Tout comprendre sur le confort thermique dans votre habitation et savoir comment l’améliorer

Le confort dans le logement est la première motivation des français pour faire des « travaux d’économie d’énergie » (ou faire une « rénovation énergétique ») de leur habitation.
Nous nous sommes penchés sur la question pour bien comprendre de quoi il s’agit exactement et savoir comment l’améliorer.

Qu’est-ce que le confort thermique ?

L’environnement thermique correspond aux caractéristiques de l’environnement qui affectent nos échanges de chaleur avec ce qui nous entoure.

Une situation de confort thermique est atteinte lorsque notre environnement thermique nous procure une sensation de bien-être. Le confort thermique dépend de paramètres physiques, physiologiques et psychologiques qui varient d’un individu à l’autre. Il est donc difficile de définir des conditions « optimales » dans un cas général.

Comment se font les échanges thermiques ?

  • Par transpiration : l’eau qui s’évapore à la surface de notre peau est un moyen de céder de la chaleur et donc de diminuer n otre température corporelle.

  • Par convection : l’échange de chaleur entre l’air ambiant et le corps humain est augmenté par la vitesse de l’air et l’écart de température entre les 2 corps.
  • Par rayonnement : même sans contact deux corps échangent de l’énergie, par exemple le soleil chauffe notre maison toute la journée et les objets qui ont absorbé cette chaleur la rediffusent par la suite.
  • Par conduction : on perd ou on gagne de l’énergie par contact direct avec des objets froids ou chauds (le sol froid de la salle de bain par exemple) mais ce mode de transfert a une influence plus faible que les précédents.

Quels sont les facteurs liés à la personne qui affectent le confort thermique ?

La sensation de froid ou de chaleur que nous avons est en premier lieu liée à notre activité physique que l’on mesure à l’aide d’une unité appelé le MET. 1 MET correspond au niveau d’activité d’une personne sédentaire, assise et au repos ; c’est aussi équivalent à 58.2 W/m2 =50 kcal/h.m2=100W/pers. A l’activité s’ajoute l’état de santé de la personne, son âge, son sexe, son régime…

Vient ensuite la façon donc la personne est vêtue. On attribue à chaque vêtement une valeur qui correspond à la capacité du vêtement à nous isoler de l’air ambiant. Cette valeur a pour unité le clo : 1 clo = 0.155 m2.K/W et elle correspond à un état de confort pour une personne ayant une activité de 1 MET dans une pièce à 21°C, avec une humidité de 50% et un mouvement d’air de 0.1m/s.

Quels sont les facteurs environnementaux qui affectent le confort thermique ?

Le premier élément extérieur qui affecte le confort thermique est la température. On distingue 3 températures :

  • La température de l’air ambiant : l’enveloppe de l’habitation doit permettre de la conserver entre 19 et 26 °C, malgré les variations de la température extérieure avec les saisons et les heures de la journée.
  • La température des parois : même si la température ambiante est agréable, une paroi froide procurera une sensation de froid et inversement pour une paroi chaude.
  • La température ressentie, dite température opérative : elle se calcule à partir des deux températures précédentes. Si une paroi est très froide il faudra augmenter la température ambiante pour atteindre une zone de confort, mais la sensation désagréable due à l’écart de température entre l’air ambiant et les parois n’en sera pas moindre.

On estime que pour une différence de 3°C entre la température ambiante au niveau des pieds et la température ambiante 5% des gens ne sont pas satisfaits des conditions thermiques, pour 6°C, 40%.

Le taux d’humidité de l’air se mesure en pourcentage et on estime que ce taux correspond à une zone de confort entre 35 et 70 %. De la même manière, la température du sol doit être située entre 19 et 29°C pour ne pas avoir plus de 10% des gens non satisfaits.

La vitesse de l’air est un autre facteur à prendre en compte. En effet, le mouvement de l’air réduit la température ressentie car il accélère les échanges thermiques. Par ailleurs, pour une même vitesse d’air, la diminution de la température ressentie due au mouvement de l’air est plus importante si l’air ambiant est plus froid. Au-delà de 0.15m/s en hiver et 0.25m/s en été on ressent un courant d’air. Afin d’éviter ce désagrément il est important de faire vérifier l’étanchéité à l’air de votre habitation.

