Réduire votre exposition aux ondes électromagnétiques : une façon de rendre votre habitat plus sain !

Les ondes électromagnétiques sont maintenant partout. En plus des circuits électriques classiques, les téléphones mobiles, tablettes, ordinateurs, et les objets connectés sont à l’origine de ces ondes dont on perçoit mal les conséquences. Elles font partie de notre quotidien, invisibles, mais de plus en plus d’habitants se disent gênés par l’omniprésence des ondes électromagnétiques, même à des niveaux réglementaires. Cette gêne, qui est décrite comme plus ou moins aiguë ou chronique selon les cas, est nommée « syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques » ou « électro-sensibilité ». Les personnes électro-sensibles disent souffrir de fatigue, d’irruptions cutanées, de difficulté de concentration, de nervosité ou d’autres maux divers.

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Si les liens de causalité entre les ondes électromagnétiques à des niveaux réglementaires et les maux du syndrome d’électro-sensibilité n’ont pas encore été démontrés officiellement, il est clair que réduire son exposition aux ondes électromagnétiques ne peut pas faire de mal. Cette prise de conscience semble de plus en plus forte chez les habitants, à l’image d’Anne-Lise M, habitante à Lyon : « Mon mari et moi souhaitons vivre dans un habitat sain et confortable, source de ressourcement. Pour nous, cela intègre aussi bien l’utilisation de peintures écologiques que la réduction à l’exposition aux ondes électromagnétiques. Par ailleurs, nous avons une petite fille en bas âge et attendons un deuxième enfant, ce qui nous rend d’autant plus sensibles à ces problématiques même si nous ne souffrons pas du syndrome d’intolérance. »

Vous aussi, vous pouvez dès à présent rendre votre habitat plus sain en y réduisant les sources et les effets des ondes électromagnétiques. Pour cela, la première étape est d’établir un diagnostic électromagnétique de votre logement. Pour quel coût ? Quelles en sont les modalités ? Qui contacter ? Réponses.

Un diagnostic de votre habitat réalisé par un géobiologue

La Géobiologie est l’étude de l’influence des ondes sur le vivant. Le géobiologue Henry-Laurent Jansa confirme tout l’intérêt d’établir un diagnostic pour se prémunir des risques «on peut se protéger des ondes en étant attentifs à son mode de vie, en éloignant les sources de pollution et en installant des systèmes de protection et d’harmonisation. Il ne sert à rien d’acheter des solutions de protection si on ne connaît pas la source en elle-même. D’où la nécessité d’établir un diagnostic. Il faut distinguer les basses et les hautes fréquences. Les ondes basses fréquences correspondent à tout ce qui touche aux 220 volts : les fils, appareils, transformateurs, etc. Les hautes fréquences par exemple au wifi. Sur le marché, il existe différents types de produit pour se prémunir simplement des basses fréquences ou des hautes fréquences. Mais parfois des gestes permettent de se protéger simplement, avec par exemple un raccordement au fil de terre. La mise en œuvre diffère en fonction des cas et des logements.».

diagnostic-onde-electromagnetique-2Concrètement, l’expert se déplace dans votre logement et fait le tour des pièces (comptez deux à trois heures) avec ses appareils de mesure des rayonnements électromagnétiques.

« Le diagnostic de l’expert a permis de mettre en évidence certaines lacunes au sein de notre habitation à l’origine d’émissions d’ondes électromagnétiques importantes, et de les corriger. Par exemple, certains appareils n’étaient pas reliés à la terre, ce qui représente à la fois une source de danger et d’émission importante d’ondes électromagnétiques.

Par ailleurs, l’expert nous a donné de nombreux conseils sur les branchements de nos appareils électriques, l’emplacement idéal des lits pour assurer une bonne qualité de sommeil, …ou tout simplement des conseils sur l’utilisation de nos téléphones portables. » affirme Anne-Lise M. « Les conseils sont très concrets et applicables dans l’immédiat, ce qui permet d’améliorer rapidement la qualité de l’habitat. Par ailleurs, j’ai apprécié la démarche globale de l’expert dans son analyse et son diagnostic. »

Faire intervenir un géobiologue pour un diagnostic de votre habitat vous coûtera de 250 à 500 euros TTC hors frais de déplacement.

Pour Anne-Lise M, « le prix de la prestation nous a paru tout à fait conforme au temps passé et au service délivré par l’expert. Nous l’intégrons dans le coût global d’emménagement et cela nous assure d’améliorer nos conditions de vie au quotidien. »

Certains géobiologues peuvent profiter de l’audit pour élargir leur recherches (et corrections !) à des questions encore plus sujettes à polémiques mais que vous pourrez décider de croire si cela vous intéresse : les mémoires du lieu et des murs, les réseaux telluriques, les failles et cours d’eau qui sillonnent le sous-sol de l’habitation.

A qui s’adresser ?

Si vous souhaitez être mis en relation avec un géobiologue proche de chez vous, merci de remplir le formulaire suivant.

NB : Sénova (auteur de l’article) n’étant pas expert en électromagnétisme, nous nous dédouanons de toute responsabilité quant à la prestation fournie. Nous vous proposons simplement de vous rendre service en vous mettant en relation (si possible) avec un géobiologue.

