Une maison passive en rénovation : est-ce possible ?

Si la construction d’une maison passive est un objectif ambitieux, il est souvent dit qu’atteindre le niveau passif en rénovation est très difficile. Qu’en est-il vraiment ?

maison-passive

Comment définit-on une maison passive ?

Le « passif » désigne, en gros, une façon de concevoir les bâtiments qui vise à limiter autant que possible leur consommation d’énergie (voire de la rendre nulle). L’objectif est double :

  • D’une part, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles ;
  • D’autre part, l’amélioration du confort des habitants et la génération d’économies, notamment sur les dépenses de chauffage.

 

De manière générale, une maison passive exploite autant que faire se peut la lumière naturelle, assure des températures stables et agréables ainsi qu’un ait intérieur de qualité. Pour cela, un soin particulier est apporté à l’isolation, à l’étanchéité à l’air et à au système de ventilation.

Au niveau du chauffage, le passif vise à ce que le soleil et la chaleur « interne » (notamment celle dégagée par les appareils électroménagers et par les habitants eux-mêmes) couvre la majorité des besoins de chauffage ; cela n’exclut par pour autant la présence d’une installation de chauffage de faible puissance (et donc de faible consommation) afin de couvrir les besoins restants, notamment au plus froid de l’hiver.

Développé dès les années 1970, le concept de maison passive a été formalisé en Allemagne dans les années 1990, aboutissant à la création du label « PassivHaus » par l’Institut du même nom. D’ailleurs, la labellisation est importante dans la mesure où il n’existe pas d’autre moyen officiel de prouver qu’un bâtiment est passif. En France, la certification de référence est le label « Bâtiment Passif », délivré par l’association La Maison Passive (reconnue par l’Institut PassivHaus).

Pour être certifié « Bâtiment passif », quatre critères doivent être remplis, et ils sont identiques quelle que soit la localisation du bâtiment :

  • Le besoin de chauffage doit être inférieur à 15 kWh d’énergie utile par mètre carré de surface chauffée et par an. L’énergie utile désigne l’énergie effectivement reçue par l’habitant, après déduction des pertes dues au rendement des installations de chauffage. Le bâtiment peut aussi remplir ce critère en attestant d’un besoin de puissance de chauffage de moins de 10 W/m2 ;
  • La consommation totale d’énergie primaire doit être inférieure à 120 kWh/m2.an. L’énergie primaire désigne l’énergie à l’état naturel (pétrole, gaz, charbon, uranium…) avant sa transformation ;
  • La perméabilité à l’air de l’enveloppe doit être au maximum de 0, 6 volume par heure, mesurée sous 50 Pascals de différence de pression ;
  • Enfin, la fréquence de surchauffe intérieure doit être inférieure à 10 % des heures de l’année. La surchauffe intérieure correspond à une température intérieure supérieure à 25°C.

 

Pour obtenir le label, un dossier complet peut être déposé auprès de l’association La Maison Passive à la fin du projet. Il est également possible d’être certifié à l’issue d’un suivi en deux temps :

  • D’abord, l’association étudie le dossier de conception afin de repérer d’emblée d’éventuelles incohérences ;
  • Puis, elle analyse le dossier de réalisation, en s’intéressant particulièrement au résultat du test d’étanchéité à l’air, et recherche de potentielles erreurs.

 

Enfin, pour aborder la question du prix, la labellisation d’une maison individuelle peut coûter entre 1500 € et 3000 € en fonction des cas et en fonction du mode de certification (en deux étapes ou non).

 

Le passif en rénovation : c’est possible… Sous certaines conditions.

Atteindre le niveau passif (tel qu’il est défini pour la construction neuve) en rénovation n’est pas une mince affaire, mais n’est pas non plus du domaine de l’impossible ! Un tel objectif implique toutefois des travaux de rénovation, voire de réhabilitation, assez lourds dans la plupart des cas.

Les ponts thermiques – des points de jonction qui provoquent des pertes de chaleur – de la maison constituent souvent le principal obstacle, en particulier ceux qui se trouvent au niveau du plancher : difficile de mettre en place une isolation continue en dessous d’un bâtiment existant ! L’isolation des façades, quant à elle, pose moins de problèmes en rénovation.

