« Les courtiers en travaux ont besoin de travailler avec les bureaux d’étude thermique suite à l’entrée en vigueur de la RT2012 »

Philippe COURTOY - Président de La Maison Des TravauxPhilippe Courtoy, ancien Directeur Commercial Grands Comptes chez NextiraOne pendant le boom des télécoms en France est depuis 6 ans Dirigeant du réseau de courtiers en travaux de l’enseigne La Maison Des Travaux. Il nous présente cette activité d’intermédiation entre particuliers et entreprises du bâtiment et nous explique pourquoi il a choisi SENOVA.

Qu’est-ce qu’un courtier en travaux ?

C’est un homme ou une femme dont l’activité consiste à mettre en relation des clients voulant faire réaliser des travaux de l’habitat avec des artisans sélectionnés selon la Charte Qualité Travaux de notre enseigne. Ce sont aussi bien des travaux de construction tous corps d’état dans le cadre d’une construction de maison individuelle que des travaux de rénovation, d’extension et de décoration d’intérieur.

Après avoir écouté et analysé le besoin du client, le courtier démarche les entreprises présélectionnées de son panel de professionnels du bâtiment, et propose celles qui présentent le meilleur rapport qualité/prix et correspondent le mieux aux attentes du client.

Comment en êtes-vous arrivé à créer La Maison Des Travaux ?

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J’ai créé La Maison Des Travaux en 2007 suite à la construction de ma maison. L’architecte à qui j’avais confié la réalisation des plans et la consultation des entreprises eut beaucoup de peine à trouver des professionnels qui  pouvaient répondre au cahier des charges. Il est revenu avec un budget plus élevé de 45% dont celui je disposais !

Alors que je ne voulais pas m’occuper de la sélection des entreprises en choisissant un architecte, j’ai dû alors chercher moi-même les bonnes entreprises et tout faire pour rentrer dans mon budget. Très vite j’ai réalisé que plus je m’éloignais de Paris, plus je trouvais des artisans qui réalisaient un travail de qualité à prix très abordable mais qui manquaient de service commercial. De l’autre côté, avec mon expérience personnelle, j’ai aussi compris que les particuliers ont besoin non seulement de trouver les professionnels qui correspondent à leur projet mais aussi de connaître le « juste prix ». C’est pour cette raison que j’ai développé un réseau de franchise de courtage en travaux. Nous sommes aujourd’hui un réseau national de 60 courtiers.

Vos détracteurs vous reprochent de faire 5 à 15% de marge sur la prestation du chantier qui se répercuterait sur les prix. Que leur répondez-vous ?

La prestation du courtier est complètement gratuite pour le client ! Il ne paie rien et peut librement accepter ou refuser les devis proposés par le courtier.

Par contre, le professionnel verse une commission sur chaque contrat signé, qui équivaut au travail et au temps dédié à la démarche commerciale. L’artisan va ainsi externaliser une compétence pour laquelle il n’a pas le savoir-faire et va ainsi gagner du temps. Il va aussi pouvoir proposer des prix plus compétitifs en augmentant son volume d’affaires. Le courtier a un rôle d’acheteur puisqu’il sélectionne des entreprises sur des critères de qualité d’exécution des travaux et de juste prix.  D’ailleurs, les prix pratiqués sont souvent moins élevés que ceux trouvés par le client lui-même !

Outre l’avantage budgétaire, le client se voit proposer une entreprise qui correspond à son projet.

Vous éliminez tous les coûts de transaction en rapprochant une offre et une demande finalement…

Absolument ! Les courtiers en travaux sont comme les courtiers en crédit immobilier. Si les courtiers étaient plus chers que les banques, ils n’existeraient pas sur le marché ! Nous avons exactement la même démarche.

Nous avons aussi développé un service complémentaire en proposant notre Carte Avantages qui permet à nos clients bricoleurs d’acheter leurs matériaux ou produits liés à l’habitat (comme par exemple salle de bain, cuisine, fenêtre….) directement auprès de nos partenaires pour construire ou rénover eux-mêmes. Avec la carte, ils bénéficient d’une remise pouvant aller de 15 à 45% selon les produits. C’est un des petits plus de notre enseigne.