Quels sont les facteurs psychologiques qui affectent le confort thermique ?

  • Les stimuli visuels tels que la luminosité ou les couleurs présentes dans la pièce
  • Les expériences précédentes et les attentes : une maison dans laquelle on se rappelle avoir eu froid ou dont on nous a dit qu’il y faisait tout le temps froid nous paraîtra plus froide qu’une maison dont on nous a dit qu’elle était bien chauffée
  • Le temps d’acclimatation : la sensation d’inconfort qu’on peut avoir en entrant dans la pièce peut s’atténuer au fur et à mesure qu’on s’y habitue
  • La densité de personnes dans la pièce ou l’état d’entretien de la pièce : autant d’impressions qui nous font dire qu’il va faire chaud ou froid dans la pièce avant même d’y entrer
  • Le climat et notre culture : quelqu’un venant de l’Equateur n’aura pas la même définition d’une température chaude que quelqu’un vivant en Suède

Quels sont les mécanismes de régulation de la température corporelle ?

Afin de conserver une température corporelle de 37°C, nous possédons un certain nombre de capteurs qui nous informent de notre température et nous l’adaptons grâce à différents mécanismes :

  • conscients : se frictionner et bouger quand on a froid, s’aérer quand on a chaud, s’habiller plus légèrement en été, allumer la ventilation …
  • inconscients : la respiration, la transpiration, la circulation du sang à la surface de la peau

Comment établit-on les règles de confort thermique ?

Même si la notion de confort est subjective, il est intéressant de savoir si l’environnement thermique dans une habitation est susceptible de satisfaire ses habitants ou non. On utilise alors un indice de prédiction du vote moyen compris entre -3 et 3 (de froid à chaud) pour savoir dans quelles conditions on dépasse les 10, 20 ou 30% de gens insatisfaits selon le niveau d’exigence que l’on se fixe.

Une fois ces zones de confort établies, il n’y a plus qu’à définir les moyens techniques à mettre en œuvre pour y parvenir. Pour cela une seule solution : faire appel à un bureau d’étude thermiques spécialiste des particuliers.

Conclusion

Comment améliorer le confort thermique de son habitation en hiver ?

  1. Chauffer par rayonnement si possible (planchers chauffants, radiateurs/panneaux rayonnants) permettent d’obtenir une température opérative agréable
  2. Bien isoler son habitation notamment les combles mais aussi les murs, les surfaces vitrées, les sols et plafonds, ce qui permet :
    • D’éviter l’effet de paroi froide (rayonnement froid des murs)
    • De conserver une température constante et uniforme à l’intérieur et ainsi limiter les mouvements d’air
  3. Contrôler les mouvements d’air :
    • Avoir une maison bien étanche à l’air pour éviter les courants d’air et les entrées d’air froid par jours venteux
    • Avoir un système d’aération générale (entrée d’air dans le séjour ou la chambre et sortie au niveau de la cuisine, salle de bain ou WC) bien conçu pour éviter les désagréments
  4. Evacuer l’humidité : il est impératif d’évacuer la vapeur d’eau due à l’activité des occupants car une humidité supérieure à 70% provoque un inconfort thermique important. De plus elle se condense sur les vitres et créer des moisissures sur les parois, ce qui est néfaste à la santé. Pour évacuer l’humidité sans perdre trop de chaleur, il est important d’utiliser une VMC (si possible double flux ou hygro) bien réglée.

Comment améliorer le confort thermique de son logement en été ?