Par ailleurs, les caractéristiques de la maison peuvent, dans certains cas, éliminer tout espoir de rénovation passive. En effet, la forme et l’emplacement d’une maison peuvent présenter de lourds handicaps pour une rénovation en passif : les conditions climatiques du lieu, l’orientation du bâtiment (des baies vitrées orientées plein sud étant très favorables pour atteindre un niveau passif), l’architecture (qui se doit d’être assez compacte pour limiter les zones de déperdition et les ponts thermiques)…

Face à ce constat, l’Institut PassivHaus a créé le label EnerPhit. Si cette certification permet d’attester du niveau passif d’un bâtiment rénové, ses exigences ont toutefois été revues à la baisse par rapport à celle du label « Bâtiment Passif » :

  • Le besoin de chauffage doit être inférieur à 25 kWh d’énergie utile par m2 et par an (contre 15 kWh pour la construction neuve) ;
  • La fréquence de surchauffe intérieure doit être inférieure à 10 % de l’année ;
  • La perméabilité à l’air de l’enveloppe doit être inférieur ou égale à 0, 6 volume par heure (mesurée sous 50 Pascals de différence de pression). Cela dit, il existe une tolérance allant jusqu’à 1 volume par heure.

En outre, il n’y a pas d’exigence au niveau de la consommation d’énergie primaire.

 

Comme nous pouvons le voir, les normes encadrant le passif ont été largement assouplies en ce qui concerne la rénovation : des critères plus cohérents au vu de la complexité d’une rénovation passive et un moyen de rendre ce type de démarche plus accessible.

Ainsi, la viabilité d’un projet de rénovation passive dépend à la fois des caractéristiques existantes de la maison mais aussi du niveau de performance recherché : atteindre le niveau passif tel qu’il est défini pour la construction neuve représente un défi autrement plus important que d’aller chercher les niveaux de performance fixés par le label EnerPhit.

On ne peut donc pas affirmer comme une règle générale que le passif est inatteignable en rénovation : chaque maison est unique et possède ses spécificités ! Une étude approfondie du bâtiment est donc la meilleure façon d’être fixé sur son potentiel.

 

Et si nous affirmons que le passif est atteignable en rénovation, c’est que nous l’avons vu de nos propre yeux !

 

Rénover au niveau passif : un client de Sénova a relevé le défi !

Après avoir hérité en 2013 d’une maison de 90 m2 dépourvue d’isolation et équipée d’une installation électrique vétuste et d’un vieux chauffage central au fioul, Thomas M. a décidé d’effectuer une rénovation totale du bâtiment et de saisir l’occasion pour mener à bien une rénovation énergétique ambitieuse.

« J’étais très motivé à atteindre cet objectif », confie-t-il. Et ce pour une triple raison : « Augmenter la valeur de mon patrimoine, avoir un logement agréable à vivre, tout en consommant trois fois rien. »

Dès le début, Thomas a été conscient des enjeux financiers de sa démarche. « Mon raisonnement était le suivant : « Quitte à mettre 80 000 € dans ma rénovation, si je peux avoir une maison très performante pour 100 000 €, je n’hésite pas, je saute sur l’opportunité ! » En plus, j’ai pu bénéficier d’aides financières de la région Rhône-Alpes.»

« Vu la complexité du projet, j’avais besoin d’un bon conseil pour faire les meilleurs choix de conception thermique et énergétique et dimensionner correctement les équipements. » C’est alors que Sénova est intervenu pour accompagner Thomas : « Sénova a eu une approche de conseil, tout en restant très ouvert et à l’écoute. Nous avons travaillé de concert avec les artisans pour rechercher les meilleures solutions. »