Vous développez en parallèle La Maison Des Architectes. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

En effet, nous avons créé il y a six mois ce réseau d’architectes indépendants qui sont fédérés notamment au travers de nos deux sites internet La Maison des Architectes et Extension de Maison. Ces sites leur donnent une nouvelle visibilité et une dynamique commerciale. En effet, les architectes apportent au réseau de courtiers de nouvelles compétences pour les projets de construction et d’extension.

Vous avez lancé un nouveau partenariat avec Sénova le mois dernier (juin 2013), pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Sénova représente un acteur référent du marché qui propose des prestations de qualité.  J’ai eu un très bon contact avec, Dimitri Molle, le directeur commercial. Il est dans une démarche dynamique, à échelle nationale. Il a fait de très intéressantes propositions qui vont nous permettre d’agrandir notre réseau d’entreprises car nous avons besoin de travailler avec des bureaux d’étude thermique suite à l’entrée en vigueur de la RT2012.

Quels sont les facteurs clés d’une bonne collaboration entre courtiers en travaux et bureaux d’étude thermique ?

Il faut non seulement une confiance mutuelle entre les deux partenaires, mais aussi une bonne réactivité. De plus, il faut que le courtier puisse offrir une prestation au « juste prix ». Sénova est innovante dans sa démarche commerciale et partage les mêmes valeurs de qualité et de service de notre enseigne.

Comment la RT2012 a-t-elle déjà impacté votre activité jusqu’ici ?

La RT2012 est arrivée pendant la crise économique qui touche le secteur du bâtiment. Elle n’a pas aidé à la reprise des activités en renchérissant le coût de mise en chantier mais globalement elle est constructive par son apport qualitatif, durable et écologique dans la construction. Elle a été mal anticipée par les acteurs avant que le couperet tombe au 1er janvier 2013. Il faut rôder le fonctionnement entre les acteurs, notamment avec les architectes, ce qui se fait progressivement…

Quelles perspectives d’avenir pour la suite ?

Notre réseau de courtiers comporte 60 agences aujourd’hui. Nous voulons doubler ce chiffre d’ici cinq ans et développer nos points de vente sur l’ensemble du territoire. Quant à La Maison Des Architectes, le réseau est encore tout jeune mais nous travaillons à élargir l’offre de prestations pour arriver à 150 architectes d’ici un an et demi.

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N’hésitez pas à vous faire conseiller par un bureau d’étude thermique réactif, simplifiant et reconnu par la professionnels du bâtiment qui saura vous conseiller tout au long de votre projet de rénovation !

Sénova entre dans le réseau francilien des eco-entreprises Durapole

Sénova fait désormais partie de Durapole, le réseau francilien des PME et TPE eco-innovantes depuis Mai 2013. Une reconnaissance méritée pour l’engagement de Sénova pour un habitat plus durable et écologique.
green_teamDurapole, espace d’échange et vitrine de l’eco-innovation

Créé en 2010, le réseau Durapole a pour ambition d’améliorer la compétitivité et la visibilité des eco-entreprises qui le composent et de développer une offre globale de services liés à la filière des technologies de l’environnement. Parce que la Silicon Valley n’a pas le monopole des « clean tech services», ce réseau de start-ups à la française compte bien démontrer que la France est aussi à la pointe.

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L’association ne lésine pas sur les moyens en encourageant l’émergence de projets collectifs innovants grâce à des rencontres inter-business, des partenariats de recherche avec des institutions publiques, la mutualisation des ressources et des idées neuves. Durapole espère grâce à son expertise faire entendre la voix des acteurs de l’eco-business auprès des pouvoirs publics. Et pour cause, cette mise en réseau semble porter ses fruits : en seulement 3 ans, Durapole devrait compter parmi ses membres entre 100 et 150 entreprises d’ici 2013 et a déjà représenté la filière de l’eco-construction à Bercy auprès des Ministres du redressement Productif et de l’Environnement durant la semaine du Développement Durable 2013.

Sénova, cabinet de conseil en efficacité énergétique dans l’habitat, au service de l’environnement

Logo senovaSénova, bureau d’étude thermique et acteur référent du secteur du conseil en efficacité énergétique dans l’habitat s’est donc lancé dans l’aventure. Car l’enjeu environnemental appelle des réponses globales, la transition écologique sera un projet collectif ou ne sera pas ! Sénova espère ainsi trouver les synergies et participer à cette mutation en partageant son savoir-faire des réglementations thermiques avec tous les segments de la filière verte. Conscient de l’émergence de l’eco-business, nous savons que la structuration de ce marché nécessite un effort d’apprentissage commun et de communication auprès des décideurs et du grand public.

