Quels crédits d’impôts développement durable pour la performance énergétique de l’habitat en 2011 ?

Vous souhaitez rénover, agrandir ou réaménager une maison ou un appartement ? Sachez qu’il existe des aides, des crédits d’impôt, l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), une TVA réduite ou encore des prêts à taux préférentiels pour vous aider à réaliser votre projet. La liste est longue et il est souvent difficile de ne rien oublier.

Commençons par le crédit d’impôt développement durable…

crédit d'impôtCréé en 2005 au moment de la loi finance, le crédit d’impôt dédié au développement durable et aux économies d’énergie a pour but d’inciter les propriétaires de maison à rénover leur habitat. Le crédit d’impôt s’applique aux dépenses réalisées entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2012.

Cette mesure cible les équipements les plus performants au plan énergétique ainsi que les équipements utilisant les énergies renouvelables. Cependant, tous les équipements ne sont pas concernés de la même manière. Faisons un point ensemble sur les crédits d’impôt développement durable à jour en 2011.

Attention, le crédit d’impôt développement durable a subit des modifications importantes depuis le 1er janvier 2012. Un article à jour est consultable ici.

Les équipements concernés et le pourcentage de l’investissement remboursé


La chaudière à condensation

Qu’est-ce que c’est ? En condensant la vapeur d’eau des gaz de combustion les chaudières à condensation récupèrent de l’énergie. Elles économisent 15 à 25 % par rapport aux chaudières modernes standards.

Taux du crédit d’impôt ? Il est de 13% du matériel posé (Main d’œuvre non comprise).

Remarques ? Les chaudières basse température ne sont plus éligibles depuis le 1er janvier 2009.

L’isolation thermique

Qu’est-ce que c’est ? On peut isoler différentes parties de la maison (Plancher, plafond, murs, fenêtres, volets). Pour chaque partie, une liste importante de produits isolants existe (Pour les murs, on pourrait citer la laine de verre, la laine de roche, la ouate de cellulose ou les plaques de liège par exemple). Afin de bénéficier du crédit d’impôt, il est important de vérifier la résistance thermique des matériaux installés en fonction de l’endroit ou il est placé. Vous trouverez toutes les informations nécessaires ici.

Taux du crédit d’impôt ? Il est de 22% du chantier (Matériel + Main d’œuvre) pour les parois opaques, et de 13% (Matériel, main d’œuvre non comprise) pour les parois vitrées.

Note : l’arrêté du 30 décembre 2010 crée des nouvelles conditions éligibilité pour 2011 avec deux plafonds de dépenses par mètre carré :

  • Plafond pour un système d’isolation par l’extérieur à 150 euros/m².
  • Plafond pour un système d’isolation par l’intérieur 100 euros/m².

Les appareils de programmation ou de régulation de chauffage

Qu’est-ce que c’est ? Ces appareils peuvent être de 4 types:

  • La régulation centrale du chauffage est réalisée par thermostat d’ambiance (en fonction de la température intérieure)
  • La régulation se fait au niveau des émetteurs de chaleur (Radiateurs) grâce à des robinets thermostatiques
  • La régulation centrale du chauffage est réalisée par une sonde extérieure (en fonction de la température extérieure)
  • La régulation centrale du chauffage est réalisée par un programmateur (Horloge + Sonde)

Taux du crédit d’impôt ? Il est de 23% du matériel posé (Main d’œuvre non comprise).

Équipements fonctionnant à l’énergie solaire, éolienne ou hydraulique

Qu’est-ce que c’est ? Dans ce paragraphe sont compris tout type d’installations solaires ou éolienne : Chauffe-eau solaire, chauffage solaire, solaire photovoltaïque, éolienne.

Taux du crédit d’impôt ? Il est de 45% du matériel posé (Main d’œuvre non comprise) pour les chauffe-eau solaires, les chauffages solaires. Il est de 22% du matériel posé (Main d’œuvre non comprise) pour les installations de production d’électricité solaire photovoltaïque.

Chaudière bois ou biomasse

Qu’est-ce que c’est ? Sont compris ici toutes les chaudières  bois dont le rendement est supérieur à 70% ainsi que les poêles à bois ou les inserts.

Taux du crédit d’impôt ? Il est de 22% du matériel posé (Main d’œuvre non comprise).