« Nous nous sommes orientés vers une conception passive, c’est-à-dire à très basse consommation d’énergie, très isolée, avec un tout petit système de chauffage très innovant : une VMC [Ventilation Mécanique Contrôlée] thermodynamique. Il s’agit d’un système intégré pour maisons passives qui fait à la fois office de VMC, Pompe à chaleur Air/Air et Eau Chaude Sanitaire. Nous en avons eu pour environ 65 000 € de travaux liés à la rénovation énergétique, que nous avons pu faire financer avec les aides classiques de l’État. »

Après la fin des travaux en août 2014, le froid hivernal n’a pas tardé à s’abattre sur les hauteurs de l’Ain, où se situe la maison. L’occasion pour Thomas de constater la performance de son habitation : « Dès le premier hiver passé dans notre nouvelle maison basse énergie, nous pouvions dire que l’objectif initial était atteint ! Nous consommons 90 centimes par jour pour faire fonctionner notre VMC Thermodynamique qui suffit à chauffer la maison la plupart du temps. Au cœur de l’hiver, nous y ajoutons un convecteur électrique pour toute la maison, qui coûte quant à lui 95 centimes par jour. »

Le passif en rénovation, c’est donc loin d’être impossible ! Mais il s’agit d’un investissement conséquent qui se doit d’être mûrement réfléchi et encadré par des professionnels compétents : « J’ai été très content du travail fait par Sénova pour la qualité du conseil et des échanges avec les artisans », conclut Thomas.

Si un tel projet vous intéresse, faites appel au bureau d’études thermiques Sénova, qui saura vous apporter les conseils personnalisés et approfondis dont vous avez besoin pour une maison plus économe, plus confortable et plus saine (que ce soit en construction, ou en rénovation !).

Tout savoir sur la RT 2012 (prochaine réglementation thermique) !


Les réglementations thermiques fixent une limite maximale à la consommation énergétique des bâtiments neufs pour le chauffage, la ventilation, la climatisation, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage. La RT 2012 est la nouvelle réglementation à l’ordre du jour, elle remplacera bientôt la RT 2005, en vigueur depuis 2006. Cette nouvelle réglementation, mise en œuvre par le Grenelle de l’Environnement, est encore en cours d’élaboration. Les associations écolos sont d’ailleurs assez inquiètes face à la tournure que prennent les choses. En effet, cela fait plus de 4 mois que les futures exigences et les méthodes de calcul ont été présentées aux groupes de travail et aujourd’hui l’Etat n’a toujours pas donné de nouvelle alors que les textes de loi auraient du voir le jour au premier trimestre 2010.  Selon Jean-Pierre Bardy, en charge de la qualité et du développement durable dans la construction au sein de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP), une conférence devrait avoir lieu avant le 14 juillet pour présenter la nouvelle réglementation. Enquête sur ce qui devrait sortir.

Quelles sont les grandes lignes de la RT 2012 ?

La RT 2012, qui reprend le niveau de consommation requis par le label BBC Effinergie pour le logement, repose sur trois objectifs principaux:

  • Réduire la consommation d’énergie primaire des constructions neuves afin que celle-ci ne dépasse pas 50 kWh/m2/an et cela comprend le chauffage, la climatisation, la production d’eau chaude sanitaire, l’éclairage et les auxiliaires
  • Durcir les normes concernant les émissions de CO2
  • Améliorer les performances énergétiques des bâtiments neufs afin d’arriver à des bâtiments à énergie positive d’ici 2020

Dates de mise en application :

L’article 4 de la loi Grenelle 1 du 3 aout 2009, avait imposé que la RT 2012 soit appliquée à partir de 2012 pour les bâtiments résidentiels et à partir de 2010 pour les bâtiments publics et du tertiaire.

Cependant, Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement, a déclaré mardi 30 mars, que la mise en application de la nouvelle règlementation thermique dans le secteur public serait reportée au 1er juillet 2011.

Finalement :

  • Pour les bâtiments publics et les bâtiments privés du tertiaire la RT 2012 devra être appliquée à partir du 1er juillet 2011
  • Pour les bâtiments résidentiels, la RT 2012 devra être appliquée à partir du 1er janvier 2013

Aspect technique : quels sont les coefficients en jeu ?