Les « architectes-énergéticiens » existent : ce sont les bureaux d’études thermiques, conseillers en rénovation énergétique

UFC-Que ChoisirLe 28 mai dernier, l’UFC Que Choisir a publié une étude intitulée « Rénovation énergétique des logements : la piètre performance des professionnels impose une reconstruction du système » dans laquelle l’association alimente le débat de la loi de transition énergétique par une enquête de terrain.

Le syndicat Cinov Construction, représentant les bureaux d’études et l’ingénierie de la construction et de la rénovation (dont Sénova est membre actif) alerte l’UFC – Que Choisir et ses lecteurs sur deux apports complémentaires du Cinov Construction à ce travail de grande qualité :

  1. L’étude passe complètement à côté de l’existence d’une troisième famille d’acteurs sur le terrain, à côté des deux familles étudiées par l’association (« Les diagnostiqueurs et thermiciens partenaires de GDF-Suez et EDF » et « les professionnels de la rénovation énergétique »). En effet, il existe une troisième famille bien présente : les bureaux d’études thermiques et ingénieur-conseils en efficacité énergétique. Ce sont des ingénieurs thermiciens indépendants dont le métier est d’accompagner les particuliers dans la rénovation énergétique de leur habitat afin de leur permettre de rénover sans se tromper : Lui faire faire les meilleurs choix de conception, puis lui permettre d’identifier les aides dont il peut bénéficier, l’aider dans la consultation des entreprises, lors de l’exécution de son chantier et même après la réception. Vous l’avez compris, ils ne sont rien d’autres que les « architectes-énergéticiens » dont l’UFC Que-Choisir recommande la promotion !
  2. Quel coût et valeur pour la mission d’ « Architecte-énergéticien » ?
    Côté coûts, l’ingénierie de travaux de rénovation énergétique nécessite beaucoup de temps et la mise en œuvre d’un savoir-faire très qualifié et donc coûteux en matière grise. En moyenne, notre expérience montre que la phase audit/conseil nécessite environ 2/3 jours à 650 € HT/jour et la phase maîtrise d’œuvre environ 10% du montant des travaux . De plus, le coût de cette ingénierie se fait pleinement sentir par le particulier propriétaire qui la prend totalement à sa charge afin de garantir la complète indépendance de l’ingénieur.
    Côté valeur pour le propriétaire habitant, il y a un aspect économique, et un aspect culturel. Sur le plan économique, comme le montre bien l’étude de l’UFC-Que Choisir, l’ingénierie déployée se justifie pleinement en cas de rénovation importante et ne représente que quelques pourcents du montant global des travaux. Pour des projets de plus faible taille, l’ingénierie déployée a également une équation économique positive dès lors que le propriétaire habitant se projette sur plusieurs années dans sa maison et envisage donc plusieurs projets successifs pour lesquels il a besoin d’une vision globale. Sur l’aspect culturel, de nombreux propriétaires habitants français (les Anglo-Saxons n’ont pas la même barrière) ont des difficultés à investir la valeur de cette ingénierie et privilégient souvent l’investissement dans les travaux (« du concret ») plutôt que dans l’ingénierie de la rénovation. Cinov Construction abonde donc en faveur de la recommandation de l’UFC-Que Choisir d’innover sur le mode de financement de cette ingénierie pour lever la barrière culturelle chez bon nombre de consommateurs en aiguillant le dispositif du CEE et du CIDD sur l’ingénierie (trop souvent négligée, et bâclée par les énergéticiens comme l’étude le montre) plutôt que sur la mise en œuvre elle-même.

Comme le suggère Cinov construction, nous espérons que l’UFC – Que Choisir complétera rapidement son enquête avec cette troisième famille d’acteur afin de délivrer une information parfaitement complète et juste à l’aube de l’ouverture des débats de la loi de transition énergétique.

Yann, thermicien chez Sénova : « Le coût de l’étude est rentabilisé par les économies d’énergies futures réalisées et les résultats en termes de confort et de valorisation du bien sont bien là ! »

Yann MetzgerYann est thermicien chez Sénova depuis trois ans et s’occupe d’accompagner les particuliers dans leurs travaux de rénovation énergétique afin de réduire leur facture énergétique, valoriser leur bien et améliorer leur confort de vie. Il nous décrit le quotidien d’un thermicien chez Sénova et pourquoi ce métier est selon lui voué à se développer dans les 50 prochaines années.

Peux-tu nous présenter ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Tout a commencé après le baccalauréat quand je me suis orienté vers un IUT en « mesures physiques ». Je me suis ensuite spécialisé dans le secteur des énergies renouvelables en entrant en licence professionnelle dite « VERTE » (Valorisation des Energies Renouvelables et Technique Energétique). Je suis entré juste après chez Sénova en janvier 2011 en tant que premier chargé de mission thermicien.

Que signifie être « chargé de mission – thermicien » chez Sénova ?

Etre thermicien chez Sénova, cela veut dire accompagner le particulier qui se lance dans des travaux de rénovation pour qu’il embarque la performance énergétique à cette occasion et donc qu’il :

  • Améliore son confort de vie en hiver comme en été ;
  • Valorise son patrimoine pour une future revente ;
  • Fasse des économies sur sa facture énergétique et réduise son impact environnemental ;
  • Respecte les normes environnementales en vigueur : dans le cas de la rénovation c’est la réglementation thermique sur l’existant (RT Existant) qui s’applique.