Pompes à chaleur

Qu’est-ce que c’est ? Ces équipements puisent l’énergie dans la terre ou dans l’air extérieur et la restituent à l’intérieur de l’habitat. Seules les pompes à chaleur air/air ne sont pas éligibles.

Taux du crédit d’impôt ? Il est de 22% pour les pompes à chaleur air/eau (main d’œuvre non comprise) et de 36% pour les pompes à chaleur géothermiques (pose de l’échangeur de chaleur souterrain inclus) et les pompes à chaleur thermodynamiques pour la production d’eau chaude sanitaire.

Les personnes éligibles

Pour les acquisitions de chaudières à condensation , de matériaux d’isolation thermique et d’appareils de régulation de chauffage, le crédit d’impôt s’applique pour les contribuables domiciliés en France :

  • Locataires ou occupants à titre gratuit :
    • Dans leur résidence principale
  • Propriétaires :
    • Dans leur résidence principale
    • Dans un logement achevé depuis plus de deux ans que les propriétaires s’engagent à louer nus à usage d’habitation principale, pendant une durée minimale de cinq ans, à des personnes autres que leur conjoint ou un membre de leur foyer fiscal.

Pour les acquisitions d’équipements fonctionnant à l’énergie solaire, éolienne ou hydraulique, les chaudières à bois ou biomasse et les pompes à chaleur, le crédit d’impôt s’applique pour les contribuables domiciliés en France :

  • Dans leur résidence principale, qu’elle soit neuve ou ancienne

Cas particuliers :

  • J’ai acheté une maison, mais je ne l’habite pas encore : Pour bénéficier du crédit d’impôt pour des travaux réalisés dans une maison qui n’est pas encore votre résidence principale il y a plusieurs choses à savoir. La maison doit être votre résidence principale au moment du paiement de la facture (facture acquittée). Toutefois, vous avez le droit à un délai de 6 mois pour emménager, par exemple si vous vous acquittez de la facture de vos travaux en décembre 2009, vous avez jusqu’au mois de juin 2010 pour emménager. Une preuve d’emménagement vous sera alors demandée, c’est à dire n’importe quel papier qui prouve que vous habitez bien dans la maison (facture de déménageur, facture d’électricité, d’eau etc.).
  • J’ai fait construire une maison, mais je ne l’habite pas encore : S’il s’agit d’un logement neuf, le fait générateur, c’est à dire la date prise en compte pour bénéficier du crédit d’impôt, est la date d’achèvement de la maison. Si vous avez fait installer une pompe à chaleur en décembre 2009, mais qu’au mois de juin 2010 la maison n’est pas encore terminée (vous n’avez pas encore le certificat d’achèvement des travaux) et que donc vous n’y êtes pas installé, ce n’est pas un problème. Il faudra que la maison soit votre résidence principale une fois achevée et vous devrez alors attendre la déclaration de 2011 pour pouvoir bénéficier du crédit d’impôt.

Les montants sur lesquels porte le calcul du crédit d’impôt

Le crédit d’impôt porte sur le prix des équipements et des matériaux, hors mains d’œuvre, sauf pour le cas particulier de la pose des matériaux d’isolation des parois opaques. L’installation doit être réalisée par une entreprise et une facture portant mention des caractéristiques requises dans l’arrêté doit être établie pour les services fiscaux.

En cas d’aide publique supplémentaire pour l’acquisition de l’équipement (conseil régional, conseil général, ANAH, …), le calcul du crédit d’impôt se fait sur les dépenses d’acquisition des équipements, déductions faites des aides publiques.

Montant maximum de dépense ouvrant droit au crédit d’impôt

Pour un même contribuable et une même habitation, le montant des dépenses ouvrant droit au crédit d’impôt ne peut excéder la somme de 8 000 € pour une personne seule.

Pour un couple sans enfant, il est porté à 16 000 €. Pour chaque enfant supplémentaire, ce montant est majoré de 400€.

Attention: Ce montant n’est pas le montant maximum récupérable par crédit d’impôt mais le montant maximum des travaux éligibles. Par exemple, si un couple sans enfant décide de réaliser des travaux d’isolation thermiques pour un montant total de 20 000 € , il pourra bénéficier de 25% de crédit d’impôt calculer sur le plafond de 16 000 € et non sur les 20 000 € de travaux. Il récupérera donc 4 000 €.

Quand est-ce qu’on peut récupérer notre plafond ?