Découvrez dès aujourd’hui l’actualité du réseau Durapole et les services du bureau d’études thermiques Sénova.

Tout comprendre sur le « Débat National sur la Transition Energétique » et son implication pour le bâtiment


Après des mois de réflexion et de discussion, les 7 groupes de travail du Débat National sur la Transition Energétique (DNTE) ont dévoilé leurs recommandations pour réussir la transition énergétique engagée par François Hollande. Sans surprise, l’importance du secteur du bâtiment n’a pas échappé aux acteurs du débat. Mais qu’en restera-t-il ?

débat transition énergétique 7 sages du comité national

Les engagements du Président de la République de la transition énergétique

Annoncé par le Président de la République lors de la Conférence environnementale le 14 septembre 2013 et lancé le 28 novembre par l’ancienne Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, le Débat National sur la Transition Energétique a pour objectif de préparer le grand projet de loi de programmation qui orientera la transition énergétique pour les 10, 20, 30 et 40 ans à venir. Cette loi devrait donner les moyens d’action des promesses de campagne de François Hollande qui s’est engagé à :

  • Ramener la part du nucléaire dans la production française d’électricité de 75 à 50%
  • Favoriser la montée en puissance des énergies renouvelables
  • Respecter les engagements internationaux pris par la France de réduire l’émission de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020
  • Lancer un plan de rénovation énergétique pour un million de logements

Un mille-feuille complexe d’acteurs

débat national transition énergétique logoCe grand débat ambitionne de réunir les différents acteurs de cette transition dans l’esprit de concertation du Grenelle de l’Environnement, marque de fabrique des politiques environnementales à la française comme s’amusent à le dire la presse étrangère.

Il en résulte une organisation complexe : un Conseil National de la Transition Energétique, qui réunit 112 ONG, experts, syndicats, parlementaires, élus locaux et hauts-fonctionnaires, présidé par un Comité National qui garantit le respect des règles du débat. C’est ce Conseil qui adoptera, après discussion, les recommandations finales pour orienter le débat parlementaire sur la grande loi de programmation.

Le comité national se divise en sept Groupes de travail qui ont dû réfléchir sur des questions spécifiques posées par le Comité. Vous trouverez les sept rapports finaux sur le lien suivant :

Le débat s’est aussi délocalisé dans nos régions avec la création de Conférences régionales ayant pour but d’identifier les besoins locaux et initiatives pionnières des régions volontaristes. Enfin, le Conseil national s’appuie sur un Comité de contact des entreprises, un Comité citoyen et un Groupe d’experts.

Vous trouverez le calendrier du débat ci-dessous : 

Calendrier débat transition

Pourquoi un débat national sur la transition énergétique ?

Plusieurs enjeux géoéconomiques, sociaux et environnementaux semblent imposer cette mutation :

  • Près de 78% de la production d’électricité est issue de l’énergie nucléaire
  • La consommation d’énergies fossiles constitue environ 70% de nos besoins énergétiques, or le prix de gaz et du pétrole risque d’augmenter, ce qui accroîtrait encore plus notre dépendance à l’étranger.
  • La transition énergétique créerait 825000 emplois d’ici 2050 selon l’ADEME et l’OFCE et 625 000 selon l’association NégaWatt.
  • La précarité énergétique touche plus de 5 millions de Français
  • La directive Efficacité Energétique européenne issu du Paquet Climat 2020 et du Protocole de Kyoto (1995) impose la réduction de 20% d’émission de gaz à effet de serre d’ici 2020

C’est pourquoi le gouvernement veut faire de la France selon la formulation du programme du Président de la République « la nation de l’excellence environnementale » en proposant un nouveau modèle basé sur la sobriété et l’efficacité énergétique. C’est-à-dire produire et consommer MOINS et MIEUX.