En été, nous voulons rafraichir le logement au maximum. Nous pouvons pour cela :

  1. Limiter les apports solaires (rayonnement solaire dans la maison) par les portes et fenêtres notamment grâce à des volets, des stores ou des brises soleils
  2. Sur-ventiler la nuit pour amener de l’air frais dans le logement (fenêtres ouvertes, VMC en by pass et en fonctionnement maximal la nuit)
  3. Utiliser des matériaux ayant un déphasage adapté pour éviter une montée en température insoutenable dans l’après-midi
  4. Apporter de l’inertie à votre habitation : vous pouvez limiter l’influence des variations de température extérieure sur la température intérieure de votre maison – c’est-à-dire que votre maison peut emmagasiner de la fraicheur la nuit pour limiter l’élévation de température dans la journée
  5. En dernier ressort, à éviter car c’est très énergivore, il est possible de climatiser ou de rafraichir son logement.

Cliquez ici pour savoir quoi faire, dans quel ordre, pour quel budget et avec quelles aides pour rénover sans vous tromper afin d’améliorer le confort thermique de votre habitation.

Pas si simple de dimensionner correctement une Pompe à Chaleur (PAC) Air/Eau – Aérothermique

Il n’est vraiment pas simple de dimensionner une pompe à chaleur. C’est plus compliqué que pour un autre type de chaudière. Une chaudière gaz sur-dimensionnée ne sera pas problématique tandis qu’une pompe à chaleur sur-dimensionnée fonctionnera en cycles courts à l’inter-saison et s’abîmera très vite.
Évidemment, une PAC sous-dimensionnée est aussi problématique : les consommations électriques vont être importantes car les résistances d’appoint vont beaucoup fonctionner – voire devenir insuffisantes pour réussir à chauffer au plus fort de l’hiver.

Le paradoxe de la pompe à chaleur (PAC)

La particularité d’une pompe à chaleur est que la puissance qu’elle fournit à l’eau de chauffage diminue quand la température de l’air extérieur diminue.
Paradoxalement, la puissance nécessaire pour maintenir une maison en température augmente lorsque la température extérieure diminue.
Pour simplifier, voici un schéma grossier des besoins de puissance d’une maison et des puissances fournies par une pompe à chaleur en fonction de la température extérieure :

Comment dimensionner une pompe à chaleur ?

1.   Calculer les déperditions de la maison

La première chose à faire est de connaître les déperditions thermiques d’une maison. Sur le schéma ci-dessus, cela permet de connaître la courbe bleue. Les chauffagistes utilisent habituellement des valeurs par défaut et des coefficients de sécurité important de sorte que la puissance estimée par les installateurs est bien au dessus de la puissance réelle nécessaire.

2.   Identifier la température d’eau nécessaire

Le réseau de chauffage (Dimensions et nombre de radiateurs) est dimensionné pour fournir la puissance maximum avec une température d’eau chaude donnée. Habituellement, la température d’eau varie entre 50 et 80°C. Dans les nouvelles maisons, le réseau est plutôt dimensionné avec une température d’eau de 35°C.
Dans une maison dont le réseau de radiateurs a été dimensionné avec une eau à 65°C, il est impossible de faire passer de l’eau à 50°C car au cœur de l’hiver, la puissance émise par les radiateurs ne sera pas suffisante. Pour réduire la température d’eau, il faut au préalable ajouter de nouveaux radiateurs ou bien réduire les besoins de puissance en isolant la maison.
Ex : Une maison a besoin de 30kW lorsqu’il fait -7°C à l’extérieur. On place 30 radiateurs qui fournissent 1kW avec une eau à 65°C. Ainsi, au cœur de l’hiver, lorsqu’il fait -7°C à l’extérieur, si la chaudière fournie une eau à 65°C, cela suffira pour chauffer la maison.
Si la chaudière ne peut fournir qu’une eau à 55°C, les 30 radiateurs ne pourront fournir que 0,8 kW chacun et la maison ne sera plus chauffée par -7°C extérieur.
Pour dimensionner une chaudière classique, on installe la puissance maximum nécessaire à -7°C et on indique en sortie la température d’eau utilisée pour dimensionner le système de chauffage. Bien souvent, les pertes thermiques sont surestimées et la chaudière aussi mais cela impacte peu sur ses consommations et sa durée de vie.
Le dimensionnement est plus complexe pour une pompe à chaleur. En effet, la puissance délivrée par la pompe à chaleur dépend aussi de la température d’eau en sortie de la pompe à chaleur. Plus la température d’eau est élevée, moins la PAC fournit de puissance.