Si vous avez déjà « consommé » tout le crédit d’impôt prévu par le plafond, vous pouvez bénéficier à nouveau de ce mécanisme à partir du 1er janvier de la 5ième année suivant l’année ou vous avez consommé le crédit d’impôt. Par exemple, si vous avez utilisé tout le crédit d’impôt pour isoler votre maison en 2007, vous devrez attendre le 1er janvier 2012 pour à nouveau en bénéficier.

Il s’agit d’un plafond glissant: si vous avez consommé 6000€ du plafond en 2006 et 2000€ en 2007, vous bénéficierez à nouveau de 6000€ en 2011 et 2000€ en 2012.

Enfin, en cas de changement au niveau de l’état civil (mariage, divorce, décès) ou en cas de changement de résidence principale, le plafond se réinitialise à 0 quelque soit l’historique de consommation sur l’ancien foyer fiscal.

Conclusion

Le crédit d’impôt a longtemps été la mesure majeure du gouvernement en faveur des économies d’énergie. Il peut être très intéressant comme on peut le voir. Il a l’avantage d’être très simple à demander (simple mention sur la déclaration de revenu). Cependant, il oblige l’occupant à avancer l’argent des travaux. La somme parfois importante ainsi avancée n’est récupérée ensuite qu’au moment du paiement des impôts.

Dans le cas ou les commanditaires des travaux ont un besoin de financement immédiat, on préférera utiliser l’éco-prêt à taux zéro.

Note : le crédit d’impôt développement durable n’est plus cumulable avec l’eco-PTZ en 2011.

Pour en savoir plus sur la loi de finance 2011 concernant les crédits d’impôts, cliquez ici.

Pour savoir quels travaux mettre en œuvre, dans quel ordre et pour quel budget, faites appel à des experts indépendants

S’y retrouver parmi tous les isolants disponibles sur le marché !

Tout d’abord, pour bien s’y retrouver parmi tous les isolants disponibles sur le marché, il est important de connaître les critères/caractéristiques selon lesquels nous pouvons les comparer.

La principale caractéristique permettant de comparer les différents isolants thermiques est la conductivité thermique [lambda λ] d’un matériau. Elle traduit sa capacité à transmettre la chaleur par conduction (la chaleur se propage à l’intérieur du matériau). Plus le lambda est faible, plus le matériau est résistant au transfert par conduction. Il est exprimé en watts par mètre et par degré Celsius [W/m.°C].

Attention cependant, comme on le voit ci-dessous, ce n’est pas la seule caractéristique à prendre en compte dans le choix de son isolant ! Pour trouver la liste des caractéristiques permettant de comparer les différents isolants : Cliquez ici.

Il y a 4 grandes classes d’isolants que nous allons détailler ci-dessous:

  • Les isolants d’origine minérale
  • Les isolants d’origine végétale et animale
  • Les isolants synthétiques
  • Les isolants minces ou réfléchissants

Merci de noter que pour bien choisir votre isolant et pour bien déterminer la quantité d’isolation à installer chez vous, il est préférable de faire appel à des experts thermiciens indépendants qui sauront vous conseiller de façon neutre et objective.

Un isolant naturel est un produit isolant d’origine végétale, animale ou minérale qui, en plus de ses performances acoustiques et/ou thermiques, possède des caractéristiques environnementales spécifiques.

Isolants d’origines minérales

Les isolants en laines minérales sont des produits manufacturés, constitués à base de matières premières naturelles et abondantes, sable ou roche volcanique, ainsi que de verre recyclé appelé calcin. Ils ont un excellent comportement au feu et sont plus stables et résistants en panneaux rigides et semi rigides. La laine de verre et la laine de roche sont les isolants les plus utilisés en isolation.

La laine de roche :

  • perméable à la vapeur d’eau,
  • non capillaire,
  • perméable à l’air,
  • difficilement combustible,
  • compressible,
  • difficilement recyclable.
La laine de verre :

  • perméable à la vapeur d’eau,
  • non capillaire,
  • perméable à l’air,
  • difficilement combustible,
  • un isolant phonique
  • compressible,
  • difficilement recyclable.

Isolants d’origine végétale et animale

Les produits isolants d’origine végétale qui contiennent des fibres d’origine animale sont généralement traités contre la prolifération des insectes (mites, poux…).La laine est un bon isolant thermique, notamment du fait qu’elle emprisonne près de 80% d’air dans son propre poids. Elle absorbe facilement l’humidité (1 kg de laine contient environ 150 g d’eau). Ils utilisent généralement moins «d’énergie grise» qu’un isolant de synthèse ou minéral (3kWh/m3 pour la laine de bois contre 150 à 250 kWh/m3 pour la laine de verre).