Inutile de dire que les désaccords se sont déjà fait sentir entre les intérêts divergents des syndicats patronaux et des ONG environnementalistes. Greenpeace avait déjà annulé sa participation au débat jugeant les membres du comité national trop partiaux. La place du nucléaire et le recours au gaz de schiste sont des sujets encore très clivés malgré les prises de positions du gouvernement (50% de nucléaire et interdiction du gaz de schiste encore confirmé récemment par le Ministre du Développement Durable).

Néanmoins, le débat national devrait aboutir très prochainement à des recommandations concrètes. Nous connaissons d’ores et déjà les priorités du Conseil National, suite à la demande du Secrétariat Général d’en informer tout le monde pour la huitième assemblée plénière qui a eu lieu le 14 juin 2013.

Le bâtiment vert, secteur clé de la transition énergétique

Jean-Marc AyraultOn ne le répètera jamais assez, l’habitat est responsable de plus de 43% de la dépense énergétique et de 20% des émissions de gaz à effet de serre en France selon les chiffres de l’ADEME. Cela ne semble par avoir échappé au Conseil National de la Transition Energétique pour qui « la rénovation énergétique du parc du bâtiment existant » est la priorité numéro 1. Plusieurs mesures concrètes pour le secteur du bâtiment se sont dégagées de ces quelques mois de concertation :

  • Le lancement d’un plan de rénovation du parc bâti existant avec une feuille de route nationale précisant les performances à atteindre et les moyens pour y parvenir
  • Etendre l’obligation de la rénovation des logements existants
  • Accélérer le rythme des travaux contre la précarité énergétique
  • La modulation du Prêt à Taux Zéro selon des critères de desserte des transports, de proximité des services et de mixité sociale
  • L’abaissement de la TVA à 5% sur les travaux de rénovation

Rappelons que le Plan d’Investissement pour le logement présenté par les ministres Cécile Duflot et Delphine Batho en avril dernier comporte déjà quelques avancées consensuelles qui seront produites par ordonnance :

  • La création de guichets uniques de la rénovation énergétique et de 1000 « ambassadeurs énergétiques » employés dans le cadre des Contrats d’Avenir
  • L’attribution d’une prime exceptionnelle de 1350 euros pendant deux ans pour tous les projets de rénovation des classes moyennes et modestes
  • Le développement du tiers-financement d’ici 2015
  • Le développement de la formation via le programme FeeBat et Règles de l’Art Grenelle Environnement et l’éco-conditionnalité des aides à partir de janvier 2014
  • La généralisation du compteur communiquant EDF Linky dans tous les foyers de France d’ici 2022

Incertitudes sur l’issue du débat et du projet de loi de programmation prévu pour l’automne 2013

Ces avancées ne doivent cependant pas cacher les divisions persistantes entre les différentes organisations membres du Conseil National sur quelques propositions encore sur la table. La fiscalité environnementale et l’obligation de rénovation dans le résidentiel sont discréditées par la potentielle ponction qu’elles entraîneraient sur le porte-monnaie des ménages les plus modestes. La tarification progressive de l’énergie qui encouragerait le consommateur vers la sobriété est également mal reçue par les industriels craignant une baisse d’activité. Enfin, les syndicats vont-ils réussir à faire passer la TVA à 5% sur les travaux de rénovation malgré la baisse de recettes fiscales potentielles qui en résulterait ?

Philippe Martin

Les prochaines étapes en diront sûrement plus avec le rendu des recommandations finales du Conseil prévu le 18 juillet 2013 et la loi de programmation à l’automne 2013. Mais le doute plane encore sur les arbitrages du gouvernement qui ne veut pas réitérer le fiasco de la première taxe carbone et qui poursuit sa politique de rigueur budgétaire. La cure d’austérité annoncée par Bercy ayant poussé Delphine Batho à la démission a fait quelques émules. La ministre écartée reproche au Premier Ministre de faire le lit des lobbies de l’énergie et les ONG doutent déjà des ambitions réelles du gouvernement. Nous saurons vite comment le nouveau Ministre Philippe Martin, militant anti-OGM et proche des milieux agricoles va concilier la solidarité gouvernementale et la défense de la transition énergétique.