Les deux coefficients à prendre en compte dans la RT 2012 sont le Besoin bioclimatique (Bbio) et la Consommation (C).

Le Bbio est un coefficient qui correspond aux besoins en chauffage, en refroidissement et en éclairage. Il ne doit pas dépasser une valeur maximum, que le maitre d’ouvrage doit s’engager à respecter sans quoi il ne pourra pas se lancer dans les travaux.

Le deuxième coefficient correspond aux exigences de consommation d’énergie primaire (Ep)

Ces deux coefficients seront calculés grâce aux logiciels du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), qui sont en cours d’élaboration.

La future réglementation thermique imposera donc que tout bâtiment neuf respecte trois exigences :

  • Une exigence de consommation Cmax en valeur absolue
  • Une exigence sur les besoins du bâtiment Bbiomax en valeur absolue
  • Une température intérieure conventionnelle atteinte en été inférieure à une température de référence.

Ce qui change par rapport à la RT 2005 :

Ce tableau met en évidence la différence entre les exigences prévues pour la RT 2012, et celles en vigueur aujourd’hui :

La valeur moyenne est toutefois à moduler selon la zone géographique du bâtiment, ses caractéristiques, son usage et ses émissions de gaz à effet de serre.

Qui est en charge de l’élaboration de la RT 2012 ?

Le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) travaille sur l’élaboration de la RT 2012 depuis septembre 2008. 12 groupes de travail thématiques, qui sont chacun constitués de 20 à 25 représentants de professionnels du bâtiment, ont pour objectif de proposer de nouvelles exigences dans leur domaine de compétence qui seront ensuite analysé par un comité scientifique. Enfin, des conférences consultatives sont tenues régulièrement afin de juger de l’avancée des travaux et des nouvelles orientations.

Quelles seront les conséquences de cette nouvelle réglementation ?

Les constructions neuves dont les permis de construire seront déposées à partir du 1er janvier 2013 et à partir du 1er juillet 2011 pour les bâtiments publics et du tertiaire, devront présenter une consommation d’énergie primaire inférieure au seuil évoqué plus haut de 50 kWh/m2/an.

Pour que de telles réalisations soient possibles, toute personne désirant construire un nouveau bâtiment (privé ou public) devra faire appel à un bureau d’étude thermique en amont, qui interviendra alors dès les premiers stades de la conception conjointement avec le ou les architecte(s).

La RT 2012 devrait donc induire une hausse du nombre d’habitats économes en France ou bâtiments basse consommation (BBC), avec le développement de maisons bioclimatiques ou encore de maisons passives, qui reposent sur l’idée que l’utilisation de la chaleur du soleil, une très forte isolation, l’absence de ponts thermiques et une bonne étanchéité à l’air peuvent réduire de 90% la consommation d’énergie pour le chauffage.

Aujourd’hui, il est déjà possible d’anticiper la RT 2012 ! En effet, beaucoup de personnes, soucieuses d’avoir une habitation plus confortable et moins énergivore, se lancent dans des projets de construction basse consommation pour ne pas se retrouver avec des maisons « déjà dépassées » en 2012.

Si vous souhaitez vous aussi faire construire dès aujourd’hui une maison plus économe, vous pouvez faire appel à un bureau d’études thermiques spécialiste des particuliers, qui pourra vous accompagner tout au long du projet, de la conception de votre habitation avec l’architecte jusqu’à la réalisation des travaux.

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RT 2012 : les associations écologistes s’inquiètent du silence de l’Etat

E.L | 25/06/2010 | 10:25 | Management

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© E.L

Dans un courrier envoyé le 9 juin à Jean-Louis Borloo et Benoist Apparu, le Cler, Rac-f , les Amis de la Terre, WWF, Greenpeace et la FNE soulignent le temps mis par le Meeddm pour présenter la future réglementation thermique.