Cela se concrétise par la réalisation d’une étude thermique pour identifier les marges de progrès énergétiques que peut apporter le projet de rénovation. Cela fait appel à une multitude de compétences : connaître parfaitement les principes physiques de la thermique appliquée au bâtiment, connaître les réglementations, les différentes solutions techniques (systèmes et matériaux) utilisables, savoir réaliser une modélisation thermique sur logiciel et en comprendre les calculs et les arcanes, avoir une vision globale et économique du projet et bien d’autres exigences.

Il faut aussi disposer d’une écoute très attentive pour donner les solutions au client en fonction de ses besoins, de son budget et ses sensibilités personnelles. Il y a donc une grande part de pédagogie pour expliquer le sujet complexe de la thermique du bâtiment à des particuliers non initiés.

Mais concrètement, à quoi ressemble les différentes prestations que tu peux fournir pour un projet de rénovation ?

pack_savoir-quoi-faireCela dépend du besoin du client qui conditionne le choix d’une des trois principales prestations  que nous lui proposons :

  • L’Audit Eco-Habitat : Généralement, un client nous contacte parce qu’il ressent un certain inconfort thermique dans son habitat dû à une sensation de froid ou d’humidité. Nous allons alors sur place procéder à un audit énergétique qui consiste à observer et analyser les déperditions thermiques dans la maison à l’aide d’une caméra thermique. Quand nous avons trouvé les sources de l’inconfort, nous écrivons un rapport avec nos préconisations pour remédier à cette situation.
  • La Réno-Conseil : Nous prescrivons un accompagnement plus global quand le client veut faire un état des lieux complet de son bien d’un point de vue thermique et qu’il a un projet de rénovation en tête. Ce type de prestation permet au client de savoir quels investissements prioriser et quels seront les impacts énergétiques et économiques de différents scénarios proposés pour améliorer son confort et embarquer la performance énergétique à l’occasion de ses travaux.
  • La Réno-Intégrale : Nous poussons l’accompagnement encore plus loin en associant à la Réno-Conseil des cahiers des charges techniques adaptés à la maison individuelle. Cela permet au particulier et/ou son architecte de consulter les entreprises sur des bases clairement définies, fiables avec des détails techniques précisant notamment des points de mises en œuvre (étanchéité à l’air). Ils ont ainsi des discours d’égal à égal avec les entreprises et peuvent mieux négocier et comparer les offres.

Mais pourquoi font-ils appel à toi alors que ce n’est pas obligatoire ?

Parce que le coût de l’étude est rentabilisé par les économies d’énergies futures réalisées et les résultats en termes de confort et de valorisation du bien sont bien là ! Se faire accompagner par Sénova, c’est l’opportunité de se poser les bonnes questions : ne vaut-il pas mieux commencer par améliorer la performance de l’enveloppe avant de changer le système de chauffage ? N’est-il pas plus rentable d’isoler de 20 cm tout de suite plutôt que 10cm aujourd’hui et 10cm demain ? Notre expertise permet au client de s’assurer qu’il va dans la bonne voie et qu’il fera le maximum d’économies d’énergie pour ne pas « tuer le gisement » d’économies comme on dit dans le jargon.

En outre, nous garantissons au client qu’il embarque intelligemment la performance énergétique dans son projet sans surinvestir inutilement mais sans passer à côté de l’opportunité de bien le faire. Nous avons coutume de préconiser d’aller au delà de la réglementation actuelle en visant dès aujourd’hui les standards de demain. L’avantage de Sénova, c’est qu’on est sûr de s’engager vers un bâti de qualité et pérenne dans le long-terme.

Quel est le profil type des clients que tu accompagnes dans leur projet de rénovation ?

Nous travaillons pour tout types de clients mais l’expérience montre que nous retrouvons certains profils récurrents : ce sont souvent de jeunes propriétaires qui viennent d’acquérir un nouveau bien et qui profitent de l’occasion pour lancer des travaux de rénovation : c’est une période clé car le logement est vide et cela permet d’intégrer le coût de la rénovation au montage financier de la vente. Ils sont souvent sensibilisés à l’écologie sans en être pour autant des ayatollahs !

Il y a aussi souvent des propriétaires qui viennent au moment de travaux d’entretien pour embarquer la rénovation énergétique et faire une pierre deux coups, ce qui est en soit un choix très intelligent.

Je constate aussi de plus en plus de personnes plus âgées habitant dans des passoires énergétiques venir à nous pour réduire leur facture d’énergie avant la retraite et la perte de revenus qui s’en suit.

Peux-tu nous décrire une journée type de thermicien chez Sénova ?

Il n’y a pas vraiment de journée-type chez Sénova. On peut passer des journées entièrement consacrées à un client ou avoir des projets internes à l’entreprise comme la formation d’un nouvel arrivant ou des réunions de réflexion et de partage de solutions techniques innovantes.

Pourquoi avoir choisi de faire ce métier ? Comment cela t’es venu ?

Cela m’est venu assez tardivement au cours de mes études quand je me suis décidé à travailler dans la maîtrise de l’énergie. J’ai été particulièrement attiré par l’orientation de mon métier vers des secteurs importants de la vie et proches des inquiétudes de la population : le logement et l’environnement.

Pourquoi avoir choisi Sénova comme employeur ? Qu’est-ce qui t’a enthousiasmé ?

