

En attendant donc la fiche d’application citée par David Delaune dans son mail, certains cas restent flous et sans réponse :

  • Une partie nouvelle construite après démolition serait soumise à la RT existant mais une extension seule serait soumise à la RT 2012 ?
  • Quid des locaux à moitié dans l’existant et à moitié dans une extension ou une surélévation ?
  • Quid des surélévations partielles (les murs de l’étage supérieur sont à moitié ancien et à moitié neuf) ?
  • Quid des extensions non accolées (des deux côtés d’un bâtiment par exemple) ? Faut-il qu’elles respectent la RT 2012 indépendamment ou non ?

CONCLUSION

En attendant une clarification, nous ne pouvons que vous conseiller dans la mesure du possible d’essayer de respecter la RT 2012 en cas de doute. Comme elle est plus exigeante que la RT existant, vous ne risquez pas de mauvaise surprise. Par ailleurs le maitre d’ouvrage s’y retrouvera sur le long terme par la valorisation de son bien et les factures d’énergie très faibles. Faites appel à un bureau d’étude thermique fiable, réactif et simplifiant qui vous conseillera dans les choix de conception afin de construire en conformité avec la règlementation thermique en vigueur.

Comparez tous les isolants pour réussir votre rénovation

A la suite de notre premier article qui vous a présenté tous les isolants les plus couramment utilisés, nous publions ce tableau récapitulatif qui tente d’établir un paysage complet des solutions d’isolation. Attention, les résistances thermiques et les prix sont des chiffres approximatifs, car ils dépendent en réalité de chaque produit. De même, la durabilité est exprimée en ordre de grandeur plutôt qu’en années.

FamilleIsolantRésistance thermique pour 100 mm en m².K/WDurabilitéPrix au m² en €Consommation d'énergie grise
Isolant synthétiqueVerre cellulaire2,4Excellente30Très élevée
Ouate de polyester2,6Bonne10Elevée
Polystyrène expansé2,7Moyenne8Moyenne
Polystyrène extrudé3,4Bonne20Elevée
Polyuréthane3,8Bonne20Très élevée
Mousse phénolique4,7Bonne20Elevée
Isolant naturelPaille1,5Bonne2Très faible
Ouate de cellulose2.0Moyenne15Faible
Chanvre2,1Moyenne15Faible
Fibre de bois2,4Bonne15 Variable
Laine de mouton2,5Mauvaise20Faible
Laine de coton2,5Moyenne22Faible
Lin2,7Bonne15Faible
Liège2,7Bonne20Moyenne
Plumes de canard2,8Mauvaise20Faible
Isolant minéralVermiculite1,7Excellente15Moyenne
Perlite2,0Excellente20Moyenne
Laine de roche2,5Bonne5Moyenne
Laine de verre2,8Moyenne3Moyenne
Nouvelle générationAérogel8,3Moyenne194Très élevée
PIV14,3Bonne50Elevée
Isolation répartieBéton cellulaire0,7Excellente30Moyenne
Terre cuite0,9Excellente50Moyenne
Pierre ponce0,9Excellente40Moyenne
Argile expansé1,0Excellente80Moyenne
Isolant réfléchissant1,2Moyenne5Elevée

Pour ou contre les Panneaux d’Isolation sous Vide (PIV ou VIP) ?

Une nouvelle génération de panneaux d’isolation affirment actuellement leur supériorité technologique et sont entrés en concurrence avec les isolants classiques. Reste à savoir si, comparativement, ils sont utiles et rentables pour votre maison.

Une technologie prometteuse…

Les panneaux isolants sous vide ont un avantage non négligeable, c’est d’être au meilleur niveau technologique de l’isolation thermique. Avec un lambda de 0,007, l’efficacité, selon le CNRC, serait environ 5  fois supérieure aux isolants courants comme la laine minérale (lambda de 0,032 au mieux).

Le noyau (ou âme) est constitué d’un acide silicique (matériau très peu conducteur) auquel on ajoute un produit qui empêche la conduction et le rayonnement. L’âme est poreuse et va ainsi contenir du (vrai) vide. Pour empêcher tout gaz de passer, notamment l’air et la vapeur d’eau, un film (souvent de l’aluminium) recouvre les panneaux.

Cette technologie ne doit pas être confondue avec les isolants minces, très à la mode, qui ne s’attaquent qu’au rayonnement sans traiter la conduction. Si ces isolants apportent un véritable plus pour le confort, leur efficacité en matière d’économie d’énergie est très limitée.