En attendant, optez pour le choix du bon sens

N’attendez pas que la législation décide à votre place ! Optez pour le bons sens du long-terme et la réduction de votre facture énergétique en rénovant votre habitation dès aujourd’hui. N’hésitez pas à vous faire conseiller pour cela par des experts en économie d’énergie car il serait dommage de surinvestir inutilement pour autant…

« La RT 2012 pousse tous les acteurs du bâtiment à innover et adapter leurs techniques »

Alain Abardia est architecte et artiste-peintre dans le 20ème arrondissement de Paris. Il nous fait part de sa vision d’une architecture durable et esthétique et de sa collaboration avec Sénova.

Au port du Diben Alain Abardia

Le port du Diben (Finistère) ensolleillé d’Alain Abardia

Pouvez-vous nous décrire votre engagement en tant qu’architecte et comment vous liez cette profession à la peinture, votre seconde activité ?

J’ai débuté en 1968 dès l’âge de 17 ans après des études formatrices au lycée de génie civil Saint Lambert mais j’ai réellement commencé à exercer dans le cadre d’un stage en cabinet d’architecte des monuments historiques. Je vous remercie de poser la question de mon activité artistique en parallèle car effectivement il y a un lien avec elle notamment dans mon attention à l’esthétique et qualité de mes projets.

En effet, avec l’avènement de la « société du discount » qui montre ses dérives comme l’obsolescence programmée, la rénovation thermique n’est-elle pas un bon antidote ?

Complètement, d’ailleurs je n’ai pas attendu la RT2012 pour chercher à optimiser la performance énergétique sur chacun de mes projets, et ce, par soucis de qualité et d’anticipation. Malheureusement, il est encore difficile d’expliquer à certains clients les avantages d’une bonne performance énergétique pour leur habitat. Certains voient la nouvelle réglementation comme un coût et non comme un investissement sur le long-terme. Des blocages psychologiques persistent et perpétuent cette préférence du « moins disant » au « mieux disant ». Les maîtres d’ouvrages privés, notamment les particuliers, ont encore du mal à faire évoluer leurs pratiques par manque de moyens et d’obligations qui s’appliquent plus durement dans la maîtrise d’ouvrage publique (MOP).

Il y a ainsi encore quelques réticences. Les changements induits par la RT2012 ont-ils été trop brutaux ?

Il est vrai que nous avons passé un nouveau palier. La RT2012 pousse tous les acteurs du bâtiment à innover et adapter leurs techniques. En termes d’isolation par exemple, on doit aujourd’hui être beaucoup plus attentif aux matériaux utilisés, à l’épaisseur des façades, à la ventilation… Les dérives étant que ce changement très soudain fait émerger en parallèle des pratiques fallacieuses pour ne pas respecter les règles. Je m’efforce cependant à faire comprendre à mes clients l’intérêt à long-terme de la qualité et de la performance énergétique dans leur logement.

Vous avez participé à l’extension d’une maison d’un particulier avec Sénova. Pourquoi Sénova ?

J’ai en effet travaillé sur un projet de rénovation d’une maison individuelle acquise par un nouveau client à Romainville (94). J’ai commencé à travailler avec l’entreprise du frère de mon client. C’est lui qui m’a conseillé Sénova. Le projet relevait de la RT Existant élément par élément car la surface de l’extension représentait moins de 30% de la surface existante.

Comment qualifieriez-vous l’accompagnement Sénova ?

Sénova s’est démarqué par sa réactivité, sa ponctualité et son accompagnement complet. Le projet s’est très vite mis en place avec une évaluation précise de la prestation (Nova Conseil en RT élément par élément sur bâtiment existent), un envoi rapide du devis et l’étude a été remise en date et en heure. L’accompagnement en lui-même a été très complet avec un suivi régulier en amont et en aval. Mon client a fait le choix d’une étude personnalisée et non pas un simple test de conformité.

Quels sont vos futurs projets ?

Alain Abardia

Comme disait Picasso « La plupart des peintres se fabriquent un petit moule à gâteaux, et après, ils font des gâteaux. Toujours les mêmes gâteaux. […] Le pire ennemi d’un peintre, c’est le style. » C’est pareil pour l’architecture ! Fidèle à mon goût de la découverte, je continuerai à travailler sur des projets aussi divers les uns que les autres et éviter la production en série. C’est tout un état d’esprit. J’ai par exemple un projet de logement collectif avec Sénova à Corbeilles Essonnes qui prendra pied en 2014. La mairie a réduit le coefficient d’occupation des sols (COS) mais on va y arriver !