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Le 19 février, lors de la 6ème et dernière conférence consultative sur la RT 2012, les futures exigences et les méthodes de calcul ont été présentées aux différents groupes travaillant à l’élaboration de la future réglementation. Dans la lettre envoyée, il y a deux semaines, au Ministre de l’Ecologie, les associations écologistes rappellent que la finalisation des textes réglementaires et leur notification européenne étaient prévues pour le premier trimestre 2010 et qu’une conférence de presse du gouvernement était annoncée avant l’été. L’été est arrivé mais le Meeddm n’a toujours pas donné de nouvelles concernant la RT 2012.

Cette absence de communication sur le document qui devrait être l’outil majeur pour atteindre les objectifs du Grenelle dans le bâtiment inquiète grandement les associations. Ils ont peur « que le temps plus long que prévu pour leur officialisation résulte de manœuvres de lobbies frileux ou intéressés à ce que les français continuent de consommer tant et plus d’énergie en vue de revenir sur les points les plus sensibles, comme le strict encadrement de la modulation des objectifs performantiels ». Autrement dit, ils s’inquiètent que des grands groupes énergétiques puissent œuvrer en vue d’introduire une modulation supplémentaire du seuil des 50kWh/m²/an pour les bâtiments utilisant des chauffages électriques.

Selon Jean-Pierre Bardy, en charge de la qualité et du développement durable dans la construction au sein de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP)

La maison passive : un confort économe et écologique

Face aux enjeux climatiques actuels, la politique développement durable mise en place par le gouvernement rend aujourd’hui indispensable la rénovation et la construction de logements plus respectueux de l’environnement. Notamment, le Grenelle de l’Environnement a fixé pour objectif que dès 2010, tout bâtiment public ou un tiers des logements privés respectent une construction au standard habitat passif, ou à défaut BBC (bâtiment basse consommation).

Grâce à son système d’isolation, la maison passive est aujourd’hui l’habitat le plus performant énergétiquement : elle produit très peu de gaz à effet de serre avec une consommation énergétique de chauffage qui ne dépasse pas les 15 kWh/m²/an.

La maison passive : un bâtiment confortable et pratiquement autonome pour ses besoins en chauffage

maison passiveUne maison passive est une habitation qui assure, par le seul biais de ses composants (fenêtres, murs), une température ambiante agréable tout au long de l’année, sans utilisation conventionnelle d’un système de chauffage.

Cela passe par une utilisation optimale du chauffage passif fourni par le rayonnement solaire thermique à travers les fenêtres et baies vitrées, mais aussi par la chaleur intérieure dégagée par l’utilisation d’appareils ménagers et par les habitants eux-mêmes. En pratique, ces habitations n’utilisent un système de chauffage que quelques jours par an.

Une maison passive répond aux normes du label de performance énergétique Passivhaus (ou label MinergieP suisse, sensiblement équivalent au label Passivhaus) qui a pour exigence un besoin de chauffage inférieure à 15 kWh/m²/an.  (Alors qu’en moyenne, une maison consomme 200 kWh/m²/an !).

Comment parvenir à une telle performance énergétique ?

Réduction des pertes d’énergie : un habitat compact, une isolation très importante et une étanchéité parfaite.

L’isolation maximale du bâtiment qui passe par l’utilisation de triples vitrages et d’épaisseur d’isolants de plusieurs dizaines de cm, permet d’ « emballer chaudement » la maison et de limiter les pertes de chaleur.

Afin d’éviter les pertes de chaleur par les joints, les fissures et les ouvertures, une étanchéité extrême de la maison est requise et doit être exécutée de manière méticuleuse lors de la construction. Pour assurer le renouvellement de l’air consommé par les habitants et empêcher l’accumulation d’élément toxique dans cet espace étanche, les maisons passives sont munies d’un système de ventilation à double flux (VMC à double flux). Le système double flux permet de récupérer la chaleur de l’air vicié extrait pour la transmettre à l’air entrant.

Maximiser les gains de chaleur : une utilisation optimale des apports solaires et de la chaleur dégagée par l’habitant

Puisque les besoins en chaleur sont diminués, ils peuvent être comblés par de simples apports solaires ou internes. Les apports solaires sont liés au rayonnement solaire au travers des fenêtres et des baies vitrées. Les apports internes sont liés aux occupants de la maison et à leurs activités (utilisation d’appareils de cuisson, d’ordinateurs,…).

