Les « architectes-énergéticiens » existent : ce sont les bureaux d’études thermiques, conseillers en rénovation énergétique

UFC-Que ChoisirLe 28 mai dernier, l’UFC Que Choisir a publié une étude intitulée « Rénovation énergétique des logements : la piètre performance des professionnels impose une reconstruction du système » dans laquelle l’association alimente le débat de la loi de transition énergétique par une enquête de terrain.

Le syndicat Cinov Construction, représentant les bureaux d’études et l’ingénierie de la construction et de la rénovation (dont Sénova est membre actif) alerte l’UFC – Que Choisir et ses lecteurs sur deux apports complémentaires du Cinov Construction à ce travail de grande qualité :

  1. L’étude passe complètement à côté de l’existence d’une troisième famille d’acteurs sur le terrain, à côté des deux familles étudiées par l’association (« Les diagnostiqueurs et thermiciens partenaires de GDF-Suez et EDF » et « les professionnels de la rénovation énergétique »). En effet, il existe une troisième famille bien présente : les bureaux d’études thermiques et ingénieur-conseils en efficacité énergétique. Ce sont des ingénieurs thermiciens indépendants dont le métier est d’accompagner les particuliers dans la rénovation énergétique de leur habitat afin de leur permettre de rénover sans se tromper : Lui faire faire les meilleurs choix de conception, puis lui permettre d’identifier les aides dont il peut bénéficier, l’aider dans la consultation des entreprises, lors de l’exécution de son chantier et même après la réception. Vous l’avez compris, ils ne sont rien d’autres que les « architectes-énergéticiens » dont l’UFC Que-Choisir recommande la promotion !
  2. Quel coût et valeur pour la mission d’ « Architecte-énergéticien » ?
    Côté coûts, l’ingénierie de travaux de rénovation énergétique nécessite beaucoup de temps et la mise en œuvre d’un savoir-faire très qualifié et donc coûteux en matière grise. En moyenne, notre expérience montre que la phase audit/conseil nécessite environ 2/3 jours à 650 € HT/jour et la phase maîtrise d’œuvre environ 10% du montant des travaux . De plus, le coût de cette ingénierie se fait pleinement sentir par le particulier propriétaire qui la prend totalement à sa charge afin de garantir la complète indépendance de l’ingénieur.
    Côté valeur pour le propriétaire habitant, il y a un aspect économique, et un aspect culturel. Sur le plan économique, comme le montre bien l’étude de l’UFC-Que Choisir, l’ingénierie déployée se justifie pleinement en cas de rénovation importante et ne représente que quelques pourcents du montant global des travaux. Pour des projets de plus faible taille, l’ingénierie déployée a également une équation économique positive dès lors que le propriétaire habitant se projette sur plusieurs années dans sa maison et envisage donc plusieurs projets successifs pour lesquels il a besoin d’une vision globale. Sur l’aspect culturel, de nombreux propriétaires habitants français (les Anglo-Saxons n’ont pas la même barrière) ont des difficultés à investir la valeur de cette ingénierie et privilégient souvent l’investissement dans les travaux (« du concret ») plutôt que dans l’ingénierie de la rénovation. Cinov Construction abonde donc en faveur de la recommandation de l’UFC-Que Choisir d’innover sur le mode de financement de cette ingénierie pour lever la barrière culturelle chez bon nombre de consommateurs en aiguillant le dispositif du CEE et du CIDD sur l’ingénierie (trop souvent négligée, et bâclée par les énergéticiens comme l’étude le montre) plutôt que sur la mise en œuvre elle-même.

Comme le suggère Cinov construction, nous espérons que l’UFC – Que Choisir complétera rapidement son enquête avec cette troisième famille d’acteur afin de délivrer une information parfaitement complète et juste à l’aube de l’ouverture des débats de la loi de transition énergétique.

Posséder un logement performant énergétiquement, c’est bien. L’utiliser efficacement, c’est encore mieux !

Les constructions de logements BBC (Bâtiments Basse Consommation) sont en hausse et c’est une bonne nouvelle ! En effet, de plus en plus de gens prennent les devants par rapport à la RT 2012 et décident d’ores et déjà de faire construire leur logement aux normes Bâtiment Basse Consommation. On le sait, les avantages sont nombreux (présentés dans une des questions ici) et certains entament même les démarches pour que leur logement soit certifié « BBC-Effinergie ». Ci-dessous, une carte des demandes de labels BBC-Effinergie pour l’année 2009.

Source : Le moniteur

Les réflexes à avoir dans une maison BBC

Cependant, faire construire ou acheter un logement BBC prend tout son sens lorsque le comportement des personnes qui y habitent va avec. En effet, cela ne sert à rien d’isoler une maison si c’est pour laisser les fenêtres ouvertes l’hiver ou pour installer une climatisation qui fonctionne en continue tout l’été. Même lorsque la maison est efficace energétiquement, pour optimiser les consommations de son logement il y a donc des comportements à adopter. Par exemple, en été, bien ventiler la nuit et laisser volets et fenêtres fermés pendant la journée doivent devenir des réflexes. Vivre dans une maison BBC ca s’apprend si on veut vraiment en ressentir les avantages, en terme de confort mais surtout d’économies d’argent et d’énergie !

Des consommations réelles bien plus importantes que sur le papier : Retour d’expérience de Olivier Sidler

Même s’il ne s’agit pas de logement, Olivier Sidler, directeur du bureau d’étude Enertech, a fait une remarque très juste à ce sujet. Pour lui, « le plus gros problème technique [pour généraliser le BBC], c’est celui de la maintenance » et du comportement des utilisateurs. Il prend l’exemple des bureaux de l’Inned, pour lesquels il a travaillé, qui consommaient  (d’après le papier) 30% d’énergie en moins que ce qu’exige aujourd’hui le label BBC. Mais après avoir réalisé des mesures sur site, on s’est rendu compte que la climatisation était allumée en permanence et que le puits canadien marchait même la nuit en hiver. Du coup, les consommations d’énergie du bâtiment étaient largement supérieurs à ce qui avait été prévu lors de l’étude !

Les smartgrids, une solution pour piloter sa consommation

Savoir combien vous consommez d’énergie peut être un moyen de surveiller vos consommations et de les limiter. Les smartgrids, petits compteurs qui permettent de piloter les consommations d’énergie en temps réel, sont un bon moyen de rendre son habitation BBC encore moins énergivore. Des capteurs peuvent être installés un peu partout, par exemple sur vos appareils ménagers, et vous retransmettent, via un ordinateur portable, les consommations par pièce et par équipements. L’utilisation de ce type de « capteurs intelligents » permettrait d’éviter les pics de consommations habituels. En effet, une fois que vous avez repéré ou et quand vous consommez le plus, il suffit de modifier vos comportements en conséquence (baisser d’1 ou 2 degrés la température à certains moments de la journée, faire tourner votre lave-linge le soir etc.)

Si vous souhaitez construire un logement BBC, ou rénover efficacement votre habitation, faîte appel à un bureau d’études thermiques indépendant qui saura vous conseiller de façon neutre et objective.