3.   La puissance d’une pompe à chaleur

La puissance indiquée par un fournisseur de pompe à chaleur est donnée pour une température extérieur de +7°C et une température d’eau de sortie de +35°C.
On comprendra donc aisément que cette seule valeur ne suffit par pour dimensionner une pompe à chaleur par -7°C extérieur et une température d’eau de sortie de pompe à chaleur de 55°C.
Il est nécessaire de connaître la courbe de puissance fournie par une pompe à chaleur à la température d’eau souhaitée pour toute la gamme de température extérieur de -15°C à +20°C.
Deux produits annonçant une même puissance 7°C/35°C ont très souvent des courbes de puissance très différentes.
Le COP (rendement de la pompe à chaleur : c’est le rapport entre la puissance transmise à la maison et la puissance électrique consommée au réseau, plus il est élevé, mieux c’est) aussi évolue en fonction de la température d’eau et de la température d’air extérieur. Pour évaluer les consommations d’une PAC, il est nécessaire de connaître les courbes de COP de la pompe à chaleur à la température d’eau souhaitée pour toute la gamme de température extérieure de -15°C à +20°C.

4.   Arbitrage entre cycle court et relève

Une fois les données fabricants indiquées ci-avant, on compare la puissance nécessaire à la maison et la puissance fournie par la pompe à chaleur degré par degré.
Grâce à un moteur de calcul, on peut calculer le COP moyen sur une année, la consommation en kWh de la PAC sur une année, la consommation en kWh de la relève sur une année, le nombre de cycles courts (ou dimensionner le ballon tampon permettant la réduction des cycles courts)…
Il est souvent nécessaire de comparer plusieurs pompes à chaleur avant d’en trouver une bien adaptée.

Remarque sur les « données fabricants » des PAC

Le COP donné sur les plaquettes commerciales des fabricants de pompes à chaleur sont conventionnellement le COP pour une température d’air extérieur à 7°C et d’eau à 35°C (le fameux A7/W35). Comme très peu de monde regarde le profil de COP complet (ce qu’il faudrait faire pour ne pas se tromper), certains fabricants sont des spécialistes pour optimiser le COP à A7/W35 alors qu’en fait le rendement global de leur pompe à chaleur est très mauvais…

Méfiance !

Mais si c’est si compliqué, comment font les installateurs ?

Les installateurs travaillent normalement avec une ou deux marques seulement. Sur ces deux marques, ils sont formés par les fabricants à l’utilisation de logiciels spécifiques qui leurs permet de connaître la pompe à chaleur de la gamme la plus adaptée en fonction de différentes entrées telles que la puissance de déperdition de l’enveloppe, le nombre de radiateurs de la maison et la température de sortie de chaudière.

Si on est pas sûr d’avoir la meilleure pompe à chaleur du marché, on est au moins sûr d’avoir la pompe à chaleur la plus adaptée dans la gamme vendue par l’installateur.

Toutefois, il faut savoir que beaucoup d’installateurs se trompent dans le dimensionnement des PAC… Nous sommes fréquemment missionnés par des assurances pour faire des expertises sur des installations inefficaces… Quel dommage !

Un installateur préfèrera toujours sur-dimensionner la PAC car il est plus sûr de ne pas avoir de problèmes par la suite : un maison froide au cœur de l’hiver impliquera toujours et automatiquement une mise en demeure de l’installateur alors qu’une pompe à chaleur tombant en panne après 3 ou 4 hivers à cause d’un fonctionnement en cycles courts ne l’impliquera pas forcément.

Conclusion sur le dimensionnement des PAC

En conclusion,

  1. Il faut connaître la

    pompe à chaleur la plus adaptée du marché pour votre maison : faites pour cela appel à des spécialistes des technologies habitat durable et nouvelles énergies qui sauront vous conseiller de façon neutre et objective.