La laine de lin :

  • perméable à la vapeur d’eau,
  • résiste à l’humidité,
  • compressible,
  • un isolant phonique,
  • renouvelable,
  • recyclable.
La laine de bois :

  • Perméable à la vapeur d’eau,
  • Permet d’accroitre l’inertie thermique,
  • Isolant phonique,
  • Difficilement combustible,
  • Compressible,
  • Grande longévité.
La laine de coton :

  • Léger,
  • Compressible,
  • un isolant phonique,
  • Perméable à la vapeur d’eau,
  • résiste à l’humidité,
  • inflammable,
  • Perméabilité de l’air,
  • Recyclable.
La laine de mouton :

  • Léger,
  • Perméable à la vapeur d’eau,
  • Compressible,
  • Perméable à l’air,
  • hydro-régulateur
  • Difficilement combustible,
  • Retient la chaleur l’été,
  • Recyclable.
Ouate de cellulose:

  • Abondance (papiers recyclés),
  • Isolant phonique,
  • Difficilement inflammable,
  • Perméabilité de l’air,
  • Retient la chaleur l’été.
La fibre de bois :

  • Perméable à la vapeur d’eau,
  • Renouvelable,
  • Difficilement combustible,
  • Perméable à l’air,
  • Non compressible.
Le liège :

  • Perméable à la vapeur d’eau,
  • Non capillaire
  • Difficilement combustible
  • Très bon Isolant phonique,
  • Recyclable,
  • Perméabilité de l’air,
  • Faible épaisseur,
  • résiste à l’humidité,
  • Grande longévité.
Laine de chanvre:

  • Isolant phonique,
  • Difficilement inflammable,
  • Perméabilité de l’air,
  • Recyclable,
  • Retient la chaleur l’été,
  • Perméable à la vapeur d’eau.

Isolants synthétiques

Les produits d’isolation en plastiques alvéolaires sont d’origine organique. Ils regroupent plusieurs familles de produits isolants à cellules fermées. Ils ne sont pas traités contre les rongeurs, dégagent des émissions de particules nocives en cas d’incendie. Fortes consommations d’énergie grise.

Polystyrène expansé:

  • Facilement inflammable
  • Perméabilité de l’air,
  • Incompressible
  • Isolant phonique.
Polyuréthane:

  • Isolant phonique,
  • Dégradation de son pouvoir isolant dans le temps,
  • Mauvaise efficacité en été
  • Incompressible
  • Perméabilité de l’air.

Polystyrène extrudé:

  • Facilement inflammable
  • Perméabilité de l’air,
  • Incompressible
  • Isolant phonique,
  • Grande résistance en compression.

Isolants minces

Les produits minces réfléchissants sont sujets à controverse. Certains fabricants annoncent des performances thermiques équivalentes à celles d’isolants traditionnels d’épaisseur élevée, qui seraient atteintes grâce à l’effet réfléchissant des couches superficielles, voire même parfois internes au produit mince. Il n’est pas un isolant à part entière, il a une résistance faible et est surtout utilisé comme réfléchissant (l’hiver la chaleur est renvoyée dans la maison et l’été elle est renvoyé à l’extérieur) et pare-vapeur. L’isolant mince ne remplace pas une isolation classique.

Tableau comparatif des isolants – www.senova.fr

Sénova : Le bureau d’études thermiques spécialiste des particuliers vous assiste dans votre projet d’isolation thermique !

La hausse des prix de l’énergie est belle … et bien là !

Le gaz est une des énergies dont le prix a le plus augmenté ces 5 dernières années. En effet, la facture des clients de GDF Suez s’est alourdie de 40 % sur cette période.

Mais ça ne s’arrête pas là : +9.7% au 1er avril !

La Commission de régulation de l’énergie (CRE), réunie jeudi 25 mars, a entériné la demande de GDF Suez : les tarifs régulés du gaz naturel vendu aux particuliers augmenteront de 9,7 % en moyenne à compter du 1er avril 2010.

De même, après avoir connu des sommets mi-2008 (on avait alors atteint un baril de pétrole à 147 $) suivi d’une baisse importante liée à la crise économique, le prix du fioul repart nettement à la hausse depuis début 2010.