Le faible niveau de déperdition associé au cumul des apports solaires et internes permet de se passer de chauffage classique. On parle alors de maison « sans chauffage » !

Quels avantages pour quels coûts ?

L’absence de système de chauffage classique génère de grandes économies de chauffage annuelles. Consommant moins d’énergie, une maison passive produit peu de gaz à effet de serre ce qui limite fortement son impact sur l’environnement.

Ce type d’habitat assure également un confort supérieur à celui d’une habitation classique : la chaleur distribuée de manière uniforme dans l’habitat, les problèmes d’humidité et d’odeurs limités grâce à la ventilation à double flux, l’isolation des bruits extérieurs et des courants d’air et la qualité de l’air nettement meilleure, sont quelques-uns des éléments très appréciés dans une maison passive.

De plus, une maison passive représente un investissement valorisant, et qui est garanti à l’avenir par son « passeport énergétique ».

A quel prix ?

La construction d’une maison passive génère un surcoût d’environ 10 % lié entre autre à l’isolation plus importante et à l’étanchéité à l’air que nécessite l’habitation. Toutefois, ce surcoût est contrebalancé par des coûts de fonctionnement très faibles du fait de la faible demande en énergie. On peut ainsi estimer que sur 30 ans, le coût d’une maison passive est équivalent à celui d’une maison moyenne, et cet investissement sera d’autant plus vite amorti que le prix des énergies fossiles augmentera.

Peut-on rénover une maison existante en maison passive ?

Il est théoriquement possible de répondre aux exigences de l’habitat passif dans le cas d’une rénovation d’un habitat déjà existant mais le coût généré est très élevé…il est en effet particulièrement coûteux de faire la chasse aux ponts thermiques, et d’assurer une épaisseur d’isolation suffisante et une étanchéité parfaite dans une maison existante. Dans ce cas, on s’orientera plutôt vers une rénovation basse consommation d’énergie. Pour en savoir plus sur les différents labels en rénovation, cliquez-ici.

Une vraie maison passive doit être certifiée et doit répondre à des critères précis :

• Le besoin de chauffage doit être inférieure à 15 kWh/m²/an. C’est le résultat de l’optimisation économique. Pour un maison de 100 m², cela représente donc un maximum de 1500 kWh pour une année complète.

• L’étanchéité à l’air n50 < 0,6 /h : ce critère est difficile à comprendre pour un néophyte, il suffit de savoir que cette étanchéité à l’air est testée à l’aide du « Blower Door Test » et qu’elle signifie l’absence de fuite.

• La consommation d’énergie primaire inférieure à 120 kWh/m²/an. L’économie d’énergie est recherchée, il n’est pas raisonnable de la gaspiller dans d’autres appareils que le chauffage, dont le chauffage de l’eau, l’éclairage, l’électroménager et toute autre consommation. Selon la source d’énergie utilisée, la conversion de l’énergie primaire en énergie finale est pénalisante ou non. En tout électrique, cela donne 44 kWh/m²/an au compteur, ce qui est faible. Les énergies renouvelables sont bien plus favorisées par cette conversion.

La certification passe par la validation de la conception et le calcul des consommations, puis par le test d’étanchéité à l’air et enfin par un suivi des consommations. Bref, une simple déclaration ne suffit pas ! Méfiez-vous des publicités mensongères, vous en savez maintenant assez pour débusquer les tromperies les plus grossières.

Pour savoir comment améliorer la performance énergétique de votre habitat, faites appel à un bureau d’étude thermique spécialiste des particuliers, qui saura vous guider dans la construction ou la rénovation de votre maison.

Comprendre et s’y retrouver parmi les labels de performance énergétique pour une construction neuve

Attention, cet article ne concerne que les constructions neuves ! Pour connaître les labels de performance énergétique relatifs aux maisons rénovées, cliquez ici.