  2. Il faut dimensionner correctement la pompe à chaleur pour pouvoir avoir une installation qui dure et qui permette de réaliser de vraies économies. Vous pouvez vous faire aider pour cela par un bureau d’études thermiques spécialiste des particuliers qui saura vous apporter son expertise neutre et objective.

La précarité énergétique va toucher de plus en plus de monde : Les factures de chauffage deviennent impayables…

A l’arrivée de l’hiver, mettre le chauffage n’est pas un geste anodin pour les personnes souffrant de précarité énergétique. Cette situation leur rend difficile le simple confort de s’éclairer, de se chauffer correctement. A l’origine de cette précarité thermique : la faiblesse des revenus, la mauvaise qualité thermique des logements et un endettement récurrent pour essayer de conserver un confort minimum.

C’est précisément pour aider les ménages en situation de précarité énergétique qu’un rapport a été réalisé et remis au gouvernement le 6 janvier 2010, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Selon le rapport, 3,4 millions de ménage en France soient près de 8 millions de français subiraient une situation de précarité énergétique. 87% des personnes concernées habitent un logement du parc privé et plus de la moitié d’entre elles ont plus de 60 ans.

Face à de tels chiffres, Valérie Létard, secrétaire d’Etat chargée de la Solidarité a annoncé plusieurs mesures pour réduire les inégalités énergétiques en France. Parmi les mesures évoquées pour lutter contre la précarité énergétique, on trouve :

  • la mise en place de visites à domicile pour évaluer les besoins énergétiques
  • un « chèque vert » de 2500 euros pour aider les ménages à faire face aux consommations d’énergie en réaliser des travaux d’installation de chauffage et d’isolation
  • généraliser des fonds locaux de lutte contre la précarité énergétique, pour mieux coordonner les actions et accompagner les ménages jusqu’à la réalisation des travaux

Près de 4 millions d’euros sur 10 ans pour faire face à cette inégalité énergétique

Pour aider les personnes en précarité énergétique à réduire leur facture d’énergie, le coût estimé s’élèverait à 3,9 millions d’euros sur dix ans dont 1,7 millions seraient payés par l’Etat. Une partie des bénéfices générés par la taxe carbone devrait y contribuer. Il s’agirait d’un traitement préventif et pas seulement curatif, afin d’éviter que les ménages ne consacrent un part trop importante de leur revenu à se chauffer et s’éclairer.

Une précarité qui va se généraliser aux classes moyennes : ce n’est plus qu’un problème de pauvres…

Face à la hausse du prix des énergies (notamment fossiles), les factures énergétiques s’annoncent de plus en plus élevées. Pour certains ménages, il est déjà très difficile de remplir sa cuve de fioul avec un fioul à 60 centimes le litre. Qu’en sera-t-il dans quelques années lorsque le fioul coutera entre 2 à 5 € le litre ? Sans parler de la taxe carbone

Il est donc indispensable d’entreprendre des travaux de rénovation afin de réduire vos consommations d’énergie. Faites appel à un bureau d’études thermique spécialiste des particuliers qui saura vous guider dans votre projet de rénovation énergétique.

Notes : Le détail des fonds sociaux d’aide aux travaux sur le site de l’Ademe

La maison passive : un confort économe et écologique

Face aux enjeux climatiques actuels, la politique développement durable mise en place par le gouvernement rend aujourd’hui indispensable la rénovation et la construction de logements plus respectueux de l’environnement. Notamment, le Grenelle de l’Environnement a fixé pour objectif que dès 2010, tout bâtiment public ou un tiers des logements privés respectent une construction au standard habitat passif, ou à défaut BBC (bâtiment basse consommation).

Grâce à son système d’isolation, la maison passive est aujourd’hui l’habitat le plus performant énergétiquement : elle produit très peu de gaz à effet de serre avec une consommation énergétique de chauffage qui ne dépasse pas les 15 kWh/m²/an.