Le prix du litre de fioul est de nouveau à 70.01 ct€/L en ce premier jour de printemps 2010.

Du fait de la raréfaction des énergies fossiles, de leur caractère polluant (et donc taxé) et de la reprise économique les analystes prédisent que les prix du gaz et du fioul pourraient atteindre de nouveaux sommets dans les années qui viennent.

Tarifs de l’électricité : vers une hausse de 24% … ?

Maintenant que GDF Suez a obtenu gain de cause sur la hausse des tarifs du gaz, on peut légitimement penser qu’il en sera de même avec les demandes d’EDF. Selon les Echos, le groupe EDF souhaite une hausse de l’ordre de 24 % entre 2010 et 2015.

En conclusion, toutes les énergies deviennent de plus en plus chères…

Ces hausses importantes des prix de l’énergie ne vont pas améliorer le pouvoir d’achat des ménages au moment même ou l’on prend conscience que la précarité énergétique n’est plus qu’un problème de pauvres.

N’attendez pas que vos factures deviennent impayables pour faire des travaux d’économie d’énergie dans votre habitation. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, réalisez le carnet énergétique de votre logement.

Changer d’énergie ou de chauffage ne suffit pas : il faut isoler.

Rappelons-nous avant tout que l’énergie la moins chère est l’énergie que l’on ne consomme pas : C’est le moment d’améliorer la performance énergétique de votre habitation !

Comment bien choisir son isolation thermique ? Les critères importants à prendre en compte dans le choix des matériaux isolants

Il n’est vraiment pas facile de s’y retrouver entre tous les matériaux isolants thermiques disponibles sur le marché !
Voilà la liste des différents critères à prendre en compte au moment de choisir son isolant.

Conductivité Thermique

C’est le critère qui définit le pouvoir isolant du matériau. C’est la capacité à « freiner » le passage de la chaleur (Conductivité Thermique (λ) exprimé en m².K/W)
Plus la conductivité thermique est faible, plus le matériaux est isolant (et plus il freinera le passage de la chaleur). Elle dépend uniquement du matériau utilisé.
Dans les faits, tous les isolants ont une conductivité thermique autour de 0.04W/(m.K) (sauf les isolants sous vide qui sont bien meilleurs mais beaucoup plus cher) donc ce n’est pas un critère déterminant.

Matériaux avec une faible conductivité thermique (les bons sur ce critère):

  • VIP (Isolants sous vide)
  • Polystyrène

Energie grise = le côté « écolo »

C’est la quantité d’énergie qu’il a fallut prendre à la terre pour produire, transporter et à terme recycler le matériau.

  • Faible Energie Grise = Ecolo : Paille ou Ouate de Cellulose
  • Forte Energie grise = Pas Ecolo du tout : Polystyrène

Prix

Caractéristiques communes à chaque choix technique, le critère économique sera placé au rang qu’il convient.

Effets sur la santé

Chaque matériau peut avoir des conséquences sur la santé :

  • Rejet de poussières ou particules (Ex : Laine de Verre)
  • Effet allergisant (Ex: Ouate de cellulose en vrac a cause de la poussière éventuelle)
  • Émanations de polluants (Ex : Polystyrène)

Caractéristiques (ou qualités) mécaniques

Les caractéristiques mécaniques devront correspondre à l’utilisation souhaitée :

  • Rouleaux souples (isolation des combles)
    Ex : rouleaux de laine de bois ou de verre
  • Panneaux semis rigides (utilisation en sous pente)
    Ex : panneaux de laine de bois
  • Panneaux rigides (isolation des planchers)
    Ex : Polystyrène extrudé
  • Vrac (isolation au sol des combles perdus ou flocage par projection)
    Ex : Ouate de cellulose en vrac

Inertie

C’est la faculté du matériau à « stocker » la chaleur (en général proportionnel à sa masse). Une faible inertie permet des variations de température rapides et convient aux intermittences fréquentes de chauffage.
Une forte inertie permet d’avoir des températures stables (variations de températures lentes mais à anticiper si on souhaite faire de la régulation).

  • Ex d’isolant à forte inertie : Brique Monomur (Isolation Thermique Répartie)
  • Ex d’isolant à faible inertie : Laine de verre

Déphasage

C’est la propriété du matériau à décaler dans le temps le passage de la chaleur. Un déphasage de 12h00 permet par exemple à ce que le soleil de midi ne soit ressenti dans la maison qu’à minuit et inversement).
Le déphasage dépend de l’inertie, mais pas seulement.