Le PIV, pour sa part, est bien 5 fois plus efficace qu’un isolant classique d’un point de vue thermique. On obtiendra donc la même performance qu’un autre isolant avec 5 fois moins d’épaisseur. La faible épaisseur permet ainsi un énorme gain d’espace (5 à 10% selon l’ADEME).

… mais de lourds inconvénients

Il y a cependant trois problèmes principaux :

  1. Ce sont des matériaux encore très chers (40 à 60€ /m² minimum). Si la tendance des prix devrait être à la baisse, cela va être lent et prendre du temps.
  2. Ils sont fragiles et la perte d’efficacité est très grande s’il y a une perforation. Apparemment, il y a toutefois des progrès de ce côté : les unités placées sous vide seraient assez petites et nombreuses pour que la perforation d’une d’elles ne soit pas trop handicapante pour le reste du panneau. Pour palier à ces risques, il y a aussi la possibilité de placer une plaque protectrice sur le panneau isolant. Celle-ci peut être assez épaisse pour supporter le plantage de clous, ou assez dure pour résister à un foret de perceuse.
  3. Ils ne sont pas encore généralisés à beaucoup de constructions, donc leur efficacité à long terme reste pure hypothèse. Mais les tests effectués (EDF/CSTB) présagent d’une bonne durée de vie, évaluée à près de 50 ans

On pourrait ajouter que ce n’est pas une solution très écologique en termes d’énergie grise, étant donné qu’il s’agit de matériaux non naturels et polluants.

Quel intérêt pour votre maison ?

Pour l’instant, les panneaux d’isolation sous vide sont encore trop chers pour être rentables sur une grande surface. Ce qui les rend particulièrement intéressants, c’est leur faible épaisseur.

On les utilise donc principalement dans les zones difficiles d’accès. Lorsque les fenêtres s’ouvrent à l’intérieur et que le tableau de fenêtre est tout juste assez grand pour le permettre, si vous rénovez l’isolation, vous ne pourrez pas placer un isolant classique autour de la fenêtre au risque de gêner l’ouverture. Avec un isolant sous vide, très mince, vous pourrez placer seulement 1 cm d’isolant et traiter ainsi le pont thermique tout en permettant le mouvement de la fenêtre. L’isolant sous vide peut également se poser derrière un radiateur ou de la tuyauterie et éviter ainsi d’importants travaux de plomberie.

Où se procurer des panneaux d’isolation sous vide ?

Il n’existe que très peu d’entreprises (allemandes et suisses principalement) qui vendent des PIV en Europe. Le plus sûr est de s’adresser à un intermédiaire qui pourra vous conseiller, vous présenter les alternatives, pour arriver à une grande efficacité pour un prix raisonnable.

Les travaux de rénovation entrepris par les particuliers se tournent de plus en plus vers les économies d’énergie

Une étude menée par Quotatis montre que les français privilégient les travaux d’isolation aux travaux dit « superflus ». En effet, les tendances en matière de travaux de rénovation auprès des particuliers prouvent que nous sommes de plus en plus sensibles aux économies d’énergies.

Les tendances en matière de travaux

Les fenêtres et les volets se situent en tête de liste des travaux de rénovation entrepris par les français malgré une baisse du crédit d’impôt depuis le début de l’année 2011. Les travaux d’optimisation de l’espace par l’aménagement de vérandas et de loggias par exemple, restent également en bonne position.

On observe par ailleurs une baisse des demandes de travaux « superflus » (aménagement intérieur, décoration, construction de piscine, …).

Pourquoi les particuliers entreprennent de plus en plus de travaux d’économie d’énergie ?

Les travaux de rénovation énergétique sont souvent motivés par des raisons financière plus qu’environnementales. En effet, la hausse des prix de l’énergie exerce une action considérable sur les travaux que les français entreprennent. Les travaux d’économie d’énergie sont ainsi privilégiés.

Les aides financières publiques influencent également le choix des travaux entrepris puisque de nombreux ménages optent pour des travaux aidés comme l’isolation des mur bénéficiant d’un crédit d’impôt de 22%.

Enfin, le souci de valorisation du logement motive une grande partie des travaux que les français entreprennent. En effet, les prix croissants de l’immobilier incite les ménages français à rénover plutôt que d’acheter.  Les travaux d’optimisation de l’espace et d’extensions connaissent ainsi une forte croissance.

Les français privilégient donc de plus en plus les travaux « utiles », qui permettent de réduire les dépenses énergétiques et d’améliorer leur confort. Ces choix s’expliquent essentiellement par la hausse des prix de l’énergie, les aides financières, et le souhait de valorisation des logements.