Logo senovaCe qui m’a enthousiasmé, c’est l’esprit « start-up » d’une entreprise qui croit en son avenir. Ce n’était à l’époque qu’une équipe de deux jeunes ingénieurs dynamiques qui apportaient un regard neuf aux questions de l’énergie. Nous sommes désormais une vingtaine de salariés motivés autour de cette problématique !

Aujourd’hui quelles sont tes joies et tes peines en tant que thermicien chez Sénova ? Quels sont les aspects que tu apprécies le plus dans ton métier et ceux que tu trouves plus difficiles ?

Ce que j’apprécie au jour le jour chez Sénova, c’est enrichir la vision d’ensemble que j’ai de l’énergie dans le bâtiment. On sait jouer avec l’isolation et le chauffage, on mixe tout ça, et ça fait des projets innovants ! Et il faut dire que l’actualité du bâtiment durable bouge sans cesse avec les réglementations qui s’enchaînent et qui impactent notre façon de travailler.

Le plus difficile à encaisser, c’est éventuellement le manque de sensibilité des particuliers aux enjeux de la thermique du bâtiment et parfois le manque de compréhension de notre travail.

terre-330x220_0Je regrette aussi le double message qui est porté à l’oreille du consommateur. D’un côté on lui dit qu’il faut mettre en mouvement la transition énergétique qui implique souvent des travaux lourds qui « gagnent en intérêt » avec la hausse du prix de l’énergie (phénomène inéluctable au vu de l’appauvrissement des stocks de gaz, pétrole…). D’un autre côté il y a un message politique qui lui fait croire que tout est fait tout pour que l’énergie soit disponible à bas prix, et il y a même des publicités qui vont jusqu’à garantir le prix de l’énergie sur plusieurs années… Cela ne fait que retarder les prises de décisions… C’est un peu le serpent qui se mord la queue et du coup le consommateur se retrouve perdu et le réchauffement climatique avance.

Comment présenterais-tu Sénova à tes proches ou à tes amis ? Qu’est-ce qui en fait ses caractéristiques propres selon toi ?

Je présenterais Sénova comme une entreprise jeune et dynamique et en même temps sérieuse et très pointilleuse dans la réalisation de ses études thermiques. On ne s’arrête pas au cadre réglementaire et nous essayons de faire un grand effort de pédagogie.

Comment fais-tu pour faire progresser sans cesse ton niveau d’expertise et de savoir-faire et ainsi garantir que Sénova est et restera véritablement une entreprise experte sur le domaine de la thermique du bâtiment ?

Par la veille documentaire, que ce soit la presse, la communication avec les autres thermiciens. Il faut une certaine curiosité personnelle et aller plus toujours plus loin en consultant les professionnels du secteur et les industriels pour être à la pointe du sujet et ne pas rester dans son carcan d’ingénieur.

Conseillerais-tu aux jeunes et lycéens de s’orienter vers le métier de thermicien et si oui pour quelle raisons ?

Evidemment, j’invite tous les lycéens et étudiants intéressés par la science et les techniques à s’intéresser au secteur dynamique du bâtiment. C’est aussi une très bonne porte d’entrée pour intégrer le mille-feuille complexe que représentent les acteurs de l’énergie aujourd’hui. C’est un métier d’avenir où les opportunités vont fleurir d’ici 2020 et 2050, dates clés choisis par les pouvoirs publics pour atteindre l’objectif ambitieux de généraliser les bâtiments à énergie positive et de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre.

Peux-tu nous partager une ou deux anecdotes marquantes de ton expérience chez Sénova ?

Je me souviens d’un audit Eco-Habitat auquel j’ai participé avec mon supérieur Pierre-Manuel Patry. Des particuliers nous ont contactés parce qu’ils en avaient marre d’avoir froid au pied dans leur salon. En fait, au bout d’un moment, alors que nous ne trouvions pas la source de l’inconfort avec notre caméra thermique, nous avons eu l’idée de déplacer un fauteuil. Bingo ! Nous avons constaté que les franges de tissu tombant sur le sol des extrémités avaient une action isolante sur la masse d’air en dessous du fauteuil et laissaient filtrer de l’air froid au sol… Nous avons alors préconisé d’isoler le fauteuil, ce qui est plutôt atypique ! Les clients, qui avaient tout essayé avant de faire appel à nos services nous ont envoyé un mail de remerciement très touchant après quelques semaines qui confirmait la réussite des préconisations.

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Préconisation illustrée de l’isolation du fauteuil

Quel conseil donnerais-tu à un particulier qui se lance dans un projet de rénovation ?

Je lui dirais de se faire accompagner par de bons professionnels et de se mettre en relation avec eux le plus tôt possible pour faire en sorte que la conception soit le résultat d’échanges constructifs entre architecte, bureau d’étude thermique et artisans. Mais c’est surtout à nous les professionnels d’apprendre à communiquer entre nous : le thermicien doit proposer des solutions faisables par l’artisan et l’artisan doit en retour respecter les préconisations du thermicien. Cela est très important car cela évite les surprises en cours de chantier qui nuisent à tous et in fine aux particulier propriétaire !