  • Isolant à bon déphase : Fibre de bois (~9h)
  • Isolant à faible déphasage : Polystyrène

L’inertie et le déphase sont des critères importants pour le confort d’été.

Isolation phonique

En plus de l’isolation thermique, certains matériaux ont de bonnes caractéristiques acoustiques (affaiblissement des bruits aériens ou d’impact) qu’il faut penser à prendre en compte.

Ces caractéristiques d’affaiblissement acoustique sont exprimées en décibels (dB). Plus ce chiffre est grand et plus le matériau sera isolant aux bruits.

  • Bons isolants acoustique : Laine de roche ou ouate de cellulose ou autre isolant « thermo-acoustique » pour les bruits aériens

Durée de vie

C’est la durée pendant laquelle le matériau conserve ses caractéristiques initiales.
Pour des applications telles qu’une isolation de dalle béton ou de doublage muraux il est impératif que la durée de vie soit aussi longue que possible (le changement de l’isolant pendant la vie du bâtiment étant difficilement envisageable).

  • Ex : Les isolants mous posés en vertical (ex : laine de verre) peuvent se tasser avec le temps

Résistance aux agressions

Pendant sa durée de vie, l’isolant sera peut être confronté à des agressions diverses considérées comme anormale par le fabricant telles que :

  • Températures importantes
  • Rongeurs ou autres animaux
  • Exposition aux U.V
  • Humidité
  • Fuite/Inondations
  • Feu

Perméabilité à la vapeur d’eau

Les matériaux traditionnels sont en général assez perméables (pierre, chaux, bois) et permettent une évacuation de la vapeur d’eau sans se soucier si la ventilation est correcte.
Certains matériaux (polystyrène, films minces) sont au contraire imperméables à la vapeur d’eau, il faudra être particulièrement vigilent aux autres moyens mis en œuvre pour évacuer cette vapeur d’eau sous peine d’avoir des problèmes de condensation et d’humidité.

Pour être aidé de façon neutre et objective dans le choix des matériaux et solutions pour améliorer la performance énergétique de votre habitation, faîte appel à un bureau d’études thermiques spécialiste des particuliers.

La maison passive : un confort économe et écologique

Face aux enjeux climatiques actuels, la politique développement durable mise en place par le gouvernement rend aujourd’hui indispensable la rénovation et la construction de logements plus respectueux de l’environnement. Notamment, le Grenelle de l’Environnement a fixé pour objectif que dès 2010, tout bâtiment public ou un tiers des logements privés respectent une construction au standard habitat passif, ou à défaut BBC (bâtiment basse consommation).

Grâce à son système d’isolation, la maison passive est aujourd’hui l’habitat le plus performant énergétiquement : elle produit très peu de gaz à effet de serre avec une consommation énergétique de chauffage qui ne dépasse pas les 15 kWh/m²/an.

La maison passive : un bâtiment confortable et pratiquement autonome pour ses besoins en chauffage

maison passiveUne maison passive est une habitation qui assure, par le seul biais de ses composants (fenêtres, murs), une température ambiante agréable tout au long de l’année, sans utilisation conventionnelle d’un système de chauffage.

Cela passe par une utilisation optimale du chauffage passif fourni par le rayonnement solaire thermique à travers les fenêtres et baies vitrées, mais aussi par la chaleur intérieure dégagée par l’utilisation d’appareils ménagers et par les habitants eux-mêmes. En pratique, ces habitations n’utilisent un système de chauffage que quelques jours par an.

Une maison passive répond aux normes du label de performance énergétique Passivhaus (ou label MinergieP suisse, sensiblement équivalent au label Passivhaus) qui a pour exigence un besoin de chauffage inférieure à 15 kWh/m²/an.  (Alors qu’en moyenne, une maison consomme 200 kWh/m²/an !).

Comment parvenir à une telle performance énergétique ?

Réduction des pertes d’énergie : un habitat compact, une isolation très importante et une étanchéité parfaite.

L’isolation maximale du bâtiment qui passe par l’utilisation de triples vitrages et d’épaisseur d’isolants de plusieurs dizaines de cm, permet d’ « emballer chaudement » la maison et de limiter les pertes de chaleur.