La maison passive : un bâtiment confortable et pratiquement autonome pour ses besoins en chauffage

maison passiveUne maison passive est une habitation qui assure, par le seul biais de ses composants (fenêtres, murs), une température ambiante agréable tout au long de l’année, sans utilisation conventionnelle d’un système de chauffage.

Cela passe par une utilisation optimale du chauffage passif fourni par le rayonnement solaire thermique à travers les fenêtres et baies vitrées, mais aussi par la chaleur intérieure dégagée par l’utilisation d’appareils ménagers et par les habitants eux-mêmes. En pratique, ces habitations n’utilisent un système de chauffage que quelques jours par an.

Une maison passive répond aux normes du label de performance énergétique Passivhaus (ou label MinergieP suisse, sensiblement équivalent au label Passivhaus) qui a pour exigence un besoin de chauffage inférieure à 15 kWh/m²/an.  (Alors qu’en moyenne, une maison consomme 200 kWh/m²/an !).

Comment parvenir à une telle performance énergétique ?

Réduction des pertes d’énergie : un habitat compact, une isolation très importante et une étanchéité parfaite.

L’isolation maximale du bâtiment qui passe par l’utilisation de triples vitrages et d’épaisseur d’isolants de plusieurs dizaines de cm, permet d’ « emballer chaudement » la maison et de limiter les pertes de chaleur.

Afin d’éviter les pertes de chaleur par les joints, les fissures et les ouvertures, une étanchéité extrême de la maison est requise et doit être exécutée de manière méticuleuse lors de la construction. Pour assurer le renouvellement de l’air consommé par les habitants et empêcher l’accumulation d’élément toxique dans cet espace étanche, les maisons passives sont munies d’un système de ventilation à double flux (VMC à double flux). Le système double flux permet de récupérer la chaleur de l’air vicié extrait pour la transmettre à l’air entrant.

Maximiser les gains de chaleur : une utilisation optimale des apports solaires et de la chaleur dégagée par l’habitant

Puisque les besoins en chaleur sont diminués, ils peuvent être comblés par de simples apports solaires ou internes. Les apports solaires sont liés au rayonnement solaire au travers des fenêtres et des baies vitrées. Les apports internes sont liés aux occupants de la maison et à leurs activités (utilisation d’appareils de cuisson, d’ordinateurs,…).

Le faible niveau de déperdition associé au cumul des apports solaires et internes permet de se passer de chauffage classique. On parle alors de maison « sans chauffage » !

Quels avantages pour quels coûts ?

L’absence de système de chauffage classique génère de grandes économies de chauffage annuelles. Consommant moins d’énergie, une maison passive produit peu de gaz à effet de serre ce qui limite fortement son impact sur l’environnement.

Ce type d’habitat assure également un confort supérieur à celui d’une habitation classique : la chaleur distribuée de manière uniforme dans l’habitat, les problèmes d’humidité et d’odeurs limités grâce à la ventilation à double flux, l’isolation des bruits extérieurs et des courants d’air et la qualité de l’air nettement meilleure, sont quelques-uns des éléments très appréciés dans une maison passive.

De plus, une maison passive représente un investissement valorisant, et qui est garanti à l’avenir par son « passeport énergétique ».

A quel prix ?

La construction d’une maison passive génère un surcoût d’environ 10 % lié entre autre à l’isolation plus importante et à l’étanchéité à l’air que nécessite l’habitation. Toutefois, ce surcoût est contrebalancé par des coûts de fonctionnement très faibles du fait de la faible demande en énergie. On peut ainsi estimer que sur 30 ans, le coût d’une maison passive est équivalent à celui d’une maison moyenne, et cet investissement sera d’autant plus vite amorti que le prix des énergies fossiles augmentera.

Peut-on rénover une maison existante en maison passive ?

Il est théoriquement possible de répondre aux exigences de l’habitat passif dans le cas d’une rénovation d’un habitat déjà existant mais le coût généré est très élevé…il est en effet particulièrement coûteux de faire la chasse aux ponts thermiques, et d’assurer une épaisseur d’isolation suffisante et une étanchéité parfaite dans une maison existante. Dans ce cas, on s’orientera plutôt vers une rénovation basse consommation d’énergie. Pour en savoir plus sur les différents labels en rénovation, cliquez-ici.