Quelle collaboration entre l’architecte et les autres acteurs du bâtiment augure cette révolution thermique ?

Je pense que notre société a évolué dans un contexte irréversible. La noblesse de l’Acte de Bâtir se délite au profit d’un contexte juridique et technique. Il faut absolument redéfinir la position de tous les intervenants mais aussi tous les responsabiliser. Il s’agit là d’un travail de communication, afin d’expliquer que ce qui est maintenant mis en œuvre, telle, par exemple, la réglementation thermique, n’est pas le fruit des « caprices » du monde technologique, mais d’une résolution fondée et intelligente.

Tout comprendre sur les compteurs intelligents et leur future généralisation dans vos maisons

Le développement des réseaux intelligents français, dit « smart grids » chez nos voisins anglo-saxons, n’est plus qu’une question de temps. Gazpar et Linky, les deux compteurs intelligents conçus par les gestionnaires du réseau d’énergie GrDF et ErDF devraient arriver chez vous entre 2014 et 2022. Retour sur une révolution silencieuse qui va changer votre manière de consommer l’énergie.

production d'énergie

Le « smart metering », produire et consommer intelligemment

Qu’est-ce que le « smart grid » ou « smart metering » ? Derrière ces termes anglo-saxons un peu barbares se cache en fait une nouvelle façon de produire et consommer l’énergie, plus intelligente et plus fluide.

Plus intelligente car le gestionnaire du réseau de gaz ou d’électricité (GrDF et ErDF en France) et le consommateur connaîtront leur consommation en temps réel grâce à des compteurs intelligents dont chaque foyer sera bientôt doté. Plus fluide car ces informations permettront d’éviter les surcoûts liés aux pics de consommation grâce à une optimisation de la fourniture d’électricité via des tarifs modulables selon l’heure et l’amélioration des transferts sur le réseau.

L’un des avantages est qu’elle facilite par ailleurs l’intégration des énergies propres dans le réseau, argument politique de poids à l’heure de la transition énergétique.

La gouvernement ne s’y est pas trompé en annonçant le 9 juillet 2013 le déploiement des compteurs communicants dans le cadre du Plan d’Investissements d’Avenir pour les 10 années à venir. 3 millions de compteurs devraient être installés d’ici 2016, début d’une généralisation imposée par le Paquet Climat 2020 votée en 2007 par le Conseil de l’Union Européenne qui impose au pays membres de remplacer 80% des compteurs actuels par des compteurs communicants.

Qui va payer la généralisation de Linky ?

Cela fait déjà 4 ans que ErDF, filiale du groupe EDF, s’est penché sur la question en créant le compteur Linky. Le nouveau-né a ensuite fait l’objet d’expérimentation à Lyon et en Indre-et-Loire entre 2009 et 2011. Selon les estimations de l’ADEME et de différentes études américaines, les réseaux intelligents permettraient à terme d’économiser 5 à 15% de la consommation d’énergie à la condition qu’il existe :

  • Un outil de comptage en temps réel à destination du gestionnaire de réseau
  • Un outil de pilotage qui rend le ménage autonome et acteur de sa consommation grâce à des conseils pédagogiques, le reçu de sa facture par SMS ou l’installation d’un écran communiquant les informations sur ses usages énergétiques.

système Linky Erdf compteur intelligent

C’est sans surprise que l’ADEME et les associations de consommateurs déplorent un résultat mitigé pour le boîtier vert français. Elles admettent un bénéfice en terme de comptage intelligent et de production électrique décarbonée mais les économies sur la facture énergétique des ménages sont faibles voire inexistantes :

  • Le ménage n’est pas assez accompagné dans la démarche et le seul affichage de la consommation en temps réel sur le compteur n’a pas d’effet incitatif probant, d’autant plus que la moitié des compteurs sont situés à l’extérieur du bâtiment, n’encourageant pas un suivi régulier.
  • L’accompagnement d’ErDF et le suivi de la consommation sur Internet est payant, à la hauteur de 4.50 € par mois environ. Selon les estimations du quotidien Le Parisien, le coût pour le consommateur pourraient s’élever à plus de 16 € par an.
  • Le coût de l’installation, soi-disant nul pour l’usager, se répercutera sur le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE) payé par … ce même usager !