Enfin, il est important d’être conscient qu’il n’existe pas une seule solution standard et c’est tout l’intérêt de contacter son bureau d’étude thermique pour avoir les meilleures solutions qui correspondent à chaque projet. Une maison en ossature bois orientée au Nord nécessitera une configuration très différente d’une maison en parpaing orientée au Sud. Si on habite un quartier où l’immobilier est extrêmement cher, pourquoi ne pas penser à mettre un isolant sous-vide très mince, certes cher mais qui évite de perdre un m² ? Pourquoi ne pas installer un panneau solaire photovoltaïque dans une région très ensoleillée pour avoir un taux de consommation d’énergie primaire maximum moins restrictif ? C’est ça qui fait la force d’un bureau d’étude thermique : connaître le fonctionnement de l’énergie dans le bâtiment et s’adapter à chaque projet et à chaque client en apportant un conseil totalement personnalisé.

CTA : N’hésitez pas à faire appel à Sénova si vous avez un projet de rénovation et que vous souhaitez en profiter pour embarquer intelligemment la performance énergétique dans ce projet. Nos thermiciens se feront un plaisir de vous accompagner dès l’étape de conception de votre projet jusqu’à la fin du chantier.

Raphaël Claustre : « Il faut remonter la réglementation thermique sur l’existant, aujourd’hui complètement obsolète, au niveau BBC-Rénovation  »

Raphaël Claustre, Directeur du CLER – Réseau pour la transition énergétique, nous livre sa vision d’un modèle énergétique plus propre, plus décentralisé et qui implique le citoyen. Il revient également sur sa participation au Débat National sur la Transition Energétique et son action pour la montée en force des Territoire à Energie Positive.

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Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le CLER et son implication dans le débat national sur la transition énergétique ?

CLERLe CLER – Réseau pour la transition énergétique a été créé en 1984 – donc bientôt 30 ans ! – à l’initiative des associations locales qui essayaient de construire un nouveau modèle alternatif aux énergies fossiles et plus tard au nucléaire. On a accueilli ensuite les entreprises et collectivités territoriales dans une volonté d’unir toutes les forces impliquées dans la transition énergétique. On est aujourd’hui un réseau de plus de 200 adhérents avec trois tiers à peu près égaux d’associations locales, d’entreprises (PME/TPE principalement) et de collectivités locales, agences locales de l’énergie et organismes de formation. Nous avons développé un panel d’activités parallèle au réseau principal comme la lutte contre la précarité énergétique avec le réseau RAPPEL, l’accompagnement des Territoire à Energie Positive (TEPOS), le développement d’une revue mensuelle et la constitution du plus grand centre de documentation de France sur la transition énergétique.

Nous avons en outre une activité de lobby d’intérêt général sur l’énergie auprès des pouvoirs publics. Nous avons largement été associés au Grenelle de l’Environnement et au Débat National sur la Transition Energétique (DNTE). Nous avons participé à 7 des 8 groupes de travail du DNTE et co-piloté ceux sur la gouvernance de la transition et celui sur l’étude sur l’obligation de rénovation avec la FFB.

Vous avez co-dirigé avec la FFB le groupe de travail sur l’obligation de rénovation. Quelles propositions avez-vous finalement avancé ?

La question qui s’est posée a été la suivante : si on veut atteindre le facteur 4 d’ici 2050, il faudra rénover 25 des 28 millions de logements existants au niveau BBC. Cela nécessite d’aller sur un rythme de 700 à 800 000 rénovations par an avec un niveau de consommation d’énergie de 80 kWh/m2/an et de préférer une rénovation globale quand c’est possible ou par étape même si cela coûte un peu plus cher. Or, comment envisager l’évolution du parc existant avec un taux de renouvellement inférieur à 1% par an et des incitations à la rénovation pas assez conséquentes ?

Plusieurs solutions ont fait consensus entre le CLER et la FFB sur les modalités de l’obligation de rénovation possiblement applicable :

  • Il faut remonter la performance de la RT sur l’existant, qui est aujourd’hui complètement obsolète, à un niveau BBC sur tout projet de rénovation supérieur à 25% de la valeur du bien.

  • Il faut revoir les modalités de la distinction entre « RT globale » et « RT élément par élément ». On applique une RT globale seulement sur une rénovation de plus de 25% de la valeur du bien, avec une surface supérieure à 1000 m2 et pour les bâtiments après 1948. Il faut supprimer la restriction pour les bâtiments d’avant 1948 car ça n’a pas de sens et abaisser le seuil des 1000 m2 à 50 m2 comme nous l’impose la directive européenne sur la performance énergétique du bâtiment. Nous avions jusqu’à juillet 2013 pour nous mettre aux normes européennes.

  • Il faut grouper les travaux quand cela est possible, c’est-à-dire ne pas isoler avec10 cm lorsque 20 sont nécessaire pour éviter de « tuer le gisement ». L’intérêt est de mutualiser les coûts entre deux travaux de rénovation énergétique mais également avec les travaux d’entretien. Par exemple, la mairie de Paris impose aux propriétaires de faire un ravalement de façade tous les 10 ans. Elle pourrait obtenir un pouvoir de poice similaire pour intégrer la rénovation énergétique aux ravalements. L’idée c’est d’intégrer l’exigence énergétique dès lors qu’on rénove sa toiture, sa façade ou sa fenêtre pour optimiser le coût de la rénovation.

  • Nous sommes favorables à la constitution d’un « fond de prévoyance » obligatoire pour les copropriétés. C’était pourtant prévu dans la loi ALUR de cette année mais le Conseil d’Etat a émis un avis défavorable au nom de la liberté individuelle (article 4 de la Constitution). On attend l’arbitrage du gouvernement.