Une vraie maison passive doit être certifiée et doit répondre à des critères précis :

• Le besoin de chauffage doit être inférieure à 15 kWh/m²/an. C’est le résultat de l’optimisation économique. Pour un maison de 100 m², cela représente donc un maximum de 1500 kWh pour une année complète.

• L’étanchéité à l’air n50 < 0,6 /h : ce critère est difficile à comprendre pour un néophyte, il suffit de savoir que cette étanchéité à l’air est testée à l’aide du « Blower Door Test » et qu’elle signifie l’absence de fuite.

• La consommation d’énergie primaire inférieure à 120 kWh/m²/an. L’économie d’énergie est recherchée, il n’est pas raisonnable de la gaspiller dans d’autres appareils que le chauffage, dont le chauffage de l’eau, l’éclairage, l’électroménager et toute autre consommation. Selon la source d’énergie utilisée, la conversion de l’énergie primaire en énergie finale est pénalisante ou non. En tout électrique, cela donne 44 kWh/m²/an au compteur, ce qui est faible. Les énergies renouvelables sont bien plus favorisées par cette conversion.

La certification passe par la validation de la conception et le calcul des consommations, puis par le test d’étanchéité à l’air et enfin par un suivi des consommations. Bref, une simple déclaration ne suffit pas ! Méfiez-vous des publicités mensongères, vous en savez maintenant assez pour débusquer les tromperies les plus grossières.

Pour savoir comment améliorer la performance énergétique de votre habitat, faites appel à un bureau d’étude thermique spécialiste des particuliers, qui saura vous guider dans la construction ou la rénovation de votre maison.

Comment ne pas se tromper au moment d’entreprendre des travaux de rénovation

Pourquoi est-il si difficile de rénover sans se tromper ?

Comme on peut le voir dans le reportage-vidéo ci-dessous, il n’est vraiment pas facile d’être sur de faire les bons choix de travaux/solutions pour sa maison car :

  • On ne peut connaitre tout ce qui existe, les technologie « habitat durable et nouvelles énergies » évoluent très vite avec sans cesse de nouvelles innovations.
  • De très nombreuses entreprises se lancent pour profiter de la vague verte en vendant des solutions « ENR » (solaires ou pompe à chaleur par exemple) sans en avoir vraiment la compétence. Cela se traduit par des installations inadaptées et mal réalisées.
  • Dans un contexte de crise, certains professionnels cherchent à vendre coûte que coûte en ayant plus une attitude de « marchand de tapis »  qu’une attitude professionnelle. Les argumentaires sont parfois mensongers et occultent bien souvent une partie de la vérité. Cela se fait au détriment des habitants propriétaires qui mal-investissent.
  • Rares sont les professionnels qui vendent et installent toutes les solutions disponibles sur le marché. Les professionnels ont donc tendance à « prêcher leur paroisse ».

Comment s’assurer de faire les bons choix de travaux et de ne pas regretter un investissement important ?

  1. Faire appel à un professionnel expert en thermique qui saura écouter vos besoins en étant neutre et objectif.
  2. Confronter les avis pour se faire sa propre opinion
  3. Se renseigner sur internet
  4. Pour choisir son artisan, lui demander des références ainsi que son attestation d’assurance décennale
  5. Ne pas se fier à un DPE ou à un diagnotisqueur immobilier qui n’y connait finalement rien au problèmes thermiques et énergétiques dans le bâtiment. Même s’il fait croire à un « audit complet » la prestation sera standardisée et ne prendra pas bien en compte vos attentes.
  6. Si cela est possible, chercher à obtenir un label pour votre maison. Celui ci sera décerné par un organisme indépendant et habilité qui attestera la qualité de la réalisation
  7. Réaliser un bilan énergétique complet de votre habitat et de vos besoins. Grâce à cela, vous ferez plus facilement les bons choix : les solutions les plus adaptées à votre habitat et à vos besoins.