Cela n’a pas empêché l’ancien gouvernement d’annoncer dès 2011 la future généralisation de Linky pour 35 millions de foyers d’ici 2022, engagement confirmé par Delphine Batho le 15 novembre 2012 lors d’une visite ministérielle. Le nouveau ministre de l’Ecologie et du Développement Durable Philippe Martin est actuellement en négociation avec EDF pour savoir qui va supporter le coût de Linky, réévalué dernièrement à 7 milliards d’euros. Le déploiement devrait démarrer début 2014 si le gouvernement et EDF trouvent un accord.

Le compteur de GrDF, Gazpar, fait son chemin

comtpeur gazpar de GrDFLe gestionnaire du réseau du gaz français GrDF s’est aussi mis à la page et a déjà lancé un appel d’offre pour la fabrication de son propre compteur intelligent Gazpar. Cet appel fait suite aux délibérations de la Commission de la Régulation de l’Energie du 5 juillet 2013 qui encouragent le gouvernement à approuver la généralisation du boîtier de couleur orange soleil.

Selon Isabelle Dronchon, pilote opérationnelle du projet à GrDF, si les ministres de l’Energie et de la Consommation donnent leur feu vert avant l’été 2014, la généralisation devrait avoir lieu d’ici début 2015.

La CRE estime que la mise en route de ces compteurs engendrera deux types d’économies : une baisse de la dépense énergétique en gaz de 1,5% et la réduction des relèves de compteurs par les agents de GrDF. Cependant, le gendarme de l’énergie note aussi que ces gains potentiels ne compenseront pas le coût du renouvellement des compteurs. Le tarif du gaz devrait ainsi augmenter de deux euros en moyenne par an et par ménage d’ici la fin du projet en 2022. Le suivi des consommations se fera sur Internet, ce qui limite comme pour Linky, l’implication encore une fois du consommateur.

La troisième révolution industrielle en marche saccadée

la troisième révolution industrielleLe « smart metering » semble bel et bien en train d’arriver dans nos foyers et augure une nouvelle ère de la consommation énergétique. Comme le prédit Jeremy Rifkin qui a fondé le concept de « troisième révolution industrielle », « le bâtiment connaîtra la même révolution qu’a connu Internet ». Les usagers vont devenir de vrais coproducteurs de l’énergie qui circulera de maisons en maisons, de quartiers en quartiers.

Les innovations n’ont pas tardé à émerger sur le marché, dont certaines sont emblématiques :

  • Les bâtiments à énergie positive dit « BEPOS » : ces logements produisent de l’énergie renouvelable grâce à l’installation de panneaux solaires photovoltaïques ou d’une éolienne qui est rachetée par EDF pour alimenter le réseau. La RT2020 devrait généraliser ce type de bâtiment pour la construction neuve.
  • Les capteurs solaires : disposés discrètement sur votre baie vitrée, ils déclencheront automatiquement la fermeture des volets extérieurs si l’ensoleillement atteint un certain seuil
  • Les compteurs communicants d’eau : Véolia et Orange ont lancé leur propre gamme pour l’instant à destination des collectivités locales

Bref, la révolution silencieuse est en marche.

Reste à savoir désormais à quelle vitesse ce changement va s’opérer dans les mentalités et pratiques quotidiennes des usagers. L’expérimentation de Linky a montré que seulement 5 à 10% des usagers ont régulièrement suivi leur consommation sur Internet et EDF vient d’annoncer une augmentation de 35 euros par an de la facture d’électricité pour 2014. Les ménages modestes auront sûrement du mal à avaler la pilule si Linky vient peser sur leur portefeuille en cette période de disette économique.

Les voix s’élèvent également sur l’utilisation des données récoltées par les fournisseurs d’énergie qui connaîtront un panel important de la vie privée des usagers.

Enfin, réformer radicalement le modèle français du nucléaire très centralisé n’est pas une tâche aisée ! La décentralisation du réseau énergétique et la montée en force des énergies renouvelables devront se confronter au poids d’une histoire industrielle française bien singulière.

smart metering troisième révolution industrielle

Si vous souhaitez en savoir plus sur les solutions disponibles pour suivre vos consommations d’énergie en temps réel chez vous, n’hésitez pas à prendre contact avec nous !