Le rapport qui a réuni plus de 1000 pages de contribution initialement prévu à la mi-juin sortira en septembre prochain. Nous avons préféré attendre la fin du Débat National sur la Transition Energétique pour se focaliser aujourd’hui sur les grands principes et proposer plus tard des mesures plus précises.

Avez-vous pu intégrer toutes vos revendications ?

Raphaël ClaustrePas totalement, j’ai le regret de ne pas avoir pu convaincre la FFB sur la nécessité d’interdire progressivement les logements insalubres et les plus énergivores en commençant par les passoires énergétiques. Aujourd’hui, avec la jurisprudence actuelle, si un logement n’a pas de point de chauffage mais dispose d’une prise sur laquelle on peut brancher un convecteur électrique, sa location est légale ! Selon nous, ce type de logement relève du taudis!

L’idée est d’aller vers l’interdiction progressive des logements insalubres en interdisant dès 2018 la mise en location de logement de classe G et en remontant le très progressivement le niveau d’exigence jusqu’en 2050 pour que les acteurs aient le temps d’anticiper. Il y a un gisement énorme de réduction de la facture énergétique et de hausse du confort de l’habitant.

J’avoue être agacé par les réflexions des détracteurs qui pensent que cela va affecter le marché de l’immobilier car cela sous-entend d’une certaine manière que pour eux le taudis et la précarité énergétique sont des solutions à la crise du logement. Avec leur logique, on pourrait retirer l’obligation d’accès à l’eau potable des critères de salubrité et de décence pour créer du logement !

Le problème est que la valorisation du patrimoine résultant de la rénovation est beaucoup moins pertinente en centre-ville car ils trouvent toujours acquéreur quelque soit l’état énergétique et sanitaire du logement ! La « valeur verte » du logement prend moins de sens en zone tendue. De plus, l’autre obstacle est que le bénéfice en termes de facture énergétique et de hausse du confort n’est pas récupéré directement par celui qui investit mais par le locataire. Le propriétaire est donc beaucoup moins sensibilisé à la nécessité de rénovation dans les passoires énergétiques dans lequel il n’habite pas !

Nous réfléchissons par ailleurs à l’opportunité d’obligation de travaux lors de la mutation (liée à une vente ou à un héritage). C’est intéressant car c’est une étape pendant laquelle logement est vide un certain temps, possiblement soumis à certains travaux et qui donne lieu à un montage financier dans lequel on pourrait intégrer l’investissement de la rénovation énergétique. J’ai le sentiment que c’est encore un peu tôt mais c’est un bon levier à ne pas négliger.

Comment expliquez-vous le refus des fédérations du bâtiment à cette obligation alors qu’elle pourrait profiter directement de cette nouvelle demande de rénovation dans la construction ?

Il y a sans doute une certaine déception vis-à-vis des promesses qui leurs ont été faites lors du Grenelle de l’environnement, qui sont loin d’avoir été tenues. Il en résulte une certaine frilosité sur le marché de la rénovation énergétique.

Il y a aussi la crainte de l’effet d’éviction : si par obligation règlementaire, certains travaux deviennent obligatoire, alors certains secteurs pourraient en pâtir. C’est regrettable car, globalement le monde du bâtiment serait très largement gagnant, même s’il est effectivement possible qu’il y ait en partie un transfert de certains travaux vers la rénovation énergétique.

Il y a une part des travaux énergétiques qui vont s’ajouter aux travaux de rénovation d’entretien initialement prévus et d’autres qui vont s’y substituer. Si j’investis 25 000 euros de rénovation énergétique, il y a des chances que je remette à plus tard la rénovation de la salle de bain… Mais je veux croire que les fédérations finiront par mettre en avant l’opportunité que cela représente pour les eco-artisans et entreprises « RGE ».

Vous animez les Territoires à Energie Positive (TEPOS). De quoi il s’agit-il ?

TEPOSLes Territoires à Energie Positive sont des collectivités territoriales en territoires ruraux, souvent des communautés de communes qui ont pour ambition de devenir plus autonome énergétiquement. Les territoires en question ont une visée politique en se réappropriant l’idée de la transition énergétique et un rôle opérationnel.

Il en résulte beaucoup d’innovation économique et social, des nouveaux modèle de production d’énergie au niveau local mobilisant des financements publics innovants, privés et l’épargne citoyenne. Mais il s’agit aussi de construire de nouvelles solidarités entre territoires ruraux à énergie positive et territoires urbains pour qui le 100% renouvelable est encore aujourd’hui utopique. On a pris exemple sur le modèle des collectivités allemandes dont 1/3 aujourd’hui appliquent ce modèle.

Quels retours d’expérience ?

Les retours sont pour l’instant très positifs. Une nouvelle politique énergétique locale est en marche avec comme corollaire une autonomie partielle, le développement des énergies renouvelables et la création de nouveaux emplois non-délocalisables. Nous ressentons une implication citoyenne énorme. Beaucoup d’élus locaux des régions en mouvement vont visiter les nouvelles installations et les rencontres nationales Tepos attirent aujourd’hui 500 participants. Les prochaines rencontres nationales Tepos auront d’ailleurs lieu en septembre 2014 à Mimizan.

Quant aux difficultés rencontrées, elles sont souvent du même ordre : la difficulté de massifier et d’agréger une démarche environnementale décentralisée dans un cadre administratif très centralisé et plutôt contraignant. Par exemple, l’idée pionnière de centrale de méthanisation dans la commune du Mené semble relever du bon sens : elle permet de recycler les déchets organiques pour en faire des engrais naturels et d’extraire le biogaz pour produire de la chaleur et de l’électricité. La mise en oeuvre reste très complexe et lourde à porter.