La réglementation thermique en vigueur impose un niveau de performance énergétique minimum. Toutefois, cette réglementation date de 2005 et n’est plus adaptée aux enjeux actuels (hausse du prix de l’énergie, taxe carbone, impact environnemental) et évoluera très fortement en 2012. C’est pour cette raison qu’il est souvent très intéressant de viser une performance énergétique bien meilleure pour son habitat, que ce soit en rénovation ou en construction neuve.

Dans ce cas, vous pouvez alors choisir de mettre en valeur votre habitat en obtenant un label de performance énergétique (sorte de diplôme). Ces labels sont nombreux, et il est parfois difficile de s’y retrouver !

Le label « haute performance énergétique », le label « officiel » :

Il se décline en 5 niveaux : les labels HPE 2005, HPE EnR 2005, THPE 2005, THPE EnR 2005 et BBC 2005.

Label HPELe label Haute Performance Energétique (HPE 2005) est attribué aux bâtiments présentant une consommation d’énergie au moins inférieure de 10% à la consommation de référence définie par la RT 2005. La dénomination HPE EnR 2005 peut ensuite être décernée à votre habitat si au moins 50% de l’énergie utilisée pour le chauffer provient d’une installation biomasse ou d’un réseau de chaleur utilisant plus de 60% d’énergies renouvelables.

Le label Très Haute Performance Energétique (THPE 2005) est attribué aux bâtiments présentant une consommation d’énergie au moins inférieure de 20% à la consommation de référence. La dénomination THPE EnR 2005 peut être décernée à votre habitat si sa consommation d’énergie est au moins inférieure de 30% à la consommation de référence, et s’il utilise des énergies renouvelables pour la fourniture d’eau chaude sanitaire, la production d’électricité ou le chauffage (biomasse, pompes à chaleur, panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques).

Le label Bâtiment Basse Consommation Energétique (BBC 2005) est décerné aux bâtiments neufs consommant au maximum 50 kW/m²/an d’énergie primaire, à moduler selon la zone climatique.

Pour obtenir tous ces labels, il est nécessaire de faire appel à un organisme accrédité par le COFRAC. Pour les maisons individuelles, adressez-vous à Promotelec. Cet organisme vous demandera une liste de documents à fournir dont le principal est une étude thermique réglementaire. Faites appel à un bureau d’études thermiques pour réaliser cette étude, Promotelec n’est pas en mesure de réaliser ces études.

Adressez-vous à Promotelec ou à votre bureau d’études thermiques avant de débuter toute construction.

Le label BBC – Effinergie

Label MinergieL’association Effinergie a créé le label BBC-Effinergie pour les bâtiments neufs. Ce label reprend les exigences du label BBC 2005 en y ajoutant quelques conditions supplémentaires afin d’assurer la vraie performance énergétique du bâtiment. Par exemple, une maison avec une performance énergétique moyenne mais possédant beaucoup de panneaux solaires photovoltaïques pour produire de l’électricité peut obtenir le label performance niveau BBC 2005 mais ne pourra pas obtenir le label BBC Effinergie. En effet, quelque soit le nombre de panneaux solaires photovoltaïques installés, il faudra soigner la qualité de l’enveloppe afin de limiter fortement les déperditions d’énergie.

De plus, il faut respecter des contraintes d’étanchéité à l’air pour obtenir ce label.

Promotelec est le seul organisme accrédité à décerné ce label.

De même que pour les labels précédents, il faut vous adresser à Promotelec ou à votre bureau d’études thermiques avant le démarrage de la construction.

Le label Minergie

Label MinergieL’association Prioriterre délivre le label Minergie, le « label BBC suisse ». Ce label se répartit en quatre niveaux d’exigence, selon la performance énergétique visée. Le niveau Minergie le moins exigeant requiert une performance énergétique de 38 kWh/m².an pour les bâtiments neufs.

Le label Passivhaus : un label spécifique aux maisons passives

Label PassivhausLe label Passivhaus est une certification attribuée aux maisons passives, dont le besoin de chauffage est inférieure à 15 kWh/m² par an.

Pour construire une maison performante et obtenir un label de performance énergétique, faites appel à un bureau d’études thermiques spécialiste des particuliers et des projets à basse consommation.