Afin d’éviter les pertes de chaleur par les joints, les fissures et les ouvertures, une étanchéité extrême de la maison est requise et doit être exécutée de manière méticuleuse lors de la construction. Pour assurer le renouvellement de l’air consommé par les habitants et empêcher l’accumulation d’élément toxique dans cet espace étanche, les maisons passives sont munies d’un système de ventilation à double flux (VMC à double flux). Le système double flux permet de récupérer la chaleur de l’air vicié extrait pour la transmettre à l’air entrant.

Maximiser les gains de chaleur : une utilisation optimale des apports solaires et de la chaleur dégagée par l’habitant

Puisque les besoins en chaleur sont diminués, ils peuvent être comblés par de simples apports solaires ou internes. Les apports solaires sont liés au rayonnement solaire au travers des fenêtres et des baies vitrées. Les apports internes sont liés aux occupants de la maison et à leurs activités (utilisation d’appareils de cuisson, d’ordinateurs,…).

Le faible niveau de déperdition associé au cumul des apports solaires et internes permet de se passer de chauffage classique. On parle alors de maison « sans chauffage » !

Quels avantages pour quels coûts ?

L’absence de système de chauffage classique génère de grandes économies de chauffage annuelles. Consommant moins d’énergie, une maison passive produit peu de gaz à effet de serre ce qui limite fortement son impact sur l’environnement.

Ce type d’habitat assure également un confort supérieur à celui d’une habitation classique : la chaleur distribuée de manière uniforme dans l’habitat, les problèmes d’humidité et d’odeurs limités grâce à la ventilation à double flux, l’isolation des bruits extérieurs et des courants d’air et la qualité de l’air nettement meilleure, sont quelques-uns des éléments très appréciés dans une maison passive.

De plus, une maison passive représente un investissement valorisant, et qui est garanti à l’avenir par son « passeport énergétique ».

A quel prix ?

La construction d’une maison passive génère un surcoût d’environ 10 % lié entre autre à l’isolation plus importante et à l’étanchéité à l’air que nécessite l’habitation. Toutefois, ce surcoût est contrebalancé par des coûts de fonctionnement très faibles du fait de la faible demande en énergie. On peut ainsi estimer que sur 30 ans, le coût d’une maison passive est équivalent à celui d’une maison moyenne, et cet investissement sera d’autant plus vite amorti que le prix des énergies fossiles augmentera.

Peut-on rénover une maison existante en maison passive ?

Il est théoriquement possible de répondre aux exigences de l’habitat passif dans le cas d’une rénovation d’un habitat déjà existant mais le coût généré est très élevé…il est en effet particulièrement coûteux de faire la chasse aux ponts thermiques, et d’assurer une épaisseur d’isolation suffisante et une étanchéité parfaite dans une maison existante. Dans ce cas, on s’orientera plutôt vers une rénovation basse consommation d’énergie. Pour en savoir plus sur les différents labels en rénovation, cliquez-ici.

Une vraie maison passive doit être certifiée et doit répondre à des critères précis :

• Le besoin de chauffage doit être inférieure à 15 kWh/m²/an. C’est le résultat de l’optimisation économique. Pour un maison de 100 m², cela représente donc un maximum de 1500 kWh pour une année complète.

• L’étanchéité à l’air n50 < 0,6 /h : ce critère est difficile à comprendre pour un néophyte, il suffit de savoir que cette étanchéité à l’air est testée à l’aide du « Blower Door Test » et qu’elle signifie l’absence de fuite.

• La consommation d’énergie primaire inférieure à 120 kWh/m²/an. L’économie d’énergie est recherchée, il n’est pas raisonnable de la gaspiller dans d’autres appareils que le chauffage, dont le chauffage de l’eau, l’éclairage, l’électroménager et toute autre consommation. Selon la source d’énergie utilisée, la conversion de l’énergie primaire en énergie finale est pénalisante ou non. En tout électrique, cela donne 44 kWh/m²/an au compteur, ce qui est faible. Les énergies renouvelables sont bien plus favorisées par cette conversion.

La certification passe par la validation de la conception et le calcul des consommations, puis par le test d’étanchéité à l’air et enfin par un suivi des consommations. Bref, une simple déclaration ne suffit pas ! Méfiez-vous des publicités mensongères, vous en savez maintenant assez pour débusquer les tromperies les plus grossières.

Pour savoir comment améliorer la performance énergétique de votre habitat, faites appel à un bureau d’étude thermique spécialiste des particuliers, qui saura vous guider dans la construction ou la rénovation de votre maison.