En fait, un des freins majeurs à l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau est la structure monolithique et centralisée des fournisseurs historiques. Leur échelle d’action s’accommode mal avec les expérimentations locales. Du coup, il est difficile de construire l’ ingénierie et les compétences techniques qui permettent de mutualiser ces deux visions. La réappropriation locales des question d’énergie en outre l’une des conditions essentielles de la mobilisation du citoyen aux enjeux de la transition énergétique. Les Tepos parviennent a mobiliser autour d’un projet de territoire, des emplois locaux, de nouvelles solidarités autour de l’énergie, de l’épargne citoyenne, le développement de la démocratie participative,…

Les Tepos préfigurent l’avènement du bâtiment 2020 qui devra prendre en compte l’énergie grise et son environnement. Il faut aller vers des eco-quartiers à énergie positive, une densification des centre-bourgs pour développer un réseau de transport collectif inter-urbain et éviter l’étalement urbain qui promeut l’usage du véhicule individuel.

Quel rôle auront selon vous à jouer les bureaux d’étude thermique dans la transition énergétique ?

Ils auront un rôle d’accompagnement très important sur les enjeux de la thermique du bâtiment, des nouveaux matériaux… Ils doivent expérimenter, simuler des techniques nouvelles pour changer de modèle énergétique. L’une des idées forces de la transition est de substituer notre consommation d’énergie fossile par de l’intelligence et de l’ingénierie énergétique.

C’est pourquoi il va falloir imaginer dans un processus de démocratisation du bâtiment écologique des « Solutions techniques de référence » qui permettent d’optimiser le niveau de performance des bâtiments à une échelle industrielle et de rendre la rénovation énergétique accessible à tous.

Si vous avez un ami qui veut rénover sa maison quel conseil lui donneriez-vous ?

Je lui dirais de contacter directement son Conseiller Info-Energie et de bien se faire accompagner tout au long du projet. Je lui dirais également de penser dans le long-terme, de façon globale pour ne pas regretter dans 10 ou 20 ans ses choix de rénovation.

Propos recueillis par Valentin Martinez

Jacques Bucki, Maire de Lambesc : « Un maire motivé dispose de plusieurs leviers pour financer la transition énergétique au niveau local »

Jacques Bucki est maire de Lambesc et représentant de l’Association des Maires de France au Débat National sur la Transition Énergétique. Il nous fait part de ses réflexions sur un modèle énergétique plus local et rationalisé qui profiterait tant aux collectivités locales qu’aux citoyens et aux entreprises. Il partage en outre les leviers d’un maire pour améliorer la performance des logements de sa ville.

Jacques Bucki

Delphine Batho et Jacques Bucki lors de l’inauguration du premier Guichet Unique de la Rénovation Energétique le 15 avril 2013

Qu’est-ce que le Débat National sur la Transition énergétique auquel vous avez participé en tant que membre du Conseil National de la Transition Energétique et représentant de l’Association des Maires de France ?

débat national transition énergétique logoLe Débat National sur la Transition Energétique avait pour objectif de réunir tous les acteurs de l’énergie pour penser le modèle énergétique français de demain dans tous ses aspects comme s’y ai engagé le Président de la République : sobriété et efficacité énergétique, quelles énergies renouvelables et quelle gouvernance de l’énergie ?

Je suis partisan de cette réflexion car je pense que nous sommes dans un temps charnière et que le monde de l’énergie est en profonde mutation. D’un modèle très centralisé avec des consommateurs passifs, on va passer désormais dans un modèle décentralisé avec différentes sources locales d’énergies renouvelables, un réseau modernisé et des consommateurs acteurs de leur consommation. Hier, c’était les outils qui étaient complexes, demain ce sera l’organisation des systèmes, ce qui nécessitera de ce fait un important travail d’ingénierie sur le plan juridique, technique et financier.

En tant que l’un des représentants de l’ensemble des communes, j’ai fait valoir les attentes et les besoins des collectivités territoriales et plus précisément des mairies et tenté de défendre un nouveau modèle d’économie circulaire alternatif au schéma actuel.

J’ai par ailleurs co-rapporté avec Damien Mathon (MEDEF) le groupe de travail « Quels choix en matière d’énergies renouvelables et de nouvelles technologies de l’énergie et quelle stratégie de développement industriel et territorial ? ».

Êtes-vous satisfait de la tournure du débat ?

Le Ministère a bien su piloter le processus mais soyons clairs, les objectifs ne sont pas atteints : 23% de la part des énergies renouvelables d’ici 2020 paraît improbable et je regrette le désintérêt des grands élus nationaux et des médias sur les questions essentielles : « Quelles politiques et quels moyens pour diminuer la consommation dans nos maisons, dans nos villes et dans nos industries ? », « Quelles nouvelles formes d’aménagement de nos villes et de nos territoires ? », « Quelle nouvelle organisation de vie ? » et enfin comment intégrer l’énergie comme politique transverse à toutes les politiques territoriales ?

Quels éléments ont entravé la pleine réussite du débat ?

Il y a deux éléments à prendre en compte. Premièrement, si vous regardez les participants des différents groupes de travail, vous verrez que ce sont pour plus de 90% des gens qui pensent l’énergie selon les schémas d’hier avec des débats stériles tels que « pour ou contre le nucléaire » qui nuisent à l’apport de nouvelles solutions. Il y a beaucoup de bonne volonté mais il a manqué un réel travail de prospection imaginatif, sérieux et tourné vers l’avenir.

Quant au Conseil National de la Transition Energétique et au Groupe de 42 experts associés, les participants ont démontré leur expertise et connaissance des sujets mais comment voulez-vous en 2 minutes présenter une réflexion qui mériterait des heures et des heures de débat ?

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le modèle d’ « économie circulaire » que vous défendez ?

Schéma alternatif d' "économie circulaire"

Les expériences que j’ai menées dans ma ville m’ont fait comprendre que le modèle actuel de financement en l’état de la transition énergétique par le biais des entreprises privées et des CEE n’est pas optimal. En procédant à des études juridico-financières par les meilleurs experts, j’ai mis en avant le manque à gagner pour les collectivités et le citoyen.

Dans le système actuel, le financement des énergies renouvelables est issu en grande partie de la Contribution Sociale à la Production d’Electricité (CSPE). Elle est payée par le consommateur et permet de subventionner les tarifs de revente des producteurs d’énergies renouvelables. Or, les dividendes perçus par ces entreprises privées reviennent aux actionnaires et ne profite qu’à certaines communes privilégiées. De plus, ce système n’encourage pas l’implication du citoyen qui ne voit pas les bénéfices de sa participation financière via la CSPE.

J’ai donc créé un modèle alternatif qui apporte des solutions vertueuses tant sur le plan économique, environnemental que celui de la gouvernance. Je défends un système en partenariat avec les entreprises grâce la création de sociétés mixtes publiques-privées et citoyennes dont les profits sont reversés directement aux administrés et aux collectivités pour financer la transition énergétique sur les territoires.

L’idée, c’est de mieux flécher les investissements sur des projets plus rentables et de rétribuer aux citoyens les redevances de son investissement grâce la création d’un établissement public régional qui assure en outre une veille stratégique sur les potentiels de la région et assure une solidarité territoriale entre les communes ayant des ressources et celles qui n’en ont pas. C’est somme toute question de bon sens : pourquoi favoriser l’installation éparse de panneaux solaires photovoltaïques sur tous les toits de France à 200 euros le MW.h quand la région peut installer pour de moindres coûts d’installation des champs solaires à 80 euros le MW.h dans les zones les plus exposés au soleil. Un propriétaire fera une meilleure plus-value s’il participe au financement citoyen d’un champ photovoltaïque au meilleur rendement que payer un raccordement à RTE qui coûte très cher et un panneau solaire photovoltaïque à l’efficacité douteuse. Les collectivités territoriales sont les mieux placées pour cela : à énergie renouvelable décentralisée, une politique décentralisée !

Mais n’avez-vous pas peur de pénaliser les entreprises privées et d’une certaine manière de procéder à une collectivisation partielle de la production énergétique ?

On m’a déjà fait cette remarque mais permettez-moi de vous expliquer pourquoi mon modèle est bénéfique aussi pour les entreprises et les propriétaires : ce modèle rationalisé permet d’éviter les gaspillages de la CSPE et de faire des gains de mutualisation ! Cette manne de productivité, créant de nouveaux revenus va de ce fait se répercuter sur l’activité des entreprises et entretenir un cercle vertueux d’économie circulaire sur tout le territoire.

Les solutions existent, mais le véritable frein à mes yeux est culturel car cela bouleverse nos schémas très ancrés dans un modèle énergétique centralisé et privatisé. Or, à l’heure actuelle, la création de nouveaux outils juridico-financiers et la sensibilisation des individus fait encore défaut pour changer de paradigme.

Quels sont les leviers d’un maire pour améliorer la performance énergétique dans l’habitat ?

AEULa mairie dispose de plusieurs marges de manœuvre. Le fer de lance aujourd’hui c’est le déploiement au niveau local du guichet unique de la rénovation énergétique qui a vocation à devenir l’interlocuteur unique des propriétaires qui se lancent dans un projet de rénovation.

Le deuxième levier à mon sens est d’intégrer l’«Approche Environnementale de l’Urbanisme », un outil de l’ADEME, au Plan Local d’Urbanisme qui met l’environnement au centre de l’élaboration du PLU. Il s’agit de réduire l’étalement urbain et de réfléchir à l’impact environnemental des constructions en repensant l’architecture, le dimensionnement, le positionnement des bâtis et les choix énergétiques.

Le troisième levier est la rénovation du parc public quand la Mairie est propriétaire et du parc social en modulant les aides à la pierre en fonction du respect des normes environnementales. Les bailleurs sociaux avaient obligation de construire en « BBC » avant l’entrée en vigueur de la RT2012 à Lambesc.

Enfin, la Mairie peut proposer des aides financières directes. Par exemple à Lambesc, un propriétaire qui avant la RT2012 améliorait la performance énergétique de sa construction bénéficiait :

  • D’une bonification de son « Coefficient d’Occupation des Sols » de 20%
  • D’une exonération de 50% de la part communale de la taxe foncière

Nous travaillons pour mettre en place un label de référence plus qualitatif encore (énergie, santé, confort) afin de pouvoir redonner ces avantages incitatifs.

Propos recueillis par Valentin Martinez